0 Shares 3364 Views

    Cy Twombly : voyage à travers quelques peintures

    Mathilde Hezard 30 décembre 2022
    3364 Vues

    Cy Twombly, "Blooming", 2001-2008, Collection particulière (Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio

    Il y a quelques semaines, j’ai lu le livre de Roland Barthes sur Cy Twombly. Bien que compliqué à comprendre, cela m’a rappelé l’exposition dédiée à l’artiste américain au Centre Pompidou de Paris en 2016. Je n’avais jusqu’alors jamais connu le coup de foudre inexplicable d’une rencontre avec une peinture contemporaine. Aujourd’hui, j’aimerais vous proposer un voyage dans l’univers de Cy Twombly à travers une balade imaginaire autour de ses œuvres les plus marquantes selon moi.

    Untitled, 1985

    La première dont je me souviens est une peinture aux nuances vertes qui ressemble à un océan se posant sur la plage : Untitled (1985). Les couleurs passant du vert sapin au blanc. De façon assez inexplicable, cette peinture fut la première par laquelle mon regard fut absorbé. Peut-être était-ce dû à sa forme originale ou à son vert profond. Elle m’a transportée dans la forêt et les océans ; elle me rappelait également les vielles vitres d’une bâtisse abandonnée. Cette œuvre était un peu un mélange de tout ça, qui permettait de s’imaginer plein de choses.

    Untitled (1985)

    Untitled, Cy Twombly  (1985)

    Shades of Eternal Night, 1978

    Shades of Eternal Night (1978) de la série Fifty Days at Iliam est l’œuvre qui a changé ma perception de l’art contemporain. Outre le nuage gris qui se mélange délicatement au bleu azur, c’est l’expression “poésie imagée”, dans son esthétisme particulier, qui m’a marquée. Roland Barthes l’utilise dans son livre ; Cy Twombly est un poète qui peint.
    La série Fifty Days at Iliam est composée de dix toiles conçues en 1977-1978, à partir des poèmes homériques de l’Iliade.

    Shades of Eternal Night, Cy Twombly (1978)

    Pan II, 1980

    Je ne me souviens plus exactement du sens de l’exposition du Centre Pompidou mais on y retrouvait également cette fleur rouge, Pan II (1980), qui provenait de la Collection Lambert en Avignon. Je la surnomme “la grenade”, même si elle n’a rien d’une grenade. La craie grasse rouge vermeil contraste avec la fleur déjà imprimée derrière le rouge vif, ainsi que le mot “Venus” inscrit en-dessous.

    Série Pan, Cy Twombly (1989)

    La série The Four Seasons (1993-1995) était d’ailleurs exposée juste à côté de Pan II. L’Automne et L’Hiver, sont les deux œuvres de la série qui ont le plus retenu mon attention, comme celle de beaucoup d’autres personnes. 

    L’exposition Cy Twombly au Centre Pompidou (2016) avec The Four Seasons de Cy Twombly à l’arrière-plan (1993)

    Lors de l’exposition Cy Twombly au Centre Pompidou, plus d’une centaine d’œuvres ont été exposées, dont Nine discourses on Commodus, une série de neuf peintures (1963).
    Les sept périodes de Cy Twombly sont toutes aussi intéressantes les unes que les autres, mais je souhaitais présenter ici les toiles qui m’ont le plus marquée personnellement.
    Les œuvres de l’artiste se distinguent selon les époques : ses premiers travaux sont marqués par les nuances noires et blanches, et plus nous approchons la fin de sa vie, plus les œuvres sont colorées, bien qu’il reste toujours une forme de tristesse et de colère dans son travail.

    Nine discourses on Commodus, Cy Twombly (1963) De gauche à droite Part VI, Part VII, Part VIII, Part IX

    Mathilde Hezard

    En ce moment

    Articles liés

    Aurélie Van Den Daele met en scène “La Cerisaie” de Tchekhov à La Tempête
    Agenda
    97 vues

    Aurélie Van Den Daele met en scène “La Cerisaie” de Tchekhov à La Tempête

    Le rêve de jouer “La Cerisaie” au printemps et de s’inscrire dans le paysage, c’est le défi qu’Aurélie Van Den Daele, fidèle de la Cartoucherie, a décidé de relever en plongeant dans la dernière pièce de Tchekhov publiée en...

    Retrouvez l’édition 2026 du festival Le Court en dit long de retour au CWB du 1er au 5 juin
    Agenda
    92 vues

    Retrouvez l’édition 2026 du festival Le Court en dit long de retour au CWB du 1er au 5 juin

    Pour sa 34e édition, le festival Le Court en dit long propose une sélection de 41 courts métrages belges francophones récents et inédits, répartis en sept programmes thématiques : La vie d’artiste – Et l’amour dans tout ça ?...

    “Lorenzaccio” : une ode flamboyante à la vigilance, signée Sand et Musset
    Spectacle
    171 vues

    “Lorenzaccio” : une ode flamboyante à la vigilance, signée Sand et Musset

    Au Théâtre du Nord, le directeur David Bobée adapte et met en scène de manière magistrale la pièce monstre qu’Alfred de Musset avait composée, à partir du récit historique de George Sand, sur les conspirations des Médicis à Florence...