0 Shares 1388 Views

    Objet volontairement non identifiable

    10 avril 2015
    1388 Vues
    soko

    My dreams dictate my reality

    Artiste : Soko

    Label : Because Music

    sokoEt fin février 2015 déboula My dreams dictate my reality, le troisième album turbulent et gorgé d’énergie post-punk de la jeune artiste franco-californienne Soko.

    Retour au début des années 90. Vincent Gallo explose alors dans Arizona dream et devient vite l’égérie de toute une génération de jeunes femmes qui craquent littéralement sur ce beau brun un peu “bad boy”. Dans la même période, Gallo s’essaie à la musique et signe un premier album, When, sur le prestigieux label Warp. Il se retrouve alors propulsé “Next Big Thing” en un claquement de doigts. S’ensuivent quelques réalisations et choix artistiques parfois excellents – Buffalo 66 – ou désastreux – The Brown bunny – et des albums nettement moins inspirés. C’est sur Internet que la dimension underground de l’acteur prend tout son sens, puisqu’il monnaie tour à tour ses fringues, sa présence pour des soirées ou autres événements en tous genres contre de jolies sommes et va jusqu’à vendre son sperme. Provocation ultime ou lente descente aux enfers, la carrière de Vincent Gallo reste depuis très discrète.

    Début des années 2000, autre époque, autre génération. La jeune Stéphanie Sokolinski écrit de douces bluettes dans sa petite chambre en attendant son heure. Son côté DIY séduit immédiatement et son premier morceau, I kill her, en 2007 devient incontournable en Europe. À tel point que Stella McCartney utilise ce morceau lors d’un défilé. Quelques premières parties prestigieuses  comme avec MIA ou nombre de festivals mettent Soko en “orbite”. Elle signe chez Because, fait l’actrice pour Virginie Despentes ou Spike Jonze, collabore avec Theophilus London ou I’m from Barcelona et sort en 2012 I think I was an alien. Peur du succès ou mauvais calcul artistique, ce deuxième album déroute et ne trouve pas son public, et Soko disparaît peu à peu… Depuis, plus de news jusqu’à très récemment où la jeune femme faisait parler d’elle via Internet, un peu comme son ainé, entre dérapages et provocation assez puérile. Autant dire qu’on espérait plus grand-chose d’elle, que ce soit cinématographiquement ou même musicalement.

    Et fin février 2015 déboula My dreams dictate my reality, un troisième album turbulent et gorgé d’énergie post-punk et new wave. La jeune franco-californienne arbore un style très raccord avec son orientation musicale, cheveux peroxydés, teint blafard et look de punkette survoltée. Mais le vrai coup de génie, c’est de faire appel à Ross Robinson (The Cure, Korn ou encore Sepultura) aux manettes de ce nouvel album et d’inviter son pote Ariel Pink sur 2 morceaux aussi perchés que géniaux, Monster love et Love trap. Mais là où My dreams dictate my reality aurait pu n’être qu’une vague tentative de faire ressurgir les fantômes d’une new wave surannée, Soko réussit à y injecter une dose de modernité touchante et sincère qui illumine l’album. On est encore loin des balades au soleil couchant d’une plage californienne mais ce dernier opus laisse enfin entrer les rayons du soleil. Depuis, on est toujours sans nouvelles de Vincent Gallo… 

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=n-kuDCSWloo[/embedyt]
     
    Arno Byhet

    En ce moment

    Articles liés

    Hellfest 2026 : jeudi 18 juin (partie I)
    Musique
    97 vues

    Hellfest 2026 : jeudi 18 juin (partie I)

    A l’instar des années 2023 et 2024, c’est de nouveau en piste dans les méandres des musiques extrêmes que je vous propose une rétrospective de l’édition 2026 du Hellfest, plus grand festival d’Europe ! Vous découvrirez dans ce report...

    Au Théâtre des Champs-Elysées, le Dutch National Ballet rend hommage à Hans van Manen
    Non classé
    94 vues

    Au Théâtre des Champs-Elysées, le Dutch National Ballet rend hommage à Hans van Manen

    La programmation TranscenDanses du Théâtre des Champs-Elysées offre régulièrement l’occasion de découvrir de grandes compagnies venues de l’étranger. Pour clôturer en beauté la saison, le Dutch National Ballet est invité avec un programme consacré à Hans van Manen, chorégraphe...

    À Avignon, « L’hors-présence » de Tiphaine Raffier captive
    Spectacle
    318 vues

    À Avignon, « L’hors-présence » de Tiphaine Raffier captive

    Dans une scénographie lumineuse de précision, Thiphaine Raffier compose un spectacle hors-limite qui questionne, aujourd’hui plus que jamais, la manière dont nos sociétés occidentales accueillent la fin de vie. Au croisement du réalisme et de la mythologie fantastique, grâce...