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    Bancs Publics (Versailles rive droite), de Bruno Podalydès

    13 juillet 2009
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    Au départ, nous sommes presque effrayés par les noms qui défilent sur nos écrans. 86 pour être exacts et pas des moindres. Comment une histoire va t-elle trouver sa place au milieu de tous ces artistes ? Pourtant, très vite, nous voilà rassurés. Nous sommes confrontés à une œuvre d’artiste, un travail minutieux où chaque dialogue a été pensé, chaque scène a été construite et travaillée.  Bien sûr tout n’est pas toujours réussi et parfois quelques longueurs se font sentir mais, dans l’ensemble, nous sortons ravis d’avoir assisté à un spectacle tantôt hilarant,  tantôt acide et d’une ingéniosité rare. En effet, Bruno Podalydès surprend par sa capacité à susciter le rire, l’émotion ou encore la réflexion dans des détails, en peu de temps, à travers seulement un plan ou 2 minutes de dialogues. Et il est vrai que tant de bons acteurs, cela aide. Il se dégage grâce à eux une justesse incroyable qui permet au spectateur de s’attacher même à un personnage qui ne fait que passer par là.

     

    Construit à la manière d’un vaudeville en 3 actes, le film garde, malgré sa multitude d’histoires, une cohérence et une habileté remarquables. La première partie nous met dès le départ dans l’ambiance et dépeint avec saveur la vie d’un bureau qui découvre sous la fenêtre d’en face une bannière « Homme Seul ». Toujours drôle mais surtout plus poétique, la deuxième partie nous présente la vie d’un parc avec ses enfants, ses vieux et ses clochards. Enfin, l’histoire se conclut sur les péripéties fantaisistes et drôlement jouissives d’un magasin de bricolage, qu’un néon en panne a condamné à s’appeler « Brico Dram ». Tout s’entrecroise, se complète pour finalement parler presque tout le temps de la solitude. C’est d’ailleurs un tour de force que de filmer si bien la solitude alors que l’on s’entoure de 86 acteurs et d’une bonne vingtaine de micro-histoires…

     

    Souvent absurde et irréel, Bancs Publics fait penser à Tati et à Beckett. On rit de (très) bon cœur, on se laisse prendre avec plaisir par cette histoire de vies quotidiennes, on savoure les dialogues et les nombreuses idées de mise en scène. Plus qu’un film choral, il s’agit d’un patchwork où chacun trouvera forcément une référence, une ambiance ou encore une histoire à son goût. On peut dire sans réserve que ce dernier volet de la trilogie de Bruno Podalydès est une belle réussite…

     

    Charlotte Vaccaro

     

    Un film de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Catherine Deveneuve, Chantal Lauby etc…

    Durée : 1h50

    Sortie le 08 Juillet 2009

    Pays : France

     

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