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    Giselle au Palais Garnier

    25 septembre 2009
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    469-142

     

    Si le livret de Giselle nous vient de Théophile Gauthier et Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges, la grâce mortifère de ce ballet lui vient d’une légende outre-Rhin joliment contée par Heinrich Heine. Au commencement et à l’apogée de Giselle n’est donc pas la douce et fraîche pastorale d’un premier tableau, mais le fantastique d’un tableau qui donne corps à l’immatérialité des wilis. Les wilis, ce sont ces jeunes amoureuses ou fiancées décédées avant l’hyménée, avant donc d’avoir pu goûter au fruit réel de leur amour. Parées des blancs atours attendus pour leur noce, la légende veut que les fantômes de ces jeunes vierges délaissent la cavité de leur tombeau pour paraître ensemble à minuit. Pleines d’une effroyable douceur, elles traquent sans relâche toute présence masculine et enlacent le premier homme rencontré de leur désir avorté de danser l’amour et la vie. Piégé et forcé à danser par ces ballerines glaciales qui ne connaissent plus la fatigue, l’homme finit par mourir d’avoir trop dansé.

    Avec Giselle, le mythe est sublimé à l’échelle individuelle. Giselle est tout d’abord cette adorable et fraîche paysanne, belle d’une simplicité qui séduit un prince Albrecht tout empli du désir d’échapper à son hautaine fiancée Bathilde comme aux conventions de son monde. Le prince de Silésie se travestit donc en Loys, simple villageois, et ce afin de gagner le cœur de Giselle tout en pénétrant son univers. Le garde-chasse Hilarion, lui aussi éperdu de Giselle, se venge de cet amour impossible mais réel en dénonçant Albrecht. Giselle souffre alors d’un accès de peine et de folie qui l’emporte dans la mort. Dans le deuxième tableau, on la retrouve en wili dans le cimetière d’une triste forêt. Accueillie et initiée au rituel de mort par la reine Myrtha appuyée de ses semblables, Giselle assiste et participe à la mort d’Hilarion avant d’être confrontée à la traque dansée d’Albrecht. Par la fulgurance de son amour, Giselle parvient finalement à sauver ce dernier en l’aidant et en convainquant sa toute nouvelle famille de wilis de l’épargner.

    471-084L’intrigue de ce ballet monté en 1841 en a fait l’apogée du ballet romantique parce qu’en plus de s’inscrire dans une poétique entre l’amour et la mort, elle donne les moyens d’un subtil mélange des genres. De la pastorale à la tragédie avant de sombrer dans un surnaturel hésitant entre les genres du fantastique et du merveilleux, ce ballet est tout à la fois et répond au plus haut degré au principe romantique de l’union des genres.

    Si le premier tableau de ce ballet apporte une candeur et une joie nécessaires à l’émotion du drame à venir, c’est le deuxième tableau de Giselle qui en fait la fulgurance. Vêtues de tulles blancs légers et de voiles à peine opaques, les danseuses sont les maîtresses inquiétantes d’un plateau irréel. La gestuelle lente et fine dans laquelle ces figures évanescentes se déploient, appuyée d’effets de lumière et de brume, parvient à donner l’illusion de l’existence immatérielle et douteuse des wilis. En fluidité, entre petites menées, pas de deux, arabesques et portés, les danseuses parviennent jusqu’à la légèreté surnaturelle du mythe.

    Maintes fois dansé, Giselle ne perd pas de son éclat parce qu’il est interprété à la perfection par l’incroyable réserve de danseurs de l’Opéra de Paris. Mais avec Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche en haut de l’affiche, le plus romantique des ballets blancs s’offre un retour sublime, et qui touche au firmament d’une grâce effroyablement mélancolique.

    Christine Sanchez

    Musique d’Adolph Adam
    Chorégraphie Jean Coralli et Jules Perrot (1841)
    Transmise par Marius Petipa (1887)
    Adaptée par Patrice Bart et Eugène Polyakov (1991)
    Direction musicale Koen Kessels

    Jusqu’au 12 octobre à 19 h 30
    Les 24, 25, 27, 28 et 29 septembre
    Les 1, 3, 4, 6, 8, 9, 10 et 12 octobre
    Location :
    -par téléphone au 08 92 89 90 90
    par internet
    -aux guichets : Palais Garnier ou Opéra Bastille, tous les jours entre 10h30 et 18h30 à l’exception des dimanches et jours fériés.
    Tarif : de 6 à 87 euros.

    Palais Garnier
    1, Place de l’Opéra
    Paris IX – Métro Opéra

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