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    Julien Primard présente sa première exposition parisienne, “Les instants modernes”

    Emma Gontier 2 décembre 2022
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    Jeune peintre émergent, Julien Primard expose pour la première fois à Paris en décembre. Entre codes urbains, architecture moderne et coup de pinceau léché, à la découverte du monde introspectif d’un artiste à suivre…

    Avec un ensemble de 14 nouvelles peintures à l’huile sur toile, Julien Primard (né en 1986) livre une réflexion introspective sur la légitimité de sa pratique artistique, naviguant entre académisme et graffiti, une réflexion mise en scène dans le remarquable décor architectural de sa région, entre Toulon et Hyères. Dans la lignée esthétique réaliste et figurative d’un Guillaume Bresson ou d’un Jean Claracq, Primard reprend les codes de la peinture classique qu’il transpose au béton moderne.

    Né en région parisienne et désormais établi à Toulon, Primard est designer de formation. C’est au début des années 2000 qu’il commence la peinture, en milieu urbain sur les murs d’usines abandonnées en banlieue parisienne, puis fonde le collectif La Thérapicturale avec un groupe d’amis graffeurs. Révélé par la galerie Backside à Marseille, il part désormais à la conquête de la scène parisienne.

    Pour sa première exposition personnelle à Paris (Galerie LJ), il s’inspire des courants classiques et de l’architecture moderne pour peindre à l’huile un ensemble de nouvelles compositions presque photographiques. Son travail de préparation débute d’ailleurs par une longue recherche photographique, puis de minutieuses esquisses. Il affectionne particulièrement les lieux inaccessibles, abandonnés, vides, qu’il peuple ensuite de mystérieuses figures.

    Son œil de designer et sa passion pour l’architecture l’ont amené à considérer la rue comme sujet principal. Le béton, comme un ancrage, est pour lui la toile de fond de réflexions introspectives. L’intensité des espaces urbains désertés dévoile la brutalité de l’absence, ou plutôt de l’invisibilité, de l’absence de visibilité : une question existentielle pour l’artiste, dont les personnages, projections de lui-même, ne cessent d’interroger son auteur.

    Entre invisibilité et anonymat, ou dévoilement, l’artiste hésite encore. Passionné de peinture, peintre talentueux la nuit et designer accompli le jour, la pluralité de ses identités lui pèse et une carrière de peintre l’attire irrésistiblement d’autant que son travail à su trouver son public. Dans ses dernières peintures, ces deux positionnements s’affrontent : le peintre à visage découvert engage un débat avec le graffeur anonyme.

    Tomber le masque, au sens propre comme au figuré, avec un clin d’œil aux années Covid solitaires qui viennent de s’écouler, c’est toute la question que Primard se pose à lui-même dans son travail, dans un décor emprunt de références à l’architecture moderne qu’il aime tant et qui l’entoure dans son quotidien entre Toulon et Hyères. Ici la Villa Noailles, là la Fondation Maeght, ou encore les pépites architecturales qu’il déniche lors de ses promenades en famille sur la presqu’île de Giens ou sur le chemin du travail à Toulon.

    Retrouvez Julien Primard sur son compte Instagram et sur son site Internet.
    Son exposition à Paris est ouverte à la Galerie LJ du 3 décembre au 14 janvier.

    Emma Gontier

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