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    Interview de Mike Mills

    12 juin 2011
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    mikemills

    Vous ne cachez pas que le film est inspiré de votre propre vie, dans quelle mesure peut-on dire qu’Oliver vous ressemble ?

    Quand j’ai écrit le scénario, je pense que je n’ai pris qu’une petite partie de moi pour créer Oliver. Les êtres humains sont trop complexes pour être résumés en 1h45 de film. Et puis Oliver est aussi issu du travail d’Ewan McGregor. Avec une autre équipe technique, un autre acteur, Oliver n’aurait juste rien à voir avec celui qu’on découvre dans mon film.

    Le film aborde la relation père-fils mais vous semblez avoir beaucoup à dire aussi sur votre mère, qui semble avoir été un personnage exceptionnel et singulier…

    C’est plutôt un film sur les couples : le père et son fils, Oliver et Anna, Oliver et le chien, le père et son amant. Mais oui, j’ai beaucoup à dire sur ma mère même si je suis comme tous les hommes, tout ce que je fais est sur et pour ma mère.

    Ewan McGregor livre une interprétation brillante et très juste. Avez-vous toujours pensé à lui pour le rôle ?

    Je n’écris pas avec un acteur dans la tête. J’ai besoin d’un acteur fictionnel pour laisser libre court à mon imagination et puis jamais je n’aurais pensé avoir une star comme Ewan pour mon film, je ne suis pas assez connu. (rires)

    Est-ce que l’actrice qu’interprète Mélanie Laurent a toujours été française dans votre scénario ou avez-vous fait des modifications en conséquence de ce choix ?

    Non, je ne pensais pas à l’origine à en faire une Française. Je voulais juste en faire un personnage fort, sauvage mais jamais fou. Et puis, à New York comme à Los Angeles, j’ai beaucoup d’amis qui forment des couples de multinationalités, donc ça ne me choque pas du tout.

    Pensez vous que la tristesse que vous abordez dans votre film pourrait être le mal du siècle ?

    Déjà il faut séparer les notions de dépression, qui est une maladie et qui se soigne, et de tristesse. Mes parents sont nés en 1948, je suis né en 1966 et je crois qu’aujourd’hui la tristesse est un état plus assumé, moins jugé. Dans mon travail, j’essaye de toujours lui laisser une place et pourtant je ne veux pas non plus traiter de cette mélancolie hype, arty dénuée de toute vérité humaine. Il y a quelque temps j’ai tourné un documentaire au Japon sur la prise d’anti-dépresseurs. La morale en était que la dépression est la nouvelle Peste.

    Quels sont vos projets après ce film qui vous touche d’aussi près ?

    Je ne pense pas faire quelque chose d’aussi personnel de sitôt. (rires). Mais je travaille actuellement avec mes amis, les gens que je connais, je leur pose des questions, je fais des interviews. C’est ma manière de travailler. Je veux parler d’histoire, de pouvoir, des relations entrela grande Histoire et les petites.


    Propos recueillis par Lucile Bellan
    (Twitter)

    A lire sur Artistik Rezo :
    Drawing from the film Beginners – signature chez Colette, le 8 juin 2011

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