Sortie le 17 juin
Cinéma
Condé-sur-Ginette, en périphérie d'une grande ville, à mille lieux du sable chaud, des cocotiers et du bleu océan des Caraïbes. C'est l'été. Ici, tout le monde rêve des plages de Santo Rico. Certains plus que d'autres. Pour Tony Merguez et José Frelate, les deux MC's du quartier, le départ est imminent. Mais l'agence de voyage responsable de leur billet a zappé le nom de la destination. Retour à la case Ginette ! Pour refaire surface, Tony se mue en Montana façon Scarface et tente de refourguer un peu d'herbe fraîche " gentiment " prêtée par Zoran, brute épaisse aux pieds pas vraiment d'argile. José de son côté joue les Don Juan dans une grosse villa, occupée par Momo l'incruste et la belle... Clémence. Tout aurait pu rouler, si une maîtresse en furie, des réalisateurs plutôt amateurs, un sauna norvégien, des policiers énervés ou encore un juge coriace, n'en avaient décidé autrement...
« Pas de vacances pour les vrais gars », mais du bon temps pour le spectateur, telle est, en une phrase, la conclusion à tirer des Lascars, le film inspiré de la bande dessinée du même nom. Le film animé ne prétend délivrer aucun message politique ou social. Il montre tout simplement la vie de deux garçons de la banlieue parisienne, pas méchants, qui jouent les durs, mais uniquement pour le style. C’est assez drôle, mais l’humour tient principalement aux expressions de la banlieue et à la volonté exacerbée des protagonistes de « gérer la situation », alors qu’ils ne gèrent rien du tout, et peut-être en a-t-on vite fait le tour. Mais l’histoire s’enchaîne bien, et pour ceux qui ne connaissent pas la BD, le film, parsemé de scènes épicées, se laisse suivre agréablement du début à la fin.
Mais ce qui fait bien le plus grand intérêt des Lascars, ce sont probablement les graphismes. Les lignes sont tranchées, les traits caricaturés. Les personnages déambulent avec rapidité et fluidité et ne cessent jamais d’avoir l’air cool, sauf peut-être lorsque Tony, pris de panique, dégouline de sueur et à le nez qui coule…. La couleur, légèrement pastel lorsqu’on nous montre la banlieue, accentue le caractère urbain du décor, en donnant l’impression d’une ambiance sèche et poussiéreuse, celle des ensembles de tours dépourvus de verdure. Par contre, dès que la tension monte, l’écran se couvre de grandes barres de couleurs vives qui viennent redynamiser visuellement toute la séquence.
La direction musicale de Lucien Papalu rythme à merveille tout le film, même pour ceux qui n’apprécient pas le rap plus que cela et souligne avec enthousiasme les scènes les plus cocasses, telles que la soirée chez les policiers ou bien la grande fête qu’organise, par dépit amoureux, José Frelate, chez le père de sa copine, Clémence.
Au final, tout est bien qui finit bien pour les Lascars comme pour le spectateur. C’est comme si, pendant une heure et demi, on avait regardé une bande dessinée sur écran et en musique.
On ressort content, en fredonnant l’air final que Tony et José se retrouvent à chanter à cause des dégâts causés chez le père de Clémence : « J'crache plus par terre ! J'traite plus les mères ! j’traverse que quand le petit bonhomme est vert »…
Chloé Goudnehooft
Date de sortie : 17 Juin 2009
Réalisé par Albert Pereira Lazaro, Emmanuel Klotz
Avec
Tony Merguez (voix) Vincent Cassel
Narbé (voix) Omar Sy
Sammy (voix) Fred Testot
Clémence (voix) Diane Kruger
Zoran (voix) Gilles Lellouche
Manuella (voix) Frédérique Bel Film français.
Genre : Animation
Durée : 1h 36min.
Année de production : 2007
Film inspiré de la série Les Lascars
Distribué par Bac Films
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