0 Shares 2294 Views

    Cynthia Bevan : “J’essaie d’apporter un peu de poésie à la vie quotidienne”

    Maria Krasik 18 juin 2020
    2294 Vues

    ©Cynthia Bevan

    Rencontre avec Cynthia Bevan, artiste graveuse qui nous parle de son expérience et de ATELIERNOVO- une communauté d’artistes français.

    Qu’est-ce qui a inspiré ATELIERNOVO et qu’est-ce qui le rend unique ?

    ATELIERNOVO est la rencontre de la passion de deux collectionneurs et le besoin qu’avaient de nombreux artisans de trouver un moyen simple pour promouvoir leurs créations à l’export, et plus particulièrement aux Etats-Unis. Après de nombreux échanges, nous avons compris que la complexité liée aux taxes, à la logistique, sans parler des problèmes de langue, étaient un frein majeur pour beaucoup d’entre eux. De notre côté, nous avions une expertise dans ce domaine, c’est ainsi qu’est né le site de vente en ligne ATELIERNOVO en anglais, pour promouvoir des artisans français à l’export.

    Pensez-vous que l’artisanat français est assez valorisé de nos jours ?

    L’artisanat français est reconnu à l’étranger et a réussi à prendre le visage de collections plus contemporaines. Il est extrêmement riche en technique, style et inventivité.  De nombreux salons et événements en sont la preuve. Par exemple, un salon professionnel comme Maison&Objet a un espace entièrement dédié à l’artisanat français.

    ©Faïencerie Georges

    ATELIERNOVO est la rencontre d’artistes de formations différentes, comment l’art leur permet-ils d’être unis ?

    Nos artisans ont tous leurs propres spécificités : ils travaillent des matières différentes, avec des styles et des sources d’inspiration différentes, mais ils ont en commun une passion pour l’art. La communauté des artisans qui ont fait confiance à ATELIERNOVO est convaincue que le marché international est la clé pour défendre la valeur de la création française. Certains artistes se connaissent entre eux, d’autres non, mais ce qui importe est d’avoir un canal de vente qui s’occupe de leurs promotions à l’étranger et de l’ensemble de la logistique, et qu’ils puissent se concentrer sur leur art.

    Dans la société de consommation dans laquelle nous vivons, comment  réussissez-vous à maintenir une connexion entre l’artiste et le client par vos pièces uniques alliant tradition et minimalisme contemporain?

    ATELIERNOVO s’adresse à une clientèle qui apprécie le fait main, la pièce unique et en reconnaît la valeur (temps passé, qualité du travail). ATELIERNOVO n’est pas pour ceux qui cherchent une production de masse à bas prix ou une marque connue : ce que nous proposons, ce sont des œuvres qui ont une histoire. Nous nous efforçons d’expliquer les techniques utilisées, l’inspiration qui a conduit à telle ou telle œuvre, et nous ne proposons à la vente que ce que nous apprécions et aimerions avoir chez nous.

    ©Cynthia Bevan

    Qu’est-ce qui vous inspire en tant qu’artiste ?

    En tant qu’artiste, je suis inspirée par la vie culturelle à Paris, l’interaction avec d’autres artistes, les visites aux musées. J’adore flâner dans les rues, regarder les personnes que je croise, apprécier l’architecture et les parcs, faire une petite pause au café. Dans mes œuvres, j’essaie d’apporter un peu de poésie à la vie quotidienne.

    Vos gravures transmettent parfaitement le “je ne sais quoi” parisien, comment vos racines américaines et votre vie a Paris vous y rendent sensible ?

    Paris est une ville où l’art est mis au premier plan, beaucoup plus qu’à Los Angeles où j’ai grandi. Ici il y a une appréciation pour l’esthétique, pour les arts appliqués aux objets du quotidien aussi bien que pour les œuvres dites des “beaux-arts”. La vie parisienne bouillonne d’expression artistique.

    Pensez vous que le patriotisme est bénéfique pour l’art, ou est-ce qu’il profite plus d’une ouverture aux cultures ?

    Certes, on peut puiser ses propres racines pour trouver une source d’inspiration artistique. Mais le mot “patriotisme” est souvent synonyme aux barrières, aux murs, à l’exclusion. L’expression artistique, au contraire, s’épanouit dans un contexte d’ouverture vers d’autres personnes, de nouvelles façons de faire, vers différentes cultures. La créativité, c’est “thinking outside the box”, ne pas être enfermé dans une mode de pensée. Il faut être réceptif à de nouveaux points de vue, de nouvelles idées, de nouvelles visions pour trouver de l’inspiration et apprécier l’Art avec un grand A.

    Découvrez ateliernovo et le travail de Cynthia sur ces sites.

    Propos recueillis par Maria Krasik

     

    En ce moment

    Articles liés

    Aurélie Van Den Daele met en scène “La Cerisaie” de Tchekhov à La Tempête
    Agenda
    155 vues

    Aurélie Van Den Daele met en scène “La Cerisaie” de Tchekhov à La Tempête

    Le rêve de jouer “La Cerisaie” au printemps et de s’inscrire dans le paysage, c’est le défi qu’Aurélie Van Den Daele, fidèle de la Cartoucherie, a décidé de relever en plongeant dans la dernière pièce de Tchekhov publiée en...

    Retrouvez l’édition 2026 du festival Le Court en dit long de retour au CWB du 1er au 5 juin
    Agenda
    129 vues

    Retrouvez l’édition 2026 du festival Le Court en dit long de retour au CWB du 1er au 5 juin

    Pour sa 34e édition, le festival Le Court en dit long propose une sélection de 41 courts métrages belges francophones récents et inédits, répartis en sept programmes thématiques : La vie d’artiste – Et l’amour dans tout ça ?...

    “Lorenzaccio” : une ode flamboyante à la vigilance, signée Sand et Musset
    Spectacle
    312 vues

    “Lorenzaccio” : une ode flamboyante à la vigilance, signée Sand et Musset

    Au Théâtre du Nord, le directeur David Bobée adapte et met en scène de manière magistrale la pièce monstre qu’Alfred de Musset avait composée, à partir du récit historique de George Sand, sur les conspirations des Médicis à Florence...