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    L’Homme à tête de chou de Jean-Claude Gallota au Théâtre du Rond-Point

    14 octobre 2009
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    Homme_chou

     

    Entretien
    Comment avez-vous eu l’idée de créer une chorégraphie à partir de l’album L’Homme à tête de chou de Serge Gainsbourg ?

     

    Jean-Claude Gallotta : Chez Gainsbourg, j’aimais le chanteur bien sûr mais aussi le poète, le peintre maudit, le personnage. L’album L’Homme à tête de chou m’a intrigué dès sa sortie. Il est construit comme une histoire, comme un scénario de film, avec des fantasmes, de la poésie, du slam – ce côté chanté-parlé que Gainsbourg maîtrisait si bien. En le chorégraphiant, j’ai le sentiment de continuer un travail de transmission entre les arts : d’abord sculpture, croisée, dit-il, dans la vitrine d’une galerie, l’Homme à tête de chou est devenu chansons, puis, par la grâce de Bashung, s’est transformé en une sorte d’opéra-rock. Ma chorégraphie sera faite de toutes ces transmutations-là.

     

    Comment avez-vous fait appel à Alain Bashung, et pourquoi ?
    J-C G. : J’ai toujours eu envie de confronter la danse à d’autres disciplines artistiques. Et le rock est une musique qui a beaucoup compté pour moi. Pour donner une ampleur scénique à l’album, on a cherché un artiste qui soit capable de travailler à partir de cette base. Bashung, assez naturellement, s’imposait. Il a donné son accord et s’est mis au travail tout de suite. Le fait d’avoir bien connu Gainsbourg lui a permis de faire ce travail presque facilement, comme si ça coulait de source. Il a tout réorchestré à partir de la trame originale, et l’a merveilleusement interprété. On a là un véritable inédit de Bashung.

     

    Le projet
    « J’ai croisé l’Homme à tête de chou à la vitrine d’une galerie d’art contemporain.
    Sous hypnose, j’ai poussé la porte, payé cash, et l’ai fait livrer à mon domicile. Au début, il m’a fait la gueule, ensuite il s’est dégelé et a raconté son histoire.
    Journaliste à scandales tombé amoureux d’une petite shampouineuse assez chou pour le tromper avec des rockers, il la tue à coups d’extincteur, sombre peu à peu dans la folie et perd la tête qui devient chou. »

    Serge Gainsbourg

    Il y a des affinités évidentes entre Gainsbourg et Bashung…
    C’est la même famille musicale, la même famille éthique si j’ose dire : l’élégance morale, l’exigence artistique, l’inspiration parcourue de sombre et d’ironie. Ils oscillent entre gravité et légèreté de la même façon. Côté textes, il est rare de trouver une telle cohérence, un tel niveau, une telle régularité. Je crois que tous les musiciens sont d’accord sur cette parenté, plusieurs le rappelaient encore lors des dernières Victoires de la musique. Pour l’anecdote, on remarquera que Bleu pétrole, titre du dernier album de Bashung, est une expression qu’on trouve également dans une chanson de L’Homme à tête de chou (« Là-dessus cette Narcisse / Se plonge avec délice / Dans la nuit bleu pétrole / De sa paire de Levi’s »).
    Gainsbourg et Bashung ont travaillé ensemble, ils ont écrit un album à deux, Play blessures, en 1982. Curieusement on semble ne le redécouvrir qu’aujourd’hui, sans doute par ce que c’est un album difficile d’accès pour le grand public, l’un et l’autre y cultivent leur côté noir, sans complaisances avec la mode musicale de l’époque.
    Bashung avait un infini respect pour Gainsbourg, à la fois pour ce qu’il a apporté à la chanson française et pour le style de l’homme, ce que j’appelais son insolence, sa désespérance élégante. Je crois qu’il admirait également chez Gainsbourg sa capacité à métisser la chanson française de jazz, de musique africaine, de Kurt Weill ou de reggae, en passant par la pop, à démontrer qu’il n’y a pas de racisme dans sa musique, à s’amuser avec tous ces styles et à en faire son propre style.
    On l’a dit, L’Homme à tête de chou est un album-concept au sens où ce n’est pas une compilation de dix ou douze titres, c’est un ensemble de chansons avec une trame narrative, une histoire racontée.
    C’est pour ainsi dire le jumeau de Histoire de Melody Nelson qu’il a écrit cinq ans avant. La trame narrative est d’ailleurs assez proche : une histoire d’amour qui se termine mal, un basculement dans la folie. L’Homme à tête de chou est un texte d’une grande audace poétique. Quant à la musique, Gainsbourg a osé ce qu’il n’ose pas ailleurs. De ce point de vue, c’est son album le plus d’avant garde. On y entend toutes sortes d’instruments, de distorsions, d’emprunts à des styles musicaux différents, rock, reggae, pop…

     

    Jean-Claude Gallotta
    Extraits des propos recueillis par Claude-Henri Buffard

     

    Tournée
    Du 12 au 14 novembre 2009 : MC2 : Grenoble
    Les 20 et 21 novembre 2009 : Le Quartz à Brest
    Les 12 et 13 janvier 2010 : Espace Malraux de Chambéry
    Du 11 au 13 mars 2010 : Le Colisée de Roubaix
    Les 4 et 5 mai 2010 : Odyssud à Blagnac
    Les 10 et 11 mai 2010 : Le Théâtre musical de Besançon
    Les 18 et 19 mai 2010 : Le Cratère d’Alès
    Les 26 et 27 mai 2010 : Scène nationale de Combs la Ville
    1er au 3 juin 2010 : La Comédie de Clermont-Ferrand

     

    L’Homme à tête de chou
    Jean-Claude Gallota

     

    Mise en scène et chorégraphie : Jean-Claude Gallotta
    Assistante à la chorégraphie : Mathilde Altaraz
    Dramaturgie : Claude-Henri Buffard
    Costumes : Jacques Schiotto et Marion Mercier
    Paroles et musiques originales : Serge Gainsbourg
    Dans une version enregistrée pour ce spectacle par : Alain Bashung
    Orchestration, musiques additionnelles et coréalisation : Denis Clavaizolle
    Mixage et coréalisation : Jean Lamoot
    Avec : Adrien Boissonnet, Sylvain Decloitre, Nicolas Diguet, Hajiba Fahmy, Ximena Figueroa, Marie Fonte, Ibrahim Guétissi,Benjamin Houal, Yannick Hugron, Cécile Renard, Eléa Robin, Thierry Verger, Loriane Wagner, Béatrice Warrand

     

    Du 27 novembre au 19 décembre 2009
    Dimanche, 15h – relâche les lundis, les 6 et 13 décembre
    Générales de presse les 27 et 28 novembre

     

    Tarifs :
    Tarif exceptionnel : 35 euros
    Tarifs réduits : demandeurs d’emploi et moins de 30 ans 20 euros
    Réservations au 01 44 95 98 21, au 0 892 701603 et sur www.theatredurondpoint.fr

     

    Théâtre du Rond-Point, salle Renaud-Barrault (746 places)
    2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt
    75008 Paris
    Métro : Franklin D. Roosevelt (ligne 1 et 9) ou Champs-Élysées Clemenceau (ligne 1 et 13)

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