Les Dandy Warhols soignent leur première à Rouen
15 ans plus tard
Comme s’il n’y avait pas de transition entre la vie courante et celle du live, Courtney Taylor-Taylor et Brent de Boer arrivent comme s’ils venaient voir une bande de potes, déposant leur sac — en bandoulière — chacun leur tour sur un coin de la scène. Un esprit bohème rapidement assumé sur la longue introduction qui amène le titre Mohammed, sublimé par le jeu de guitare atypique de Peter Holmström.
Religieusement attentive, la salle commence à se remuer sur le rétro We Used To Be Friends avant d’apprécier successivement des versions mesurées de Shakin’ et Not If You Were… Silencieux jusque-là, Taylor-Taylor s’excuse auprès du public rouennais « d’avoir annulé le seul concert du groupe (dans la capitale normande) il y a quinze ans » et embraye intelligemment sur un I Love You spirituel, orné de balbutiements prolongés et de synthés psychédéliques. Vingt-cinq premières minutes sans la moindre trace de l’album « This Machine », finalement représenté avec les titres Sad Vacation, Enjoy Yourself et The Autumn Carnival, joués entre des classiques toujours aussi jouissifs (Horse Pills, Good Morning) et une parenthèse drôlesse qui voit une fille tenter une approche de séduction désespérée en balançant son soutien-gorge sous le regard amusé de Zia MacCabe.
Le Rock ne meurt jamais
Rappelant par intermittence à l’ingé son d’ajuster la batterie de Brent de Boer avec qui elle échange beaucoup, l’historique partie féminine du groupe ne cesse de bouger sa plastique rondouillarde et encourage les spectateurs du 106 à bouger sur Bohemian Like You, loind’être esseulé parmi les tubes issus de « Thirteen Tales From Urban Bohemia ». Inclus dans la rock-collection, Get Off est ici réarrangé et plus susurré que chanté tandis que Boys Better sonne la fin du concert, achevé par l’apaisant Country Leaver, ajouté à la liste après concertation.
Dans leur registre psyché-rock avant-gardiste, les Dandy Warhols ont convaincu et restent bien au-dessus de l’horripilante mêlée des nouveaux groupes indépendants. Comme quoi, le — vrai — rock ne meurt jamais.
Set list : Mohammed/ We Used To Be Friends/ Shakin’/ Not If You Were The Last Junky On Earth/ I Love You/ Good Morning/ Autumn Carnival/ All The Money or the Simple Life/ You Were The Last High/ Holding Me Up/ Enjoy Yourself/ Well They’re Gone/ You Come in Burned/ Sad Vacation/ Bohemian Like You/ Get Off/ Wasp The Lotus/ Pete International Airport/ Boys Better/ Country Leaver
Olivier Cougot
Photo par Will Dum (http://www.flickr.com/photos/will-dum)
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The Dandy Warhols – This Machine
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