“Le Grand Tour de Davrinche et Masmonteil” : une exposition à voir à la Maison des Arts d’Antony
Au milieu d’un parc arboré, un hôtel particulier du XVIIe siècle. Quel plus bel endroit pour donner carte blanche à deux peintres férus d’histoire de l’art ? Olivier Masmonteil et Gaël Davrinche, en résonance, s’adonnent à leur désir pictural en revisitant des grands classiques de la peinture occidentale, dans une fourchette temporelle qui court du XVIe au XIXe siècle. Ils font ainsi leur Grand Tour – leur Peregrinatio academica – comme les artistes et les poètes des XVIIe et XVIIIe siècle, en quête de modèles et d’inspirations artistiques.
Temps d’apprentissage, d’admiration, de copie des grands maîtres, temps de découverte des sites antiques à travers toute l’Europe, pour se faire l’œil et la main. Sous le pinceau d’Olivier Masmonteil, Suzanne et les vieillards de Tintoret, L’Inspiration du Poète de Poussin, Sainte Anne de Léonard de Vinci, La Jeune Fille à la Perle de Vermeer, l’Odalisque de Boucher, les portraits d’Ingres, ainsi que plusieurs natures mortes de Pieter Claesz. À chaque fois, voilés par un filtre pictural, une tenture de brocart transparente servant de décor à ces réinterprétations-hommages.

Olivier Masmonteil, La Grande Odalisque, 2020 – Huile sur toile – 54x45cm ©Hugo Miserey
“La création d’un motif apposé sur la toile est comme un papier-peint qui viendrait recouvrir l’œuvre historique. Le tableau fait tour à tour partie intégrante du mur et ouvre une fenêtre sur l’extérieur, sur cette scène ou ce paysage du passé.”
En contre-point cinq paysages de l’artiste, habités d’un arbre solitaire montrent le vocabulaire formel de Masmonteil, ses réflexions sur le paysage et ses multiples variations possibles. Certaines toiles sont plus hybrides, imbriquant, par effets de superpositions, les paysages contemporains de l’artiste avec des éléments individualisés de Claesz ou Fantin Latour. Ainsi naissent de nouvelles natures mortes habitées par l’esprit et la touche des anciennes. Le mythe se fond dans la modernité. Carafes, coupes, bouquets de fleurs, aiguières, se tiennent ainsi à la lisière d’un espace-temps inconnu, faisant le lien entre passé et présent. Entre-deux mondes, entre peinture ancienne et peinture contemporaine. Une recomposition caractéristique du style d’Olivier Masmonteil. Le plus bel exemple en est le paysage abstrait aux couleurs franches intitulé sobrement Hommage à Friedrich. Lui et Gaël Davrinche nous parlent ici de ce fil historique et pictural qui n’a jamais été rompu, de ce qu’ils doivent à leurs aînés.

Gaël Davrinche, Nocturne 36 – Huile sur toile, 100x81cm, 2020
Cette exposition correspond au parcours d’Olivier Masmonteil qui, depuis 20 ans, regarde les maîtres du passé, pour s’en nourrir, les comprendre, passage obligé selon lui pour qu’un artiste puisse ensuite trouver sa voie personnelle. Le Peregrinatio academica est aussi un chemin initiatique.
Vernissage le mardi 17 mai à partir de 19h
[Source : communiqué de presse]
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