Trahisons : le trio bourgeois de l’adultère mis sur le gril d’Harold Pinter
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Trahisons De Harold Pinter Mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia Avec Denis Podalydès, Laurent Stocker, Christian Gonon et Léonie Simaga Du 17 septembre au 26 octobre à 20h, mardi à 19h, dimanche à 16h Tarifs : 9 à 31 € Réservation : Durée : 1h30 Théâtre du Vieux-Colombier M° Saint-Sulpice |
Jusqu’au 28 octobre 2014
Une femme entre deux hommes, son mari et son amant : un banal adultère traité comme un polar à la recherche d’une vérité toujours insaisissable, comme si le couple était quelque chose d’irréel et d’inaccessible. Une radiographie conjugale à l’encre noire et indélébile. Le metteur en scène Frédéric Bélier affectionne les textes contemporains et forts qui parlent avec acuité de notre réalité de bipèdes (bien ou mal) pensants. Le prix Nobel de littérature Harold Pinter, dramaturge et scénariste britannique (1930-2008), a participé au renouveau du théâtre anglais au XXe siècle. Trahisons est l’une de ses pièces tardives (1978) qui fut adaptée au cinéma. La pièce est construite en ellipses, par flash-back successifs qui font se succéder les rencontres striées de dialogues et de silences. En maître du jeu, Robert, incarné puissamment par Denis Podalydès, est au cœur de la trahison de son épouse Emma (Léonie Simaga) avec son meilleur ami Jerry (Laurent Stocker). Or, depuis que ce dernier ne joue plus au squash avec lui, Robert s’amuse à dérouler la pelote de mensonges et de faux-semblants qui semblent flotter autour de lui. Lui-même est-il vraiment fidèle à sa femme ? Et ne semble-t-il pas davantage attaché à Jerry, partenaire attentif qui partage son goût du jeu, de la sueur, de la bière et des bons bouquins ? Hélène Kuttner [Photos © Cosimo Mirco Magliocca] |
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Ces trous d’air, percutés par des échanges anecdotiques et des révélations en coup de théâtre, c’est tout le suc de l’écriture de Pinter. Elle fonctionne comme des tableaux classiques, craquelés par le temps qui passe et qui révèlent secrets et non-dits qui ont fait changer le cours de l’histoire. Pour figurer le damier de cet échiquier diabolique, une scénographie design projette ses aplats de jaune et de noir sur des canapés seventies. L’ambiance musicale omniprésente, alternant jazz et opéra, achève de vernir cette façade de gentrification bon teint.
On aurait aimé être happé par la tension et le mystère de cette pièce en forme de boîte de Pandore. Les comédiens, justes, jouent les situations sans que ne vibre réellement une intensité dramatique suffisante. Peut-être la mise en scène, prisonnière de la quotidienneté du langage, peine-t-elle à faire jaillir la force du désir, de la rivalité et de la jalousie entre les personnages. C’est dommage.





