0 Shares 2323 Views

    La Récompense, une comédie caustique et réjouissante

    28 mars 2017
    2323 Vues
    Photo2BD Emmanuel Murat

    La récompense

    De Gérald Sibleyras

    Mise en scène de Bernard Murat

    Avec Daniel Russo, Lionel Abelanski, Anne Jacquemin, Alysson Paradis et Alice Dessuant

    Du mardi au samedi à 21h, matinées samedi à 18h, dimanche à 15h30

    Tarifs : de 15 à 66 euros, tarif étudiant 28 euros, moins de 26 ans 10 euros

    Réservation en ligne ou par tél. au 01 47 42 59 92

    Durée : 1h30

    Théâtre Edouard VII 
    10 place Edouard VII
    75009 Paris
    M° Opéra ou Madeleine

    www.theatreedouard7.com


    Photo2BD Emmanuel Murat copieDes hommes-enfants, des femmes belles et audacieuses, des couples qui battent de l’aile, les personnages de cette comédie de Gérald Sibleyras sont les prototypes bien vivants d’un certain milieu où la plus prestigieuse récompense, celle qui couronne une carrière d’historien, est vécue comme une malédiction. Enfants trop gâtés ? L’auteur dépeint ses compatriotes avec un humour caustique dans cette épatante comédie que met en scène Bernard Murat.

    Photo1BD Emmanuel MuratLe prochain sur la liste

    Les historiens ont sans doute peur de l’avenir. Prenez Martin (Daniel Russo), historien consacré, spécialiste du Moyen-Age, qui vient de recevoir le plus prestigieux des prix couronnant son domaine. Il est terrifié à l’idée que tous ceux qui l’ont reçu avant lui sont morts. C’est donc une malédiction que de recevoir ce Prix et Martin ne semble pas s’en remettre, au grand étonnement de son petit frère Lucas (Lionel Abelanski), pédiatre installé dans une commune verdoyante et dont l’originalité consiste chaque année, à la même date, à organiser un anniversaire surprise à son épouse Véronique (Anne Jacquemin), qui feint chaque année de s’en étonner.

    Photo6BD Emmanuel Murat copieDes chaussettes en bambou

    C’est à cette occasion que Martin, l’historien, qui se sait condamné à mort, présente à son frère Lucas sa nouvelle compagne Fabienne (Alysson Paradis), une ravissante brunette de vingt ans de moins que lui qui penche délibérément vers le 100% Bio. Chaussettes en bambou, bouchons d’amour et ampoules low energy, l’alliance surprenante entre un historien casanier et mur, et une jeune écolo, pimpante et fraîche,  prête à convertir toute une ville, en surprend plus d’un. C’est Véronique, d’ailleurs, qui va faire exploser la première grenade en confiant à Martin qu’elle veut quitter Lucas. L’audace lui donne des ailes et un vent de désir, de renouveau envahit cette épouse au corps de sirène qui se met à fantasmer pendant que son mari compte fleurette à … Véronique !

    Photo7BD Emmanuel MuratLa métaphysique de Ravaillac

    Cette fresque bourgeoise, qui se moque effrontément de nos lubies sociétales, comme le bonheur du couple, l’accomplissement sexuel des femmes, la reconversion au tout biologique, la folie des pendules pour répondre aux questions que l’on se pose ou la hantise de la maladie et de la mort, permet à l’auteur de faire exploser nos clichés. Les comédiens, tous très bons, jouent à fond mais avec beaucoup de sincérité, ce deuxième degré de la comédie avec un comique de situation réglé par le metteur en scène Bernard Murat. Dans son cabinet tout rouge (décor Nicolas Sire) déplié en forme de livre de contes, Lionel Abelanski minaude comme un chat en blouse blanche piqué de pins enfantins, face à Alysson Paradis roucoulante comme une adolescente en fleur. Daniel Russo garde son amertume chevillée au coeur et son amour dissimulé pour Anne Jacquemin, rêveuse en Emma Bovary. Dans un ultime discours destiné aux historiens, Martin se figurera en Ravaillac l’assassin de Henri IV, écartelé par 4 chevaux en furie après avoir échappé au plomb bouillant sur tout le corps. Pour nous, pauvres humains du 21° siècle, une vie ne suffirait pas, il nous faut l’éternité du désir et de l’Histoire !

    Hélène Kuttner

    [Crédits Photos : © Emmanuel Murat ]

    En ce moment

    Articles liés

    Le Grand Palais présente “Hilma af Klint : Les peintures du Temple” jusqu’au 30 août
    Agenda
    92 vues

    Le Grand Palais présente “Hilma af Klint : Les peintures du Temple” jusqu’au 30 août

    Son œuvre a bouleversé la chronologie de l’art moderne. Pour la première fois en France, découvrez l’univers visionnaire de Hilma af Klint (1862-1944), pionnière de l’abstraction longtemps restée dans l’ombre. De ses grandes compositions à ses œuvres secrètes, son...

    « Séisme » où le bouleversement d’une naissance
    Spectacle
    144 vues

    « Séisme » où le bouleversement d’une naissance

    Au Théâtre du Petit Saint-Martin, Claire de la Rüe du Can et Jean Chevalier, acteurs de la Comédie Française, nous offrent un bouleversant moment de vie et de théâtre mis en scène par Robin Ormond. Le texte de l’anglais...

    “Focu Meu” une création de Benjamin Kahn au Carreau du Temple
    Agenda
    237 vues

    “Focu Meu” une création de Benjamin Kahn au Carreau du Temple

    Après une trilogie de solos très remarqués (dont Bless the Sound that Saved a Witch like me présenté dans le cadre du Festival Everybody 2024), Benjamin Kahn convoque ici l’énergie d’un groupe pour traduire les forces du jaillissement émotionnel. Fil conducteur de la...