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Bebar : “Le processus créatif est ma gymnastique quotidienne”

D.R.

Avec des belles collaborations en cours, le street artiste franco-espagnol, passionné et pluridisciplinaire, surprend avec son expression artistique prolifique, variant de techniques et de supports. Une création colorée, loufoque et hautement vitaminée. À suivre absolument !

Bebar, pourrais-tu te présenter ?

Je suis artiste – peintre urbain et contemporain, né à Vitry-sur-Seine en 1993 et suis titulaire d’un Bac en arts appliqués du lycée Maximilien-Vox à Paris ainsi que d’un Master en images imprimées des Arts Déco de Paris. J’ai la double nationalité franco-espagnole et je réside à Paris en ce moment.

Pourquoi s’exprimer dans la rue ?

Pour plusieurs raisons. J’aime placer mon travail dans la sphère sociale, ce théâtre urbain que représente la rue. C’est aussi une manière de faire exister son art et d’être vu. À partir du moment où j’interviens dans la rue, l’œuvre ne m’appartient plus. Elle n’est pas pérenne. Je ne sais pas ce qu’elle va devenir, si elle est détruite, abîmée, nettoyée par la mairie ou simplement prise en photo par des passants. C’est ce côté éphémère et symbolique qui m’attire, mais aussi le fait que c’est notre propos de culture urbaine, une culture qui s’adresse au plus grand nombre. C’est un art populaire qui s’expose dans ce cadre muséal à ciel ouvert.

D.R.

Comment décrirais-tu ton style, ta technique ?

À mi-chemin entre abstraction et figuration. Si je devais le décrire en quelques mots, ce serait cartoon, dégoulinant, melting abstract, coloré, psychédélique… Quant à ma technique, je me définis par mon indéfinition ; je peux être sur peau en tatouant, en train de faire du body painting ou de la sculpture ou encore travailler l’argile. Pour être franc, je n’ai pas vraiment de technique de prédilection, même si la bombe reste une technique que j’affectionne particulièrement, et forcément les murs sont pour moi des supports les plus redondants.

D.R.

Quelles sont tes influences, d’où viennent tes inspirations ?

Je suis inspiré de tout ! Par une rencontre, une phrase que je lis dans un livre, une mélodie, même un rayon de soleil ou une lumière dans un instant de la journée peuvent être source d’inspiration. Je dois aussi préciser que je vis dans mon travail, je suis en osmose avec le processus créatif qui est ma gymnastique quotidienne, obligatoire ! Par moment, je m’adapte aussi pour pouvoir être inspiré, je suis pluridisciplinaire. Quand je sens que je ne suis pas en phase avec une toile, je passe au dessin ou sur le logiciel graphique.
En ce qui concerne mes inspirations, elles sont diverses : les maîtres espagnols comme Velasquez, Dali, Picasso mais aussi la figuration russe avec Kandinsky ou encore d’autres artistes contemporains. Aloha Project, un jeune artiste milanais que je trouve très fort et qui est plus jeune que moi, ou Siam, un jeune de mon équipe qui est grave inspirant et inspiré, même si ce n’est pas mon style, cela me parle, me donne envie de continuer et d’explorer davantage. Me vient aussi à l’esprit Yoann Borsato qui a une technique assez particulière. Bref, j’admire pas mal les gens qui m’entourent. Je suis moi-même sur Instagram et donc inspiré par la scène Instagram parisienne.

D.R.

Avec tes créations, veux-tu faire passer un message ?

Forcément on peut toujours trouver une interprétation à mon travail, mais elle est subjective et relative. On pourrait dire que mon message serait de faire parler du subconscient de chacun. Pour moi, c’est une étrange nécessité de devoir agir sur les murs, de créer tout simplement. Je n’ai pas la prétention de communiquer de grands messages mais ce qui est plus important à mon avis, c’est de rendre visible l’envie de créer chez l’artiste.

Tu peux nous parler un peu de tes projets ?

J’ai fait une collaboration avec la marque de rhum Havana Club pour laquelle j’ai réhaussé une bouteille distribuée en grande surface. C’est une façon de revoir mes méthodes de travail, mais c’est également une opportunité d’être vu et reconnu par un plus grand nombre de personnes. Il y a aussi une campagne de publicité en cours avec Adidas qu’on termine avec mon crew “NSK” ; c’est un projet qui a pris du retard avec le Covid. Par ailleurs, une expo perso était planifiée mais a été annulé dans le contexte actuel. Toutefois, j’espère que les festivals auxquels j’ai prévu de participer auront lieu.

D.R.

As-tu un projet de rêve ?

J’ai une envie particulière qui est de faire des façades ; j’adorerais peindre tous les mois une façade même si c’est titanesque. J’aimerais aussi faire avancer le mouvement comme le fait l’artiste C215 avec ses initiatives d’élaboration de projets de loi et de soutien aux artistes urbains. Ce n’est pas très artistique, mais ce sont des initiatives très honorables et respectables. Et puis, à vrai dire, j’ai des envies simples : continuer à avoir du plaisir, faire kiffer via mon travail et faire en sorte que chaque collaboration soit réussie permettant une continuité pour que je puisse vivre de ma passion aussi longtemps que l’on puisse imaginer.

Propos recueillis par Eleftheria Kasoura

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