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« De Mexico à Paris » – Jesse A. Fernández – Institut Culturel du Mexique

Mexique, Jesse A Fernandez 1957

A l’occasion de la semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes 2018, l’institut Culturel du Mexique propose une exposition de Jesse A. Fernández jusqu’au 24 août…

L’exposition réunit une série de photographies prises en lumière naturelle, sans artifice, dans leur propre environnement, dans le respect du leitmotiv du photographe : « La photo est un état d´esprit ». Ce témoignage, constitué d’une sélection de photographies très connues et d’autres demeurées inédites, cherche à reconstruire la chronique par Jesse A. Fernández d’un Mexique en pleine mutation : avec une forte migration des zones rurales vers les zones urbaines, comme un besoin d’adaptation à une nouvelle réalité ou à un nouvel emploi, mais avec des rituels religieux et culturels traditionnels toujours très présents. Ce voyage de Jesse A. Fernández au Mexique a marqué le début d’une amitié profonde avec nombre de ces personnalités de la culture mexicaine et ibéro-américaine qu’il sera amené à revoir tout au long de sa vie, dans les différents pays où différents il vécut.

A propos de Jesse A. Fernández

Jesse Antonio Fernández naît à La Havane en 1925. A sept ans, il part avec sa mère et son frère s’installer dans les Asturies, leur région d’origine, pour fuir la dictature de Gerardo Machado. En 1936, la guerre d’Espagne débute et la famille retourne à Cuba, à bord du dernier bateau quittant Santander. « À mon arrivée à Cuba, j’ai été confronté à un choc culturel… puis, comme je suis très cubain, j’ai ensuite passé ma jeunesse au rythme du ‘danzón’. »

A quinze ans, Jesse A. Fernández entre à l’Académie des beaux-arts San Alejandro de La Havane. Doué pour le dessin, il y est élève quelques années, puis part à Philadelphie suivre des études d’ingénieur électronique, une voie qu’il abandonne rapidement pour se consacrer à l’art. À New York, il étudie la peinture avec George Grosz et Preston Dickinson. En 1948, il rencontre Wifredo Lam qui le présente aux artistes européens vivant alors à New York : Marcel Duchamp, Estéban Frances, Friedrich Kiesler, entre autres. Aux réunions du « Painter’s club » de la 8e rue, il se lie avec Willem de Kooning, Jackson Pollock, Robert Motherwell, Milton Resnick.

Entre 1952 et 1954, il travaille dans une agence de publicité à Medellín (Colombie), où il rencontre Fernando Botero et Gabriel García Márquez. Il commence la photographie :
« Elle devint pour moi une forme de contact avec la réalité. C’est là que j’ai trouvé ma propre technique. Je ne connaissais rien à la photo, je ne savais même pas ce qu’était un diaphragme. Je m’enfermais avec des tonnes de livres et j’ai appris. Je suis un puriste et j’ai été influencé par Henri Cartier-Bresson et Walker Evans. »

De retour à New York, il travaille comme photo-reporter et, diffusées par Gamma, ses photographies sont publiées dans les grands magazines. En 1958, il devient directeur artistique du magazine Visión. Il voyage dans toute l’Amérique centrale avant de photographier, en 1959, à la demande de son ami Guillermo Cabrera Infante, Fidel Castro et les débuts de la révolution cubaine pour Revolución et Lunes de Revolución.

Fin 1959, il repart à New York et se consacre à la peinture : « À mon retour à New York j’avais changé et je décidais de repartir à zéro. C’est alors que les premiers crânes apparurent. Beaucoup de ces crânes sont des paysages. Et je recommençais sans cesse. Le jour arriva donc où, à mon sens, je m’étais débarrassé du symbolisme. C’était juste devenu une question d’espace. »Habitant le « Village », il rencontre régulièrement Jorge Luis Borges, Joan Miro, Antoni Tapies, Antonio Saura, et enseigne la peinture à la School of Visual Arts.

À la fin des années 1960, en quête d’un environnement plus favorable à la création, il alterne son enseignement à New York avec des séjours à Porto Rico, où il écrit des critiques pour le San Juan Star et expose son travail.
De 1974 à 1976, il vit entre Tolède, qu’il appelle « la plus belle ville du monde », et Madrid où son travail est régulièrement exposé, notamment ses « boîtes » – synthèse symbolique d’associations entre sa lecture personnelle de l’histoire et la culture universelle. En 1977, il s’installe en France où il réalise des photographies d’architecture et des portraits d’artistes comme Joan Mitchell, Francis Bacon, Henri Moore, tout en participant à de nombreuses expositions personnelles et collectives.

Au début des années 1980 sont publiés Retratos, rassemblant ses nombreux portraits d’artistes et d’écrivains, et Les Momies de Palerme, « reportage hallucinant », écrira Dominique Fernandez, fruit de deux mois de prises de vues des milliers de momies des catacombes du couvent des Capucins. Jesse A. Fernández meurt à Neuilly-sur-Seine le 13 mars 1986 et repose au cimetière du Père-Lachaise.

Des rétrospectives importantes ont permis de redécouvrir le travail de Jesse A. Fernandez, au Musée national d’art Reina Sofia à Madrid en 2003, à la Maison de l’Amérique latine à Paris en 2012 et au Nelson Atkins Museum à Kansas City en 2016. Ses œuvres figurent, entre autres, dans les collections du MoMA et du Museo del Barrio à New York, du Centre Pompidou à Paris, du Musée national d’art Reina Sofia à Madrid, ainsi que dans de nombreuses collections privées.

[ Source : communiqué de presse ]

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