Soi Cowboy
Une jeune thaïlandaise enceinte partage sa vie avec un Européen taciturne pour échapper aux dangers de la rue. Car à Banghok, Soi Cowboy est le quartier où l’on échoue si les choses tournent mal. Au prix d’efforts quotidiens, le couple mal assorti cherche à trouver son équilibre.
Dès les premières images, l’absence de scénario décent saute au visage du spectateur médusé. Brinquebalé entre l’attitude de poseur du réalisateur qui maîtrise plus le noir et blanc artificiel, les travellings lents et les plans fixes creux que la psychologie des personnages et la vacuité flagrante d’un scénario écrit, tourné et monté à la va-vite. Comme une réminiscence de son précédent travail sur The great ecstasy of Robert Carmichael, le réalisateur s’enfonce à nouveau dans une complaisance crasse et filme avec une délectation malsaine l’amas de chair triste et ballotante que compose son personnage principal.
Ce film qui aurait pu être une invitation au voyage dans les ruelles morbides de la capitale thaïlandaise est plus une invitation à se faire son propre film, car il faut des trésors d’imagination pour trouver un intérêt aux déambulations grotesques de ce couple de cirque. Rien ici, ni sur l’écran ni entre les lignes n’évoque la finesse et la subtilité et c’est avec une patte éléphantesque que s’enchaîne les plus banales situations du quotidien, en silence s’il vous plait mais où les choix du réalisateur explosent aux yeux et aux oreilles avec un fracas de tous les diables.
Exercice de style stérile et vain, Soi Cowboy confirme Thomas Clay comme un réalisateur putassier et méprisant sans connexion avec le cinéma, le public ou la réalité.
Lucile Bellan
{youtubejw}vvJG0K0gDEo{youtubejw}
Soi Cowboy
Un film de Thomas Clay
Avec Nicolas Bro et Pimwalee Thampanyasan
Sortie le 20 avril 2011
Articles liés

« Maldoror » : Julien Gosselin investit la Cour d’Honneur avec une création magistrale
En ouverture du 80° Festival d’Avignon, le metteur en scène et directeur du Théâtre de l’Odéon Julien Gosselin présente dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes une création de plus de cinq heures, brassant le geste poétique audacieux...

Portrait(s), Rendez-vous photographique de Vichy 2026 est à découvrir jusqu’au 4 octobre
Du 19 juin au 4 octobre 2026, Portrait(s) présente et célèbre quatre décennies de création de David LaChapelle avec une exposition monographique rassemblant œuvres emblématiques et inédites à découvrir au Grand Établissement thermal de Vichy. Sur l’esplanade du lac...

“Le Souffle” de Lydie Arickx : une installation monumentale dans la nef de l’église Saint-Eustache à Paris
Le 9 juillet à 20 heures, Lydie Arickx dévoile “Le Souffle”, un corail monumental suspendu à 7 mètres de haut dans la nef de l’église SaintEustache à Paris. Découpée dans l’aluminium avec la finesse d’une dentelle, cette forme arborescente...






