“L’École est finie” : les profs dans le cinéma français
Sortir un film sur l’école début juillet, stratégie payante ou non ? C’est en tout cas le pari tenté par le deuxième film d’Anne Depetrini, qui voit la prof d’anglais jouée par Bérengère Krief mutée dans une contrée reculée. L’occasion de regarder dans le rétroviseur et de se souvenir de quelques films français sur les profs.
C’est le lot de beaucoup de jeunes profs : subir un système de mutations complexe et cruel, et se retrouver parfois à devoir passer plusieurs années à l’autre bout de la France, dans une zone où l’on n’avait jamais mis les pieds. S’il n’est généralement pas très difficile de rester dans certains départements peu prisés, et en particulier dans leurs zones rurales, les enseignants de Paris ou des grosses agglomérations font souvent l’expérience de l’exil forcé. C’est ce qui arrive à Bérengère Krief dans le film d’Anne Depetrini, à la dimension sociologique limitée mais qui joue néanmoins de ce “drame” avec fraîcheur.
Parmi les profs les plus mémorables du cinéma français, on pense par exemple à Arié Elmaleh, désopilant menteur dans L’École pour tous d’Éric Rochant qui, à la façon de Jack Black dans Rock academy, en vient à jouer les enseignants alors que ce n’est absolument pas son métier et qu’il n’est pas fait pour ça. On a souvent ri avec les profs, du bien nommé P.R.O.F.S (avec Patrick Bruel et Fabrice Luchini) aux Sous-doués de Claude Zidi, qui penchaient certes davantage du côté des élèves.
Plus récemment et plus sérieusement, comment oublier la Palme d’or reçue par Laurent Cantet pour Entre les murs. Dans une adaptation de son propre roman, François Bégaudeau incarnait François Marin, professeur de français dont on suivait, presque en huis clos, la relation avec une classe de quatrième. Le jury présidé par Sean Penn ne s’y est pas trompé, remettant la récompense suprême au film en 2008. D’autres films ont tenté d’emprunter ce genre de chemin, comme Les Héritiers avec Ariane Ascaride ou Les Grands esprits avec Denis Podalydès. Au final, des résultats honorables mais moins convaincants néanmoins.
Il y a un demi-siècle sortait Les Risques du métier, réalisé par André Cayatte, avec Jacques Brel qui interprétait un instituteur accusé de tentative de viol par plusieurs de ses élèves. Le même Cayatte réalisa quelques années après un film nommé Mourir d’aimer, qui voyait l’enseignante incarnée par Annie Girardot tomber amoureuse de l’un de ses élèves. Des problématiques complexes, qui ne seraient certainement plus traitées de la même façon aujourd’hui, mais qui ont en tout cas ouvert le débat sur le statut des professeurs, leurs droits, leurs devoirs et leurs comportements immoraux.
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