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    Irréversible – Inversion intégrale : le même cauchemar, dans l’ordre

    Lucile Bellan 24 août 2020
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    Dix-huit ans après la sortie d’Irréversible, une nouvelle version remontée par Gaspar Noé va sortir en salles le 26 août 2020. Avec une grosse particularité : contrairement au film initial, cette Inversion intégrale est présentée… dans l’ordre chronologique.

    En 2002, le festival de Cannes subit une déflagration : celle causée par le nouveau film de Gaspar Noé, réalisateur de Carne et Seul contre tous promu cinéaste star grâce à sa dernière œuvre. Interprétée par Monica Bellucci, Vincent Cassel et Albert Dupontel, celle-ci s’intitule Irréversible, récit de la vie quotidienne d’un couple hétérosexuel, du viol dont est victime sa moitié féminine (Bellucci) dans un tunnel déserté, et de la tentative de vengeance orchestrée par la moitié masculine (Cassel) et son meilleur ami (Dupontel) sur le coupable (Jo Prestia).

    Spécificité : comme Memento de Christopher Nolan ou 5×2 de François Ozon, le film est monté à l’envers, la dernière séquence ouvrant le film avant de laisser place à l’avant-dernière, et ainsi de suite jusqu’à la première. On commence donc par le point culminant de la vengeance, pour terminer par les jours heureux et insouciants au cours desquels le couple de personnage principaux ne sait pas encore dans quel enfer il s’apprête à plonger.

    Ce qui devait n’être qu’un bonus DVD, à savoir le nouveau montage du film, sort finalement en salles en cette fin août : intitulée Irréversible – Inversion intégrale, cette nouvelle version signée Noé est présentée dans l’ordre chronologique, rendant le film nettement plus classique dans sa construction… ce qui ne l’empêche pas d’être magistralement traumatisant dans son exécution.

    Moins surprenant, surtout lorsqu’on a déjà vu la version d’origine, le film reste cependant d’une noirceur folle, d’autant qu’il sombre de plus en plus dans les ténèbres. La version 2002 était sans doute plus tragique et gorgée d’amertume, les scènes joyeuses et positives de la fin de film étant rendues nettement moins plaisantes par notre conscience de l’avenir des protagonistes. Comme il y a dix-huit ans, le film sera interdit en salles aux moins de seize ans, avec un avertissement portant sur la violence extrême (et graphique) qui le traverse. On conseille cependant de se ruer sur la version originale, dont le montage était l’une des principales forces.

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