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    « Paris l’été » transfigure la capitale par la danse et au-delà

    Thomas Hahn 12 juillet 2019
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    Carabosse © Regina Marcenkiene

    Le festival Paris l’été met la danse, les performances et installations en mode jouissif et énigmatique, poussant des portes artistiques qu’on ne soupçonnait même pas. Josef Nadj, le Théâtre du Centaure, des collectifs flamands ou plasticiens sont au rendez-vous. Mais tout commence par hip hop et Mozart devant la Pyramide du Louvre…

    La Pyramide du Louvre fête ses trente ans, et il en va de même pour la compagnie Accrorap fondée par Kader Attou et Mourad Merzouki à Saint-Priest, dans la banlieue lyonnaise. Attou dirige aujourd’hui le Centre Chorégraphique National de La Rochelle, et sa compagnie Accrorap est l’une des références mondiales de la danse hip hop. Mais qui s’était rendu compte de la simultanéité des deux projets artistiques ? Grâce au festival Paris l’été, les deux se rencontrent, sur le parvis de la fameuse pyramide, en compagnie de l’Orchestre des Champs-Elysées.

    Un Break à Mozart © Pierre Meuniè

    Et tant pis pour les vacanciers qui désertent Paris en juillet… Mais il semble en effet que l’été parisien permet des aventures artistiques qui seraient impossibles à d’autres moments de l’année. Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel qui composent chaque année la programmation extraordinaire de Paris l’été présentent, jusqu’au 3 août, une édition truffée de surprises avec notamment de nombreux rendez-vous gratuits.

    Des centaures à la Gare de l’Est

    Prenez cette apparition de deux centaures autour de la Gare de l’Est, annoncée pour les 21 et 22 juillet. Camille et Manolo sont deux figures mythiques de la scène française, mais ils vivent, avec leurs chevaux, près de Marseille. Le Théâtre du Centaure prône l’alliance entre l’homme et le cheval ! Et c’est bien leur pratique au quotidien. D’où l’incroyable fusion entre l’homme et la bête permettant spectacles et performances d’une poésie stupéfiante. Mais on ne sait jamais exactement où ils feront surface dans ou autour de la gare. Il faut juste les guetter…

    Buissons de feu et paysage rural à La Villette

    D’autres événements sont visibles de loin. A La Villette, on trouvera les sublimes installations de feu de la compagnie Carabosse. Ces plasticiens des flammes signent des arbres et buissons en feu qui réveillent ce qu’il y a de plus romantique en nous. De 22h30 à 1h30, on pourra donc se balader autour du Canal de l’Ourcq, les 19 et 20 juillet. A combiner avec un regard sur Pasture with Cows du collectif flamand Captain Boomer, tous après-midi et soirs, du 26 juillet au 1er août au même endroit. Où la Prairie du Cerce de La Villette se transforme en un vrai paysage rural et fermier, sans que l’on puisse ici en expliquer les subterfuges…

    Cie Carabosse © Vincent Muteau

    La Batsheva et Josef Nadj au Lycée Jacques Decour

    L’été parisien permet aussi au festival d’investir chaque année la cour du très pittoresque lycée Jacques Decour dans le 9e arrondissement. Une scène et des gradins, et bien sûr un bar y sont installés pour accueillir artistes et spectateurs. Ce plateau est largement réservé à la danse et le festival y présente cette année le Xie Xin Dance Theater de Shanghai, très spirituel et pourtant très contemporain ainsi que le Young Ensemble de la Batsheva, compagnie israélienne de renommée mondiale, avec Decadance, ce fameux programme à la manière d’un best of des chorégraphies d’Ohad Naharin Sans oublier le grand tube de Christian Rizzo, directeur du Centre Chorégraphique National de Montpellier : D’Après une histoire vraie, avec danseurs et groupe rock jouant live pour une symphonie des corps entre tradition et rébellion.

     

    On retrouvera aussi la petite baraque de Josef Nadj qui y donne Mnémosyne, son nouveau solo, chaque fois devant une poignée de spectateurs, et donc dans un rapport presque personnel. C’est une manière particulièrement intimiste de vivre son univers, et on sera tout aussi happé par l’exposition qui fait partie du projet, où Nadj est à la fois plasticien et photographe. Tout aussi intrigant, entre arts plastiques, performance, chorégraphie et musique : L’insecte géant, construit entièrement d’instruments à musique, qui s’anime dans Anima (ex) Musica du collectif Tout/Reste/à/faire.

    Thomas Hahn

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