0 Shares 2663 Views

    unSolub : “J’ai toujours préféré l’action au résultat.”

    13 octobre 2015
    2663 Vues
    unsolub3

    unSolub : “J’ai toujours préféré l’action au résultat.”

    Passage des Gravilliers
    Entrée par le 10 rue Chapon
    et le 19 rue des Gravilliers
    75003 Paris

    M° Rambuteau, Arts et Métiers (lignes 3 et 11)

    www.unsolub.com

    FB : unSolub

    FB : the.passage.pas.sage

    P1120291Rencontre avec unSolub, l’artiste qui vient de donner vie, passage des Gravilliers à Paris, à 250 m2 de fresque. Un univers onirique peuplé de machines volantes…

    Pourquoi “unSolub” ?

    unSolub, c’est un personnage issu d’un dilemme, de ce jeu de rôle qui est l’expérience quotidienne du graffeur. En fait, deux personnages : l’un solide, l’autre soluble. “Soluble” est celui qui est très cartésien, terre à terre, conscient de la fragilité de ses supports d’expression, en perpétuelle mouvance. Il produit beaucoup, sur beaucoup de supports. Face à lui, “solide” est un héros, un personnage sans limites, utopique, proche de l’enfant aussi. C’est ma facette romantique, qui me porte souvent très loin. J’ai toujours voulu faire vivre ces deux personnages en moi…

    Qui êtes-vous quand vous n’êtes pas unSolub ?

    Justement, je travaille la sculpture, des matériaux beaucoup plus permanents…

    250 m2 de fresque, dix semaines de travail, une centaine de bombes… Qu’est-ce qui vous a donné envie de relever ce défi ?

    C’était un peu une façon de me défendre. Ce personnage d’unSolub, je le porte depuis une décennie. Dans cet univers d’initiés qu’est le graffiti, il a été pour moi quelque chose d’intime. C’était l’occasion de lui donner un visage public, de l’assumer. Ce projet lui ressemblait. J’ai toujours préféré l’action au résultat, la pulsion à ce qui en résulte. La surface, c’est la rue. Elle te parle, tu lui réponds. Elle n’est pas vierge, elle a une empreinte. La rue, pour moi, suppose un rapport d’humilité avec la création.

    P1120602Comment le projet s’est-il construit ?

    À l’initiative de quatre galeries : Christian Berst art brut, Sator, under construction gallery et Paper ! Tiger ! Elles ont pensé aux graffs pour transformer ce passage. Beaucoup de thèmes ont été suggérés par les uns et les autres, j’ai décidé de tous les garder – je me pose souvent des défis ! L’élément noir et blanc, unifié par le niveau de gris, a été la mécanique pour associer ces idées. Parmi ces idées, figurait l’influence d’Hokusai, avec des vagues. Mais encore celle du Douanier Rousseau, avec une végétation luxuriante, presque naïve. Et un personnage dont je suis tout de suite tombé amoureux : Gustave Mesmer, inventeur de machines à voler. Un être attendrissant et touchant, qui incarne le mythe d’Icare…

    2015-unSolub IMG 8277 copieC’est une immersion dans votre univers…

    Oui, on se retrouve un peu à l’intérieur de mon black book, de mon cahier. De par son architecture, ce boyau offre un vrai déroulé, une ascension. Peu importe qu’on arrive d’un côté de l’autre ou de l’autre, d’ailleurs. Les scènes oniriques de machines volantes laissent place à une nature foisonnante, de plus en plus dense. Avec quelque chose de sombre, aussi…

    P1120412Comment cela a-t-il été perçu dans le voisinage ?

    Je suis arrivé le 1er août pendant les vacances. J’ai dû être pédagogue avec les propriétaires, qui n’étaient pas tous au courant. Tous y ont été de leur avis, parfois de leur critique. Mais au-delà de ça, tout le monde a compris la démarche, personne ne l’a refusée… Quand quelque chose est porté de manière sincère, je crois qu’il finit par être compris.

    Sophie Pujas

    Photographies Pierre-Emmanuel Rastoin

    En ce moment

    Articles liés

    « Le Château d’Orgon » : une comédie décapante qui balaye tous les clichés de la bien-pensance
    Spectacle
    457 vues

    « Le Château d’Orgon » : une comédie décapante qui balaye tous les clichés de la bien-pensance

    Au Studio Hébertot, huit jeunes comédiens nous réjouissent dans une comédie acide signée Guillaume Gallix, inspirée de Molière et Goldoni, qui raconte la ridicule aventure d’un père de famille veuf, propriétaire d’un somptueux domaine avec château, qui convoque enfants...

    « Mentor » ou la relation d’emprise entre un maître et son élève
    Spectacle
    738 vues

    « Mentor » ou la relation d’emprise entre un maître et son élève

    Au Studio Hébertot, Lara Aubert interprète une jeune contrebassiste sous l’emprise de son professeur, dans une pièce poignante qu’elle vient d’écrire. A ses côtés, Alexis Desseaux campe l’enseignant virtuose et manipulateur, dans un cours de musique ou la complicité...

    Ville autoportrait – Sébastien Mehal
    Art
    623 vues

    Ville autoportrait – Sébastien Mehal

    Curatée par le collectif TAK Contemporary, l’exposition personnelle de Sébastien Mehal, présentée à la Galerie Hoang Beli, convoque la ville comme un corps collectif façonné par nos psychologies individuelles. Les œuvres sont tissées comme un patchwork de points de...