Le futur s’annonce rayonnant pour l’art chinois : Art Paris Art Fair discute l’offre artistique chinoise
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Le futur s’annonce rayonnant pour l’art chinois : Art Paris Art Fair discute l’offre artistique chinoise |
Se consacrant au pays invité de cette édition et coïncidant avec la visite très anticipée du président chinois Xi Jinping à Paris, la deuxième conférence d’Art Paris Art Fair accueillait quatre personnalités de la scène artistique chinoise pour parler du futur de cette expression et de la situer dans son passé historiquement très riche. Présidée par Silvie Seidlitz, expert mandatée par la foire pour l’initiative « La Chine à l’honneur », la table ronde servait de plateforme pour les opinions éclairées de Karen Smith, critique d’art ; Dr Uli Sigg, un des plus grands collectionneur d’art chinois dont la donation majeure au M+ à Hong Kong renforça grandement la collection du musée ; Katie de Tilly, directrice de la 10 Chancery Lane Gallery à Hong Kong ; et Katie Hill, directrice de l’OCA (Office of Contemporary Chinese Art). La question du jour s’intitulait « L’art en Chine aujourd’hui, que réserve l’avenir ? ». Le public, visiblement enthousiaste, a rempli l’auditorium. La discussion commença avec Karen Smith promouvant la nécessité pour nous occidentaux de redéfinir notre vision préconçue de ce que doivent être et comment doivent être organisés les collections des musées. Les musées chinois ne peuvent être définis à travers leurs « collections ». Le paysage artistique du pays est bien trop vaste pour cela, et l’intérêt pour la collection bien trop récent pour pouvoir appliquer la même approche de la collection qu’en Europe. Le panel souligne les forts développements récents qui ont eu lieu en Chine, notamment concertant l’arrivée de nombreuses nouvelles galeries et un focus international beaucoup plus fort sur l’art non seulement chinois mais également asiatique. Le panel insista longuement sur le processus d’évolution de la Chine sur les dernières décennies. Katie de Tilly vanta le travail de sa galerie beaucoup plus orienté vers une mission de service public que celles des premiers collectionneurs qui se concentrait sur des cercles plus fermés et isolés. Un consensus se format sur le fait que la Chine reçoit une réponse grandissante de la part de son public, fortement aidé par la création d’événements comme la Biennale de Shanghai qui a vu d’excellentes participations. À travers une approche plus technique du sujet, le docteur Uli Sigg insista sur l’importance de l’encre dans l’art contemporain chinois ainsi qu’un fort traditionalisme dans la pratique. Il exprima également quelques inquiétudes sur le fait que les collectionneurs chinois restent encore relativement ignorants de tout ce qui concerne l’art vidéo ou les installations. Il mentionna notamment le prix de ces œuvres digitales comme raison au peu de succès qu’elles rencontrent et pour entrer très tardive sur le marché de l’art local. Il existe toujours une certaine prudence de la part des collectionneurs, ce qui limite le marché et l’empêche d’atteindre son plein potentiel : les galeries et les collectionneurs restent toujours dubitatif face à l’art abstrait. Ces interrogations viennent peut-être l’éducation traditionnelle chinoise de la plupart des artistes ; la première exposition étrangère majeure n’a eu lieu en Chine qu’en 1979 et présentait typiquement de la peinture française, une tendance qui a rendu difficile pour les artistes de sortir du style classique et se forger une identité contemporaine individualiste. Cela dit, Katie Hill rappela à l’auditoire que certaines galeries contemporaines chinoises ont pris de très grands risques dans l’intérêt de faire découvrir l’art contemporain chinois. Elle cita notamment la Red Gate Gallery comme un catalyseur de ce changement. Dans l’ensemble, le panneau a beaucoup mis en valeur les efforts des artistes chinois qui, en dépit d’un manque de ressources de première main pendant une grande partie de leur éducation artistique, ont produit des œuvres qui sont indéniablement pertinentes et atteignent des chiffres de vente très élevés dans le marché de l’art globalisé d’aujourd’hui. Pour répondre à la question : le futur artistique de la Chine est en expansion continue, avec des musées qui s’ouvrent en continue, prêts à apporter leur contribution cette scène passionnante. Art Media Agency |
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