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10 questions à Softtwix

L’équipe a rencontré Softtwix à l’occasion de son solo show à la Galerie Artistik Rezo, prévu du 3 au 30 juin 2021.

Qui es-tu ? D’où viens-tu ?
J’ai eu une autre vie professionnelle avant le street art. Je travaillais dans le milieu de la photographie, autour de la mode et de la publicité, entre Paris, Londres et Milan. J’ai également vécu plusieurs années à Tokyo, ce qui a alimenté ma passion pour l’Asie.

D’où vient ton blaze ?
Un surnom qui date du lycée…

Quelle est ta démarche artistique ?
A la base, je suis photographe, mais ces dernières années je suis aussi devenue collagiste, je colle dans la rue mes E.Dolls en format XXL.

Tu peux nous en dire plus sur les E.Dolls ?
J’ai commencé ce projet début 2014, sous la forme d’installations urbaines. Ce sont des photos, des visages de femmes sur fond noir et en format XXL, que je colle dans la rue, dans des friches ou des chantiers en cours. Je cherche l’interaction parfaite entre le lieu et l’E.Doll choisie, pour révéler toute l’intensité de son regard. Les E.Dolls sont belles, mais portent les empreintes de leur vie sur leurs visages : la violence de l’existence, le poids de l’éducation, la folie des hommes, l’usure du temps… Chacun est libre d’y projeter sa propre histoire.

Ton dernier spot / projet ?
L’ Espace TRANSITION à Abbeville va ouvrir du 19 mai au 30 juin : c’est un lieu éphémère du Graffiti et d’Art Contemporain, qui compte 1 bâtiment, 24 appartements et accueille 75 artistes. J’y ai investi une pièce de 15 m2, pour une immersion totale.

Ton spot idéal ?
Comme la plupart de mes collègues, j’adore les lieux abandonnés… Maisons, châteaux, écoles, cliniques, tous ces lieux sont des spots idéaux ! Je suis toujours en recherche de nouvelles architectures, car elles sont très importantes dans la composition finale, une fois mon collage réalisé. Quand je le peux, je visite une première fois le lieu pour faire des photos du mur choisi et prendre les mesures. Je prépare ensuite ma maquette, et je tire mon image sur mesure. J’effectue ensuite une deuxième visite, pour coller, et à l’idéal une troisième visite pour faire la photo finale une fois le collage sec.

Quelle musique tu écoutes quand tu travailles ?
Principalement du Hip Hop, du Dub, mais aussi parfois du rock, tout dépend sur quoi je travaille.

Une couleur / un thème que tu préfères travailler ?
J’ai toujours travaillé en noir et blanc, et en argentique jusqu’en 2007. Les films étaient développés maison, et les tirages réalisés dans mon labo argentique. Je suis passée au numérique en 2010, mais je suis restée en noir et blanc.
 Je suis une collectionneuse, et chacune des collections sur lesquelles je travaille est conçue comme un puzzle. Toutes les pièces doivent pouvoir s’assembler. Le noir et blanc me permet d’avoir une unité esthétique, quelles que soient les conditions de prise de vue, la nuit, le jour, l’été ou l’hiver. Le noir et blanc apporte une cohérence aux pièces de mon puzzle.
 Il me permet de me rapprocher graphiquement de la peinture… tout en m’en distinguant. Il produit des images hors du temps, en mettant l’accent sur l’atmosphère, en dépouillant l’image pour ne retenir que l’essentiel.

Ton actualité, un gros projet à venir ?
Je prends chaque mur comme un nouveau défi, et je profite de chaque festival pour agrandir mon format, et perfectionner ma technique. Les festivals nous permettent d’avoir des échafaudages et des nacelles, de l’électricité, et un soutien logistique. Nous pouvons nous challenger sereinement !
Je ne peux pas annoncer mes festivals de l’année, car je suis encore en découverte des murs que l’on me propose. 
Pour faire évoluer le « Projet E.Doll », j’envisage de commencer à glaner de nouveaux portraits dans d’autres pays pour que chaque femme dans le monde puisse se retrouver dans mes images…

Avec quel artiste tu aimerais collaborer ?
J’adorerais bosser avec le collectif K-Litystreet !

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