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    Tristan und Isolde – Orchestre Philharmonique de Radio-France – Salle Pleyel

    15 octobre 2012
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    STEMME_Nina_Credit_Tanja_Niemann_2012_1

    Les salles de concerts symphoniques ont parfois du mal à se remplir. Celles d’opéras au contraire débordent, et trouvent sans peine de nouveaux publics. Les versions de concert, très pratiquées au Théâtre des Champs-Élysées, sont un moyen approprié d’élargir leur audience. C’est un pari gagné d’avance tant elles ont du succès aujourd’hui ; seule la mise en scène fait défaut, autrement dit, le moins important.

    L’Orchestre Philharmonique de Radio-France pratique peu souvent l’opéra (par exemple ). Encore moins la musique de Wagner, sauf des extraits de concerts (ici). Quiconque pouvait donc légitimement avoir une légère appréhension. Ce fut une exécution extraordinaire. Tout en préservant son identité sonore, toujours limpide et peu massive, notamment les vents, ce fut un Wagner à la palette riche et à l’expression intense, très largement supérieur au Tristan en version de concert donné au TCE il y a quelques mois par l’ancien orchestre de Simon Rattle.
    Mikko Franck, qui remplace à nouveau Myun-Whun Chung, de son fauteuil rotatif, dirige avec flegme et assurance son premier Tristan. Ce chef et cet orchestre s’entendent à la perfection.

    Nina Stemme en Isolde est visiblement la raison principale de la salle comble de ce soir. Elle est aujourd’hui au faîte de sa carrière, et est applaudie à tout rompre par un public debout. Connue pour chanter également Brünehilde, sa voix est effectivement magnifique. Le dilemme dans une version de concert étant la puissance de l’orchestre, sa voix n’est presque jamais couverte. Elle chante la mort d’Isolde sans fatigue apparente. C’est impressionnant.

    Sarah Connolly, entendue l’an passé dans Hyppolite et Aricie à Garnier, chante Brangäne. Belle réussite également, elle chante son “Prenez-garde!” de l’acte II de la tribune du choeur (comme les autres petits rôles, du reste, ainsi que le très beau solo de cor anglais du troisième acte exécuté à partir de l’extrémité de la galerie gauche du premier balcon). Son timbre, plutôt mat, se range sans problème derrière celui de Nina Stemme dans une belle complémentarité.

    Très connu dans les théâtres allemands, et notamment à Bayreuth, Christian Franz (Tristan) est le seul ce soir à chanter par coeur, sans partition. Il se permet même un petit jeu scénique, pas toujours heureux puisque seul et non dirigé, mais qui est peut-être un moyen pour lui de mieux investir son rôle. Il est, du point de vue de ses qualités dramatiques, irréprochable ; sa “diction” est claire, au point de toujours privilégier le sens sur la phrase mélodique, de façon peut-être un peu excessive au troisième acte, mais cela fonctionne dramatiquement (sa dernière phrase avant de mourir est littéralement parlée). C’est donc un chanteur que nous gagnerions à entendre en version scénique : la version de concert lui est presque fatale tant il est couvert par l’orchestre. Son timbre acéré lui permet heureusement de ressortir, mais son manque de puissance est une déception.

    Amfortas dans la version de concert du National l’hiver dernier, Detlef Roth est ici un Kurwenal bien plus réussi. Toujours partiellement couvert par l’orchestre, mais heureusement placé devant, sa performance dramatique au troisième acte est réelle. Lui et Tristan sont exténués à la fin de leur duo.

    Un formidable Roi Marke, Peter Rose nous avait déjà régalés le mois dernier en La Roche dans le Capriccio donné à Garnier. Une grande présence, une belle amplitude, c’est une très belle performance.

    Tristan et Isolde (opéra en version concert)

    De Richard Wagner

    Nina Stemme, soprano Isolde
    Christian Franz, ténor Tristan
    Sarah Connolly, mezzo-soprano Brangäne
    Richard Berkeley-Steele, ténor Melot
    Detlef Roth, baryton Kurwenal
    Peter Rose, basse Le roi Marke

    Chœur de Radio France
    Matthias Brauer, chef de chœur

    Orchestre Philharmonique de Radio France
    Mikko Franck, direction (en remplacement de Myung-Whun Chung)

    Samedi 13 octobre 2012 à 19h30

    Salle Pleyel
    252, rue du faubourg Saint-Honoré
    75008 Paris
    M° Ternes

    [Crédit photgraphique : Tanja Niemann 2012]

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