Projection de deux films d’Eddy Munyaneza au Centre Wallonie-Bruxelles
Deux films du jeune cinéaste burundais Eddy Munyaneza, en sa présence : Histoire d’une haine manquée suivi de Lendemains incertains.
Histoire d’une haine manquée : Ce court métrage documentaire raconte l’histoire de son auteur, réalisateur et producteur Eddy Munyaneza. Au moment où les burundais essayent de laisser derrière leurs dos un lourd passé tragique caractérisé à plusieurs reprises par les conflits ethniques (Hutu et Tutsi) qui ont endeuillé des milliers de burundais, Eddy nous y replonge encore une fois, comme pour nous dire qu’un peuple sans passé clair est un peuple sans avenir. Comme il le dit lui-même: « Tous les burundais ont une histoire à raconter. Tous ont vécu un jour la guerre, la haine, l’amour, la faim, la misère ».
D’un côté, ce film relate une exception (qui confirme la règle) des temps durs, mais aussi contredit la version officielle et généraliste à la portée du monde entier. Ce n’est pas vrai que tous les tutsi ont tué les hutus comme non plus tous les hutus n’ont pas tué les tutsi. La preuve nous est fournie par Eddy Munyaneza en personne. Ainsi en 1993, alors que la guerre fratricide entre hutus et tutsis faisait rage au Burundi, des hutus ont sauvé de la mort leurs frères tutsis et des tutsis ont fait de même pour leurs frères hutus. Eddy et ses frères réchappent d’une mort certaine, aidés par leurs voisins hutus.
Lendemains incertains : Burundi, avril 2015. Les manifestations contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza rassemblent de milliers de personnes dans les rues de Bujumbura. Un coup d’état manqué plonge davantage le pays dans la répression et les violences. Des familles entières fuient le pays.
Eddy, réalisateur, filme les manifestations, puis les premières exactions et les victimes. Son engagement artistique et social fragilise son couple, disloque sa famille, qui décide de partir sans lui au Rwanda. Face à la violence qui gagne du terrain, il sera lui aussi contraint de fuir son pays. Réfugié au Sénégal, loin des siens, il entame un long voyage intérieur, pris dans les images et les souvenirs de la crise qui secoue le Burundi.
Neuf mois plus tard, il part à la recherche de ses enfants au Rwanda. De part et d’autre de la frontière, il rencontre celles et ceux qui sont restés au Burundi ou ont choisi le chemin de l’exil. Leurs récits, souvent fragmentaires et brutaux, témoignent d’une grande incertitude…
[Source : communiqué de presse]
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