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Manon Rougier : « Quitter la réalité »

20 novembre 2016
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Manon-Rougier

N’importe où hors du monde

Œuvres de Manon Rougier

Du 24 novembre au 15 décembre 2016

Du mardi au samedi, de 11h à 19h

Vernissage le 24 novembre 2016, de 18h à 21h

Entrée libre

Chenaux Gallery
60, rue Notre-Dame-de-Nazareth
75003 PARIS
M° Arts et Métiers, Strasbourg Saint-Denis, Temple.

www.chenauxgallery.com

Manon_RougierDu 24 novembre au 15 décembre 2016.

Lauréate du Prix Icart – Artistik Rezo 2016, Manon Rougier présente ses œuvres à la Chenaux Gallery du 24 novembre au 15 décembre 2016, lors de l’exposition N’importe où hors du monde. Rencontre avec une artiste de talent.

Quel est votre parcours ?

J’ai d’abord passé un Bac Arts Appliqués, avant de rentrer aux Beaux-Arts d’Aix-en-Provence. J’ai passé mes cinq années là-bas, dont une en échange à Montréal, lors de ma quatrième année.

Comment avez-vous participé au Prix Icart – Artistik Rezo ?

J’en ai pris connaissance sur internet. Alors que j’avais déposé ma candidature pour plusieurs appels à projets, c’est le premier qui m’a répondu favorablement.

En quoi consiste votre travail ? Comment travaillez-vous ?

Mon travail est avant tout une recherche. Les pièces que je produis en sont l’aboutissement.
Je m’intéresse avant tout à la manière dont on passe du monde imaginaire à ce que l’on pourrait appeler le “monde réel”. C’est très abstrait tout ça, mais j’essaie de visualiser celui-ci comme des bulles qui parfois se rencontrent et créent alors un troisième espace. Cette zone d’entre-deux, je l’appelle “aire intermédiaire”.
En ce qui concerne le processus de travail, j’attache beaucoup d’importance aux intuitions, aux gestes faits dans l’urgence, aux rêves. Ensuite, c’est le travail des matériaux et les échanges avec les gens qui le font évoluer.

Détails Cent Craies de Manon RougierD’où vient cette volonté de travailler sur des matériaux fragiles telle que la craie ? Pourquoi ce choix de personnages miniatures ?

Quand on parle de “monde imaginaire”, il prend souvent pour moi la forme d’un monde miniature. Il y a un rapport à l’enfance dans la liberté du jeu et dans la capacité à se créer un univers. Mais pas seulement.
Le monde miniature, c’est aussi une temporalité propre, un rapport ambigu entre fascination et frustration (la frustration étant une notion importante dans mon travail), une impossibilité de le pénétrer physiquement.
J’explore aussi les notions de distance, de déplacement du regard, de passage, de fragilité, de légèreté.
Du coup, le choix de la craie m’est venu naturellement. Ce matériau, en apparence petit et fragile, change notre rapport à l’œuvre grâce à la manière dont il est mis en espace (en nombre et à hauteur de regard).

Qu’attendez-vous de l’exposition de vos œuvres à la Chenaux Gallery ?

C’est l’opportunité de donner de la visibilité à mon travail et d’occuper seule un espace en ayant une totale liberté dans les choix de pièces et d’accrochage.
Je suis très enthousiaste. Je suis aussi très curieuse de voir comment il va être reçu et j’espère avoir des retours.

Où en sont vos projets ?

Ils sont nombreux. J’ai des projets de résidence à l’étranger, de travail en duo… Je ressens l’urgence de me nourrir le plus possible, de confronter mon travail à d’autres, dans des situations variées et auprès de personnes différentes.

Pourquoi avoir choisi N’importe où hors du monde comme titre d’exposition ?

C’est le titre d’un poème de Baudelaire, une conversation entre un homme et son âme qui exprime l’idée que l’on est toujours mieux là où l’on n’est pas.
Cela rejoint ma démarche visant à quitter la réalité, à aller vers cet espace autre, car il y a la recherche de cet endroit et il y a l’urgence. Le poème finit sur “N’importe où ! N’importe où ! Pourvu que ce soit hors du monde.”

Propos recueillis par Gaëlle Barbaste

[Crédits Photos : © Manon Rougier ]

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