“Les brothers & les sisters” : une épopée familiale et poétique au Théâtre NOC 42
Il était une fois une famille avec beaucoup d’enfants. Ils habitaient Vitry, ils n’allaient pas à l’école et les plus grands s’occupaient des plus petits. Un jour, le plus grand d’entre eux, Ernesto, découvre un livre. Il ne sait pas lire et pourtant il en connaît l’histoire. Miracle ? Génie ? Supercherie ? Personne ne sait. Dans le doute, on le colle à l’école.
Sa sœur, Jeanne, l’y rejoint. Ils y restent quelques jours et puis ils en sortent, comme ils étaient arrivés : sans explication. Enfin si. Ernesto dit : “Je retournerai plus jamais à l’école parce qu’à l’école on m’apprend des choses que je sais pas.”
Cette simple phrase va bouleverser la vie de cette famille. Face au refus d’Ernesto de retourner à l’école, les parents sont démunis et l’ordre est rompu. Seule Jeanne le comprend, parce qu’elle l’aime et qu’ils partagent ensemble un secret.
Note d’intention d’Irène Boinet :
“Notre spectacle est une adaptation libre de La Pluie d’été de Marguerite Duras. Comme ce livre qui se situe à la frontière entre le roman et la pièce de théâtre, notre projet artistique oscille entre le respect de l’œuvre et son affranchissement. Il était important pour moi de garder les dialogues écrits par Duras et de me réapproprier l’histoire de La Pluie d’été, en somme de garder la forme et de changer le fond. Outre les dialogues, j’ai également voulu garder le ton humoristique de l’œuvre et les nombreux silences, si caractéristiques de l’écriture de Duras.
Ce qui m’a particulièrement plu à la première lecture de ce livre, ce sont les thèmes qui y sont abordés et plus particulièrement ceux de la famille et de l’école, deux institutions qui ont traditionnellement pour mot d’ordre la discipline et l’autorité. Cet équilibre est ici remis en question et même inversé, afin d’en montrer les failles et le ridicule. Ernesto, douze ans, sa sœur Jeanne et la bande de Brothers et Sisters, interroge ce système défaillant.
Que se passe-t-il quand les enfants prennent le pouvoir ? Quand l’élève dépasse le maître d’école ? Quand le père se voit soudain déchu de son trône de chef de famille ? Quand ce sont les enfants qui s’occupent de leurs parents ? Ce chaos n’est pas destructeur ni révolutionnaire. Il nous invite au contraire à créer une autre forme de relations familiales, plus équitables et horizontales.”
[Source : communiqué de presse]
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