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    Les Grands Ducs de Bourgogne

    3 août 2009
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    Si comme moi vous cherchez à susciter l’intérêt de vos enfants pour autre chose que les jeux vidéo, il est conseillé de fuir les chemins balisés des énormes machines muséales pour des visites plus intimes et surtout plus courtes ! Soyons réalistes quel intérêt pour nous et nos enfants d’arpenter un après-midi entier les salles du Louvre sans autre but précis que « d’en voir un maximum » ? A chacune de vos ambitions culturelles, fixez-vous plutôt une double exigence : un thème de visite dans un temps limité. Vous constaterez alors que nos magnifiques musées peuvent être vécus autrement par nos enfants que comme un pensum sacrificiel !

     

    Dans cette optique, la visite de la Tour Jean Sans Peur et de son exposition temporaire, Les Grands Ducs de Bourgogne, ne peuvent que vous enchanter. Située au 20 de la rue Etienne Marcel dans le 2ème arrondissement de Paris, cette Tour est l’unique témoignage sauvegardé d’une architecture civile et fortifiée du Moyen-Age à Paris. Vous connaissiez le Louvre médiéval, La Bastille ou encore le château de Vincennes (peut-être). Vous ignoriez ce trésor d’architecture, classé monument historique en 1884, entièrement restauré en 1991-1992 et ouvert au public depuis 1999.

     

    La Tour de Jean sans Peur

    Dans la tourmente de la guerre de Cent ans, le royaume de France accuse les prétentions dynastiques du royaume d’Angleterre. La folie du nouveau roi de France Charles VI ajoute aux affres du temps. C’est dans ce climat de lutte pour le pouvoir que se dessine la puissance des Ducs de Bourgogne et de Berry, oncles du roi fou. En 1407, Jean sans Peur, Duc de Bourgogne, fait assassiner son cousin Louis d’Orléans, frère du roi. Désormais maître du royaume, il manifeste sa puissance par la construction à Paris entre 1409 et 1411 d’un grand corps d’hôtel desservi par une tour d’escalier d’une hauteur de 27 mètres, seul vestige aujourd’hui conservé.

    Nous voici donc partis, grâce à l’intelligent petit guide distribué aux enfants en début de visite, à la découverte de la tour. Du rez-de-chaussée en passant par la salle de la maquette, la salle haute, la chambre de l’écuyer, la chambre de Jean sans Peur et les combles, vos enfants et vous-même découvrirez une architecture et un art de vivre typique d’un palais du XVème siècle. Vous ne ferez pas l’impasse sur la magnifique voûte sculptée de motifs végétaux qui termine le grand escalier à vis, que vos enfants d’ailleurs auront tôt fait d’oublier au profit des latrines, ingénieusement chauffées par le dos de cheminée de la chambre de l’écuyer attenante ! Mais en redescendant les 137 marches de la tour, il ne faudrait surtout pas faire l’économie de la visite de l’exposition temporaire :

     

    Les grands Ducs de Bourgogne
    Si les affiches qui articulent la scénographie de cette exposition sont moins propices à séduire les enfants souvent réticents à lire plus de trois lignes à la suite, elle n’en est pas moins extrêmement riche de renseignements sur l’histoire des quatre Ducs de Bourgogne, quant à leur rôle politique face à la Couronne, leur stratégie d’expansion territoriale, leur mécénat et leurs fastes. Attendu que le lieu ne peut prétendre rivaliser avec des expositions telles que celles qui eurent lieu en 2004 au Louvre (Paris 1400, les arts sous Charles VI) et à Dijon (L’art à la cour de Bourgogne, le mécénat de Philippe le Hardi et Jean sans Peur (1364-1419) ), elle n’en a pas moins le mérite de remettre en perspective  in situ une époque décisive de notre histoire politique et artistique. C’est en 1363 que Philippe le Hardi reçoit du roi son père, Jean II le Bon, le duché de Bourgogne en apanage. A sa suite, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire n’auront de cesse d’instrumenter leur politique expansionniste en s’appuyant sur les fastes et l’apparat.

     

    L’extraordinaire floraison artistique qui en découle s’exprime alors dans la peinture, l’enluminure, l’orfèvrerie, la sculpture et l’architecture autant à Paris qu’en Bourgogne et dans leurs domaines septentrionaux. Les plus grands artistes du moment entrent à leur service tel les peintres Jean Van Eyck et Jean Malouel, le sculpteur Claus Sluter ou l’écrivaine Christine de Pisan. Mais en 1477 à la mort de Charles le Téméraire et au prétexte qu’un apanage royal ne pouvait passer en ligne féminine, le roi Louis XI rattachera les biens des ducs à la couronne, éliminant ainsi brutalement leur puissance hégémonique. Vous pourrez de nouveau attirer l’intérêt de vos enfants sur les costumes des Ducs de Bourgogne reconstitués pour l’occasion. La mode si prégnante dans notre vie de tous les jours, l’était sans nul doute à l’époque de ces hauts personnages dont chacune des actions et des attitudes étaient pensées au service de leur magnificence, de leur puissance et de leur influence.

     

    600 ans se sont écoulés depuis les débuts de la construction de la Tour Jean sans Peur. Et malgré les vicissitudes du temps, il nous est encore possible de la visiter, d’en faire profiter nos enfants, de leur raconter un peu de la grande Histoire de France, celle des Ducs de Bourgogne. Point de départ pour envisager Dijon, son musée et le chef d’œuvre de Claus Sluter, Le Puits de Moïse réalisé pour la Chartreuse de Champmol, abbaye fondée par Philippe le Hardi pour servir de nécropole aux Ducs de Bourgogne.

     

    Karine Marquet.


    Jusqu’au 11 novembre 2009

    d’avril à octobre: du mercredi au dimanche

    de novembre à mars: mercredi, sam. et dim.

    de 13h30 à 18h

    5 ou 3 euros et 8 euros pour une visite guidée

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    Tour Jean sans Peur, 20 rue Etienne Marcel, 75002 Paris

    Métro Etienne Marcel ou Les Halles

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