Le FAB fête ses 10 ans
« Alter », Kamchàtka © Sonia Nieto
Tourné vers la création internationale, le Festival international des Arts de Bordeaux Métropole (FAB) invente de nouvelles géographies dans les espaces publics naturels et urbains. Jusqu’au 11 octobre, habitons la ville, suivons le fleuve et « enforestons » nous !
En 10 ans, ce festival organisé par l’association FAB, la Scène nationale Carré-Colonnes, ainsi qu’une cinquantaine de partenaires de la métropole bordelaise, s’est forgé une identité à la fois audacieuse et populaire, avec de grands évènements en espace public. « Créations partagées, nuits renversées, lieux publics transformés : le festival ouvre de nouveaux chemins et bouscule les évidences. Il est devenu un rendez-vous incontournable, rassemblant près de 100.000 spectateur·rices chaque année autour des formes artistiques les plus vivantes et les plus libres », écrit Sylvie Violan, directrice et fondatrice du FAB, directrice de la Scène nationale Carré-Colonnes.
Une fenêtre ouverte sur le monde
Au programme de cette édition anniversaire : 29 spectacles et expositions, dont 10 créations ou recréations, 4 premières françaises et 70 % de représentations gratuites. Le FAB fait la part belle aux démarches hybrides ou inclassables, aux regards acérés sur les transitions du monde actuel.

« Gathering », Samar Haddad King © Sarah Dhobhany
Il offre une vitrine de la scène artistique internationale, parmi lesquels la chorégraphe américano-palestinienne Samar Haddad King pour la première française de Gathering, la libanaise Hiba Najem (théâtre et cuisine), ou encore le collectif Kamchàtka (théâtre de rue) qui explore le thème des migrations, dans une des trois cartes blanches confiées à des artistes de renom.
Habiter la ville, suivre le fleuve et s’enforester
Abolition des frontières, nouveaux chemins d’exploration… Ouvrons grand les yeux ! Au hasard d’une rue, depuis un balcon, au détour d’une place, laissons-nous surprendre par le collectif XY (cirque) dans des impromptus vertigineux fondés sur la solidarité.

« Impromptus », Collectif XY © Samuel Buton
La ville est donc un terrain de jeu où les artistes s’invitent, dialoguent avec la population et accompagnent les mutations urbaines, notamment la transformation des Allées de Tourny. 111 km : c’est la distance qui sépare la pointe du Cap Ferret de la Pointe de Grave. 111 m : c’est également la taille de la fresque réalisée par Delphine Trentacosta (Les 111 – 2024), à partir de photos aériennes du littoral girondin, œuvre qui s’étend sur toute la longueur du site afin de lui redonner sa fonction de promenade (jusqu’au 31 mars 2026).
En suivant le fleuve, le FAB propose l’exploration sensible des espaces naturels liés à l’eau. Une dernière carte blanche est proposée au photographe plongeur Nicolas Floc’h, qui amorce un travail au long cours sur la Couleur de l’eau (lire le compte rendu de l’exposition inédite Garonne océan). Pour la première fois, le FAB déploie une nouvelle ligne artistique, en résonance avec le projet urbanistique et philosophique de « Ville-Forêt » porté par la Ville de Saint-Médard, récemment élue meilleure commune de France pour la biodiversité. On y croisera les étranges installations nidicoles vivantes de Jean-Michel Caillebotte (lire le compte rendu de NiDS).

« Croire aux fauves », Les Arts Oseurs © Kalimba
Ces trois cheminements sont autant de pas de côté, afin qu’au détour d’une rue, d’un cours d’eau ou au cœur d’un bois, la surprise soit au rendez-vous, que chacun·e puisse vivre une expérience artistique, sensible et poétique. « Le FAB continue de croire que l’art peut, non seulement inventer et inviter des mondes, mais aussi transformer le monde », estime Sylvie Violan.
Sarah Meneghello
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