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Joël Andrianomearisoa, David Brognon et Stéphanie Rollin, Laura Henno, Josèfa Ntjam sont les quatre artistes nommés pour l’édition 2026 du Prix Marcel Duchamp

3 février 2026
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Le 8 janvier dernier, dans les salons de la maison Artcurial à Paris, Claude Bonnin, président de l’ADIAF, a dévoilé les noms des quatre artistes nommés pour la 26e édition du prix Marcel Duchamp : Joël Andrianomearisoa, David Brognon et Stéphanie Rollin, Laura Henno, Josèfa Ntjam. L’un d’entre eux succèdera à Xie Lei, lauréat 2025.

Les quatre artistes nommés de l’édition 2026 présenteront leurs œuvres dans une exposition dédiée au sein des collections du Musée d’Art Moderne de Paris, en accès libre, du 2 octobre 2026 au 14 février 2027.

L’annonce du lauréat de l’édition 2026 aura lieu au Musée d’Art Moderne de Paris, le jeudi 22 octobre 2026, durant la semaine de l‘art. Créé par l’ADIAF en 2000 et organisé depuis le départ en partenariat avec le Centre Pompidou, le Prix Marcel Duchamp est l’un des grands prix de référence dans le monde de l’art contemporain. Il est doté de 90 000 euros, dont 35 000 euros sont remis à l’artiste lauréat. Depuis sa création, le Prix Marcel Duchamp a distingué nombre d’artistes devenus des figures incontournables de la scène internationale.

Les travaux de rénovation du bâtiment historique du Centre Pompidou ayant nécessité de trouver un nouveau lieu, les expositions du Prix Marcel Duchamp de 2025 à 2029 sont présentées au Musée d’Art Moderne de Paris, dans le cadre d’un partenariat entre le Centre Pompidou, l’ADIAF et le Musée d’Art Moderne de Paris / Paris Musées.

L’exposition des artistes nommés pour le Prix Marcel Duchamp 2025, Bianca Bondi, Eva Nielsen, Lionel Sabatté, Xie Lei, se tient jusqu’au 22 février 2026 au Musée d’Art Moderne de Paris, plus d’informations ici

Les artistes de la 26e édition du Prix Marcel Duchamp

Joël Andrianomearisoa
Né en 1977, à Antananarivo (Madagascar)
Diplômé de l’École spéciale d’architecture (Paris) en 2003

Joël Andrianomearisoa s’exprime à travers différents médiums et matériaux, cherchant à donner forme à des récits non explicites, souvent abstraits. De la sculpture aux installations, de l’artisanat aux écritures, du textile à l’architecture, il adopte une approche plurielle qui s’inspire de ses essences malgaches mais surtout du monde et de ses multiples géographies. Imprégné d’expériences émotionnelles complexes, son travail donne naissance à des œuvres délicates et aussi en tension comme nos souffles de vie. Une série d’exercices en constante évolution… des recherches permanentes autour de la matérialité des émotions.

Joël Andrianomearisoa a présenté son travail dans plusieurs institutions prestigieuses à travers le monde et dans le cadre de diverses manifestations majeures : il a exposé à la Kunsthalle Praha de Prague, au Dallas Contemporary, au Smithsonian National Museum of African Art à Washington DC, au Macaal à Marrakech, à la Biennale de Dakar, à la Biennale de Sydney, au Centre Pompidou à Paris, à la Hamburger Bahnhof et à la Haus der Kulturen der Welt à Berlin. En 2019, il a représenté pour la première fois Madagascar à la 58ᵉ Biennale de Venise avec une installation monumentale pour son pavillon national. Ses œuvres font partie des collections du Zeitz Mocaa (Cape Town), de la Smithsonian (Washington DC), du Studio Museum in Harlem (New York), du Musée Sztuki (Łódź) et de la collection Yavarhoussen (Antananarivo). En 2025, trois œuvres emblématiques entrent dans la collection permanente du Metropolitan Museum of Arts à New York (États-Unis). En 2020, Joël Andrianomearisoa crée à Antananarivo un espace indépendant dédié aux artistes avec la complicité de son ami Hasnaine Yavarhoussen : Hakanto Contemporary incarne l’engagement de l’artiste envers la scène créative de son pays natal. Au cours de sa carrière, il a reçu plusieurs distinctions dont le prix Arco Madrid Audemars Piguet en 2016. En 2019, la République de Madagascar le nomme Chevalier des Arts et des Lettres et en 2024, la France le fait Chevalier des Arts et des Lettres. En 2025, Joël Andrianomearisoa est nommé Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, à Madagascar.

Joël Andrianomearisoa – Things and something to remember before daylight, Exposition Galerie Almine Rech, 2024, © Nicolas Brasseur, Courtesy of the artist and Almine Rech

David Brognon et Stéphanie Rollin
Né en 1978 à Messancy (Belgique) – Née en 1980 à Luxembourg (Luxembourg)

David Brognon et Stéphanie Rollin vivent et travaillent à Paris et au Luxembourg. Les deux artistes démarrent leur collaboration en 2006, après leur rencontre au MUDAM de Luxembourg. Ensemble, ils développent un travail singulier (installations, sculptures-objets, vidéos, performances, photos), dont l’humain est le matériau principal et la rencontre le moteur. À partir de situations réelles et le plus souvent complexes, ils donnent corps à l’expérience du temps, de la durée ou de l’attente, en prise directe avec la matérialité d’un territoire et de ses limites – en particulier dans le contexte de situations d’enfermement. Attentifs à la marge plutôt qu’au centre, les artistes s’intéressent aux interstices flous où la société cantonne celles et ceux qu’elle marginalise ou invisibilise. Par ses méthodes et ses formes finales, synthétiques et épurées, ce travail s’inscrit dans une généalogie issue de l’art conceptuel, mais se fonde avant tout sur une capacité d’attention et d’empathie exceptionnelle envers les personnes et situations sociales rencontrées. Issue d’un long processus de création entre analyse sociale, recherches et immersion sur le terrain, leur pratique artistique s’appuie sur l’observation, le dialogue et la co-construction avec les personnes concernées. Leur capacité à diffracter et poétiser le réel, en combinant faits, objets, anecdotes ou éléments symboliques, crée une œuvre polysémique qui s’imprime dans le regard du spectateur, invité à saisir ce qui gît ou vibre sous l’ordre apparent du visible. Leurs travaux font partie de plusieurs collections publiques : Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, Paris / MUCEM, Marseille / The Israel Museum, Jerusalem / MAC VAL, Val de Marne / Collection MUDAM, Luxembourg / BPS22, Belgique / CNAP, France / MAC’S – Grand-Hornu, Belgique / FRAC Ile-de-France, FRAC Alsace, FRAC Poitou-Charentes et FRAC Lorraine, France.

L’avant-dernière version de la réalité – BPS22 (Charleroi) © Leslie Artanonow

Laura Henno
Née en 1976, à Croix

Photographe et cinéaste, Laura Henno construit une œuvre résolument politique, où chaque projet met en lumière des réalités parallèles, souvent marquées par le déplacement ou la migration. À travers des films et des photographies, elle explore la géopolitique de l’archipel des Comores, retraçant la complexité des migrations dans cette zone de l’océan Indien. Elle s’intéresse particulièrement aux vies clandestines qui se forment dans les interstices invisibles de Mayotte, depuis sa séparation avec le reste de l’archipel. Privilégiant une approche immersive au sein des communautés qu’elle suit pendant plusieurs années, l’artiste construit des relations fortes avec ses protagonistes. Sa série Outremonde met en scène les habitants d’un campement perdu dans le désert de Sonoran en Californie. Slab City, véritable No man’s Land enclavé dans une base militaire, est peuplé de marginaux abandonnés par une société dont ils se sont détachés. En éclairant les destins incertains de populations oubliées, Laura Henno sonde une géopolitique de la marge, en dialogue avec la grande tradition de la photographie documentaire américaine. Après des études de photographie à l’ENSAV de La Cambre, Laura Henno a suivi des études de cinéma au Fresnoy. Lauréate du Prix Découverte des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles en 2007 puis du prix SAM pour l’art contemporain en 2019, l’artiste multiplie les expositions personnelles en France et à l’étranger, au Palais de Tokyo, au Frac Auvergne, au Musée de la Photographie de Charleroi et au Centre Wifredo Lam dans les trois dernières années et participe à de nombreuses expositions collectives, comme au Louvre Lens, au Palais de la Porte Dorée, au Nouveau Printemps ou à la Nuit Blanche. En 2025, le Centre Pompidou fait l’acquisition d’un important triptyque vidéo.

Barbarella, Slab City (USA), 2024
Tirage jet d’encre à pigment / Pigment inkjet print © Laura Henno

Josèfa Ntjam
Née en 1992, à Metz

Josèfa Ntjam est une artiste, performeuse et écrivaine dont la pratique combine la sculpture, le photomontage, le film et le son. Puisant la matière première de son travail sur Internet, dans des livres de sciences naturelles et des archives photographiques, Ntjam utilise la méthode de l’assemblage — d’images, de mots, de sons et d’histoires — pour déconstruire les discours hégémoniques sur les notions d’origine et d’identité. Son travail tisse de multiples récits tirés d’enquêtes sur des événements historiques ou des découvertes scientifiques, auxquels elle confronte des références à la mythologie africaine et à la science-fiction. Ces discours et iconographies apparemment hétérogènes sont rassemblés dans un effort de réappropriation de l’Histoire, à laquelle Ntjam confronte des constructions narratives explorant des espaces-temps à venir — des “entre-deux mondes” où les systèmes de perception et de nomination d’entités fixes sont déjoués. Les expositions individuelles et en duo de Ntjam comprennent Institut d’art contemporain – IAC Villeurbanne, FR (2025–26) ; swell of spæc(i)es, 60e Biennale de Venise, Accademia di Belli Arti, IT (2024) ; Fondation Pernod-Ricard, Paris, FR (2023–24) ; The Photographers’ Gallery, London, UK (2022) ; FACT, Liverpool, UK (2022).

Josefa Ntjam, swell of spæc(i)es, 2024. Installation view as part of the official collateral events at the 60th Venice Biennale, commissioned by LAS, Berlin (1).jpg

Le Jury du Prix Marcel Duchamp 2026

  • Xavier REY, Directeur du Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris, Président du Jury
  • Claude BONNIN, Collectionneur, Président de l’ADIAF
  • Akemi SHIRAHA, Représentante de l’association Marcel Duchamp
  • Fabrice HERGOTT, Directeur du Musée d’Art Moderne de Paris
  • Fernando ARRIOLA, Collectionneur (Espagne)
  • Kader ATTIA, Artiste (France)
  • Berlinde DE BRUYCKERE, Artiste (Belgique)
  • Karin HINDSBO, Directrice de la Tate Modern, Londres
  • Christophe LERIBAULT, Président du château de Versailles
  • Marie-Cécile ZINZOU, Collectionneuse (France, Bénin)

À propos de l’ADIAF

Fondée en 1994, présidée d’abord par Gilles Fuchs, puis, depuis 2021, par Claude Bonnin, l’ADIAF réunit actuellement 300 collectionneurs d’art contemporain. Soutenue par des entreprises mécènes et travaillant en partenariat étroit avec les institutions publiques, l’ADIAF s’est donnée comme mission de mettre en lumière la scène française et de contribuer à son rayonnement international.

Instrument phare de cette action, Le Prix Marcel Duchamp a pour ambition de distinguer les artistes les plus novateurs de leur génération, de promouvoir la diversité des pratiques aujourd’hui à l’œuvre dans le domaine des arts visuels, et de soutenir la visibilité de la scène française dans le monde.

Dans la continuité de son engagement, l’ADIAF a lancé en 2022 les Bourses ADIAF EMERGENCE, dispositif de soutien à des artistes de moins de 40 ans, commissaires d’exposition et jeunes diplômés d’écoles d’art, afin d’accompagner leur trajectoire de développement et de reconnaissance.

[Source : communiqué de presse]

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