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    Ustâd Gholâm Hussein et Ustâd Gholâm Nejrawi en concert – musique afghane

    19 septembre 2018
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    Traditions des luth rubâb et tambour zerbaghali d’Afghanistan

    Né en 1960 à Kharâbât, le quartier des musiciens à Kaboul, Ustâd Gholâm Hussein est issu d’une lignée de musiciens, et le disciple du regretté Ustâd Mohammad Omar, maître incontesté du rubâb afghan (luth en mûrier répandu du Cachemire au Baloutchistan, ainsi qu’en Asie centrale, monté de 3 cordes mélodiques, et de 6 à 15 cordes sympathiques). Gholâm Hussein a joué au sein de différents grands ensembles de musique traditionnelle, tout en construisant sa réputation au sein de fêtes privées et dans les réunions des confréries soufies à Kaboul. Devenu à son tour « maître » (ustâd, en persan, consacre l’excellente connaissance et pratique des répertoires et la capacité à improviser), il a transmis son savoir en Afghanistan et en Europe à de nombreux élèves. Surnommé le « roi du rubâb », Ustâd Gholâm Hussein a joué sur différentes scènes internationales et accompagné de nombreux artistes d’Asie intérieure et du sous-continent indien.

    Émigré au Pakistan à la fin des années 1990, lorsque le régime taliban avait banni, à l’exception des chants prosélytes à sa cause, toute production musicale d’Afghanistan, Ustâd Gholâm Hussein est revenu à Kaboul dans les années 2000, et y a poursuivi son métier de musicien. Pourtant, à nouveau menacé par les Talibans en 2014, il s’est résolu à reprendre le chemin de l’exil, cette fois en Europe à Francfort-sur-le-Main, où il reconduit ses activités musicales au sein des réseaux de la diaspora afghane, ainsi qu’en collaboration avec des musiciens européens (projet « Safar », notamment). Si Ustâd Gholâm Hussein aime s’investir dans les rencontres de musiques de différents horizons, il insiste aussi sur la nécessité de transmettre les traditions instrumentales et vocales afghanes : improvisation et réinterprétation au sein du répertoire classique, dont les cadres modaux et rythmiques sont inspirés des râg et tâla indiens, mais aussi de celui des ghazals (poèmes lyriques persans) ainsi que des chansons populaires.

    Ustâd Gholâm Nejrawi rejoint Ustâd Gholâm Hussein dans ce but. Maître du tambour zerbaghali (tambour-gobelet en argile ou bois, à une peau, proche du tombak ou zarb iranien, mais dont la facture et les techniques de jeu diffèrent), il est le fils aîné du grand Ustâd Malâng, surnommé en son temps « les doigts d’or d’Afghanistan ». Ce dernier avait renouvelé le jeu du zerbaghali jusqu’à en faire un art à part entière, sans pour autant perdre de vue le rôle fondamental d’accompagnement du tambour. Ustâd Gholâm Nejrawi a hérité du savoir de son père, qu’il a enrichi de sa propre expérience. En Afghanistan, il a collaboré avec Ustâd Gholâm Hussein jusque dans les années 1980, puis il a quitté son pays pour la France, à Strasbourg où il vit actuellement. Depuis, il a travaillé avec de nombreux musiciens en France et en Europe, de l’orchestre « Orpheus XXI » de Jordi Savall au brillant joueur de tabla Prabhu Edouard, en passant par les projets menés par Ross Daly en Crète.

    Les retrouvailles de ces deux grands maîtres des musiques afghanes, à Francfort-sur-le-Main en mars 2018, ont été très stimulantes pour l’un et l’autre : au-delà de leur plaisir à improviser ensemble, c’est aussi leur conviction musicale de la nécessité de travailler et transmettre les traditions qui les unit. C’est ainsi qu’ils entendent partager avec le public le sentiment esthétique du rasa : la saveur, la couleur et l’émotion propre à un moment musical.

    PLUS D’INFORMATIONS SUR LE FESTIVAL DE L’IMAGINAIRE

    [Source : communiqué de presse]

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