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    L’artiste iranienne Elika Hedayat expose “Haroum” au Drawing Lab

    1 décembre 2025
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    Elika Hedayat, Haroum #11, 2025, 66 x 74 cm, crayons et aquarelles sur papier © Courtesy de l’artiste et de la Galerie Aline Vidal

    Le Drawing Lab, fidèle à sa vocation d’espace d’expérimentations dédié au dessin contemporain, accueille jusqu’au 4 janvier 2026 l’exposition “Haroum” d’Elika Hedayat, lauréate du Drawing Lab Project 2025. Sélectionnée par un comité d’experts à l’issue de l’appel à projets “Le dessin en mouvement(s)”, l’artiste, accompagnée de la commissaire Valentina Ulisse, propose une traversée où le trait se déploie bien au-delà de la feuille.

    Dans plusieurs ouvrages de la littérature perse écrits entre le Xe et le XIIe siècle, Haroum est décrite comme une ville gouvernée par des femmes savantes, qui vivent en égalité et en paix avec l’environnement. Libres et indépendantes, elles semblent faire écho aux Amazones, femmes guerrières de la mythologie gréco-romaine, devenues un symbole de l’émancipation des femmes et de l’égalité des sexes.

    Dans ces anciennes épopées perses, animaux et créatures imaginaires occupent une place remarquable et, en constante alliance avec les humains, contribuent à brouiller les frontières existantes entre les genres et entre les espèces. Simorgh, par exemple, oiseau longévif à la connaissance inestimable, est un personnage central et métamorphique, créature ni féminine ni masculine.

    Pour donner forme à sa propre vision de Haroum, l’artiste Elika Hedayat a souhaité mêler les références comme dans un “jeu de ficelles” fait de tours et d’écheveaux, proche de la “fabulation spéculative” de Donna Haraway.

    Elle s’est nourrie autant de la littérature mythique de l’Iran, son pays natal, que de la littérature de science-fiction féministe et écologique contemporaine, tout en prenant comme fondement des théories scientifiques transdisciplinaires autour d’une idée de symbiose qui s’étend du vivant au technologique.

    Elika Hedayat, Haroum, crayons et aquarelles sur papier © Courtesy de l’artiste et de la Galerie Aline Vidal

    Aux tonalités fantastiques, son récit n’oublie pourtant pas l’actualité et les luttes des femmes iraniennes aujourd’hui. Elles sont constamment évoquées par l’artiste à travers l’utilisation de cheveux noirs (matières vivantes), de prises et de câbles (éléments technologiques).

    Se faufilant dans l’espace, ces filaments qui relient et connectent organismes et territoires se libèrent des constrictions et des pouvoirs. Ce sont les cyborgs, des présences-guides dans la narration. Leur intervention est discrète mais rhizomique : elles sont au cœur de l’évolution culturelle féministe et symbiotique de Haroum, qu’Elika Hedayat envisage comme une ville du futur.

    L’exposition pensée pour le Drawing Lab se veut une découverte de ce monde encore en construction. Dans les œuvres de l’artiste, Haroum apparaît comme une ville-laboratoire, en état embryonnaire ou au stade de maquette. Inspirées de la lecture de Vinciane Despret et des ingénieries animales observées par la « théroarchitecture », ces élévations montrent un art de l’édification qui n’est plus uniquement humaine, mais interespèce.

    Vue de l’exposition Haroum d’Elika Hedayat © Nicolas Brasseur / Drawing Lab

    Elika Hedayat
    Née à Téhéran (Iran) en 1979, vit et travaille à Paris

    Après des études de communication visuelle à l’Université publique d’Art de Téhéran, elle arrive en France en 2004. Elle est ensuite admise à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier d’Annette Messager, d’où elle sort avec les Félicitations du Jury en 2008. Elle intègre par la suite Le Fresnoy, le studio national des arts contemporains à Tourcoing. Son travail a été montré dans plusieurs expositions personnelles et collectives en France, en Iran, aux États-Unis et en Corée du Sud, entre autres. Sa dernière exposition personnelle, « Les dépossédés » s’est tenue en 2023 au Centre d’Art de Malakoff, sous le commissariat de Françoise Docquiert. Ses œuvres ont rejoint les collections de plusieurs institutions privées et publiques dont le FRAC Picardie, le Fonds d’art contemporain – Paris Collections, le CNAP et le MAC VAL.

    Elika Hedayat est représentée en France par la Galerie Aline Vidal (Paris).

    Dans l’œuvre d’Elika Hedayat, réalité, mémoire et imaginaire s’entrelacent. Tous les médiums — dessins, peintures, vidéos, films, installations, performances… — sont mobilisés pour raconter un monde en plein bouleversement, où le quotidien bascule dans le rêve. L’ensemble de sa production revisite des références historiques, qu’elle transpose dans le champ de l’expérience personnelle ou de la fiction. Ses scénarios sont peuplés à la fois de références réelles et politiques, de paysages fantastiques, et de personnages oniriques, mi-humains, mi-animaux, mi-végétaux, en constante métamorphose.

    Elika Hedayat © Ashkan Noroozkhani

    [Source : communiqué de presse]

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