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    La poupée sublimée de Thierry Dufrêne

    5 mars 2015
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    POUPEE_COVER

    La poupée sublimée

    Quand Niki de Saint Phalle et les artistes contemporains font des poupées

    De Thierry Dufrêne

    Prix : 20€

    Paru le 7 janvier 2015

    Paru le 7 janvier 2015
     

    La poupée, idole et chimère, entre récréation et subversion.

    Bien avant les Nanas étaient les poupées. Avant de créer ses fameuses figures féminines, Niki de Saint Phalle se saisit, dès ses premières peintures-assemblages, de poupées, pour les manipuler, barbouiller, voire même tirer dessus.

    Or, au-delà d’un élément de réel caractéristique du Nouveau Réalisme, celle-ci renoue avec un imaginaire mythologique. Quand elle réalise la Hon, une gigantesque Nana allongée, les jambes écartées, dans laquelle on pénètre par le vagin, elle renoue avec la figure matricielle à l’origine de la poupée comme déesse-fétiche, idole de fertilité. Avec la poupée, l’artiste redevient enfant, créant un nouvel univers, espace de subversion.

    niki_hon

    À l’aune des différents types de poupées propres à nos cultures traditionnelles -idoles, matriochkas, etc.-, ce livre interroge la signification des poupées dans l’art contemporain. Nombre d’artifices d’animation- ouverture labiale, yeux suiveurs, etc.- contribuent à leur inquiétante étrangeté, tandis qu’elles influencent les goûts et les normes.

    Or, objet intermédiaire à forte charge fantasmatique et normative, la poupée s’impose comme un véritable matériau plastique et créatif. Entre régression et récréation/re-création, la poupée s’offrirait comme un modèle, rival du réel, pour repenser le monde et la société. Les «artistes à poupées» sont légion : Arman, Bellmer, Dalî’, Picasso, Eva Aeppli, Cindy Sherman, Annette Messager, Sarah Moon, Gisele Vienne, Michel Nedjar, Lindsay Brice, BillyBoy*…

    Ludiques, érotiques, licencieuses… À l’encontre de toutes notions d’innocence ou de candeur liées à l’enfance, ce livre manifeste combien les poupées sont par nature irrévérencieuses; il est bien souvent question avec elles de fantasme, d’utopie et d’anarchie, par l’imitation primitiviste de l’enfance et l’invention plastique.

    Dans l’héritage des livres qui ont fait la réputation des éditions d’art Skira, cette nouvelle collection vise à interroger les différentes formes d’art, relevant tout autant des« beaux arts» que des arts dits populaires, attentive à l’éclectisme des types de création et à leur déhiérarchisation.

    [Source texte et visuel : communiqué de presse] 

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