“Lo que vi Chili 1973-2022”, une exposition de l’artiste franco-chilienne Paz Corona à la Brownstone Foundation
La Brownstone Foundation présente du 3 au 21 septembre l’exposition Lo que vi Chili 1973-2022 de l’artiste franco-chilienne Paz Corona. Composée de trois films et d’une installation en céramique de 1500 fleurs, pensée en référence aux Nymphéas de Monet, Lo que vi Chili 1973-2022 retrace avec poésie l’histoire mouvementée du Chili et son inexorable répétition.
Née à Santiago, Chili, Paz Corona émigre en France à l’âge de 5 ans suite au coup d’État de Pinochet (1973) pour n’y retourner que quarante ans plus tard. Quarante ans, c’est également le temps qu’il a fallu au peuple chilien pour descendre dans la rue et se soulever. Les événements politiques survenus au Chili en octobre 2019, date où plusieurs des films ont été tournés de manière contingente, ont inscrit cette exposition dans une actualité brûlante.

Vue de l’exposition Lo que vi Chili 1973-2022 © Camille Berthelin
Avec Lo que vi Chili 1973-2022, Paz Corona retrace l’histoire de son pays natal, qu’elle mêle à son propre récit, un parcours initiatique en quête de réconciliation. Le spectateur déambule dans cette vaste métaphore du passage cyclique du temps, pour éprouver et penser ce qui se répète dans l’histoire : celle du Chili, et celle du monde.
La scénographie choisie par l’artiste évoque formellement l’image d’une fleur, symbole de renaissance. Elle permet de faire dialoguer les trois films, qui se questionnent et se répondent mutuellement.
La vidéo Santiago 1973-2019 se déploie sur un écran double où Passé et Présent se répondent. Les images actuelles se mêlent aux images d’archives pour montrer la tragique similitude de la réaction de l’État chilien face à la population : la violence physique, le viol, la torture, les disparitions. L’Histoire émerge de l’histoire.
Atacama retrace une performance accomplie par l’artiste à son arrivée au Chili. Paz Corona trace pendant quatre heures un immense signe de l’infini sur le sol du désert d’Atacama, où ont péri tant de persécutés de la dictature. C’est une manière pour l’artiste de montrer l’horreur tout en la voilant, et de l’inscrire dans un processus poétique de réconciliation par l’art.
Nero, un plan fixe tourné sous la lumière Grecque, symbolise à la fois le déracinement et l’espoir de la démocratie.

© Camille Berthelin
L’installation en céramique placée au sol, constituée de mille cinq cents fleurs, fait le lien entre chaque film et matérialise le chemin initiatique parcouru par l’artiste, puis par le spectateur.
C’est en voyant une photographie du désert d’Atacama en fleurs que cette installation germe dans l’esprit de l’artiste. Atacama est un des déserts les plus arides du monde. C’est aussi le lieu qui a vu échouer bon nombre des disparus de la dictature. Cette association poétique entre les fleurs et la mort a évoqué chez l’artiste les célèbres nymphéas de Claude Monet, peints après la mort de son fils à la guerre et offerts à laFrance en hommage à la paix.
Paz Corona est représentée par la galerie Les filles du Calvaire
(17 rue des Filles-du-Calvaire, 75003 Paris)
À propos de la Brownstone Foundation
La Brownstone Foundation a été créée en 1999 par Gilbert Brownston avec pour objectif de soutenir et d’accompagner des actions sociales et humanitaires en faveur du développement de la culture et de l’éducation.
Elle agit en faveur de la création artistique et de l’éducation avec un accent particulier sur la culture latino-américaine et notamment cubaine.
Engagée en faveur de la justice sociale, elle organise des projets artistiques et culturels divers : résidences, bourses, expositions.
Vernissage le samedi 3 septembre de 15h à 21h
[Source : communiqué de presse]
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