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Mârouf, du Caire à l’Opéra Comique

©Vincent Bengold

Reprise de la cocasse production signée Jérôme Deschamps avec l’excellent Jean-Sébastien Bou dans le rôle du savetier oriental et Marc Minkowski à la tête de l’Orchestre National de Bordeaux. Un conte loufoque et coloré à savourer à tous âges.

©Vincent Bengold

Comme le titre l’indique, Mârouf est un modeste cordonnier égyptien qui vit terrorisé par un monstre de femme égocentrique et colérique. Un matin, elle exige de lui un gâteau au miel d’abeilles. Quand Mârouf lui rapporte un gâteau au miel de canne à sucre, la mégère le maudit et il doit fuir. L’histoire se déroule dans un temps indéterminé, dans un Orient imagé et coloré par les « Mille et une nuits » alors que l’Europe, au début du XX° siècle, célèbre ses empires coloniaux à travers des expositions universelles. Le nègre est chocolat et le musulman enturbanné. Henri Rabaud, compositeur qu’on redécouvre aujourd’hui, va donc saisir cette opportunité pour composer cet opéra comique en cinq actes, alors que Lucien Népoty signe le livret.

©Vincent Bengold

Entre « Ali Baba et les quarante voleurs » et « Aladin et la lampe merveilleuse », Mârouf est une synthèse qui voit un pauvre héros désargenté, fuyant sur une galère qui fait naufrage, ce qui lui permet, en retrouvant son meilleur ami Ali, de monter un stratagème, de se faire passer pour un richissime marchand et d’épouser la fille du Sultan. Le « bluff » réussit grâce à l’intervention d’un bon génie et de son anneau magique, déguisé sous l’habit d’un fellah. L’argent ne fait pas le bonheur, mais y contribue grandement…sans quoi notre pauvre héros et sa jolie princesse auraient fini empalés ! L’ex- patron de l’Opéra Comique, Jérôme Deschamps, a monté la fable avec un savoir faire accompli dans un décor de boites légères et mobiles (Olivia Fercioni) et des costumes stylisés, géométriques et colorés à la manière d’une bande dessinée (Vanessa Sannino).

©Vincent Bengold

La Princesse Saamcheddine, formidablement chantée et jouée par Vannina Santoni , porte une robe ahurissante en forme de pétales de rose, le Sultan, incarné par Jean Teitgen et sa belle voix de basse, se déplace comme un éléphant surmonté d’une coupole. Tous les personnages sont vivants et drôles, ce qui participe de la réussite du spectacle. Il faut dire que la chorégraphie, signée Peeling Tom (Franck Chartier) une compagnie bruxelloise créative et audacieuse, fait danser les ânes ! Lionel Peintre, qui a aussi rejoint la troupe de l’Opéra Comique, est un vibrant Ali et Franck Leguérinel campe un vizir parfaitement félon avec sa tête de chien.

©Vincent Bengold

Mais il faut saluer la performance scénique et vocale de Jean-Sébastien Bou, qui se révèle vibrant dans le rôle de Mârouf. Toute l’équipe est dirigée brillamment dans la fosse par Marc Minkowski à la tête de l’Orchestre National de Bordeaux et bien que le projet n’ait rien de révolutionnaire, il saura séduire tous les publics.

Hélène Kuttner

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