“Parce que c’est toi” : une comédie douce amère sur les liens qui nous unissent
©Lisa Lesourd
Dans une histoire qui tangue de la comédie au drame, un quatuor de jeunes gens se révèlent ou se mentent, se déclarent ou se dissimulent, dans un chassé croisé constant entre l’amour et l’amitié. Savoureux !

©Lisa Lesourd
Silences
Quand Simon, l’époux dévoué de Maude, reproche à son ami Alex de la négliger, alors que Maude est la meilleure amie d’Alex, les deux copains se fâcheraient presque. Maude est alitée, très malade, et elle a besoin de réconfort. Son mari Simon se démultiplie, mais son meilleur ami Alex reste aux abonnés absents. Quel mystère, quel non-dit l’éloigne de sa meilleure amie ? Quelle était vraiment la relation entre Maude et Alex avant qu’elle ne rencontre Simon ? Et pourquoi donc Jo, la soeur d’Alex, une fille au coeur grand comme une maison, qui arrive toujours à temps pour éloigner les huissiers quand son frangin échappe à ses devoirs financiers, qui se préoccupe trop de la mauvaise santé de notre planète, résiste-t-elle à l’amour timide et respectueux de Manu, ce grand dadais à la carrure de rugbyman qui rêverait de lui faire des enfants ? Quels sont les nœuds qui empêchent ces quatre jeunes adultes au cœur tendre de basculer dans l’acceptation d’une vie sereine ?

©Lisa Lesourd
Un casting parfait
David Basant et Mélanie Reumaux ont écrit une comédie séduisante et très actuelle, dont les rebondissements nombreux reflètent à merveille les contradictions et les pièges dans lesquels certaines de nos relations amicales, amoureuses, nous plongent. Car dans cette pièce, comme chez Marivaux au 18° siècle, aucun des personnages ne dit totalement la vérité ! Dans les deux rôles de Maude, la femme mariée et de Jo, la célibataire au grand cœur, Alysson Paradis est épatante de vérité, drôle et malicieuse, face au très sincère Michaël Abiteboul qui joue un Simon cisaillé entre son lien à sa femme et à son meilleur ami. Mathieu Delarive est parfait dans le personnage de beau gosse immature d’Alex, toujours à côté de la plaque. Enfin, quatrième larron, Manu Rui Silva campe le plus gentil du groupe, avec un sens du burlesque qui touche à la tendresse et qui nous émerveille. Une réussite.
Hélène Kuttner
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