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    Fresque de Zdey à Mossoul : le récit d’Artivista

    6 avril 2020
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    L’équipe Artistik Rezo a suivi de près l’aventure de Zdey en Irak, à l’initiative de l’association Artivista et permise notamment par un important financement participatif. Retour sur cette expérience artistique et humaine.

    Deux ans et demi après la chute de Daesh, les habitants de Mossoul peinent à reconstruire leur ville. Ancienne capitale irakienne de l’organisation terroriste, la moitié de la cité a été détruite par les bombardements de l’aviation internationale et les combats. Ses maisons de pierre et de marbre, ses portes sculptées, ses mosquées, ses synagogues et ses églises ont été réduites en cendres.
    Haut lieu de culture où se croisent poètes, peintres et musiciens, Mossoul voit peu à peu sa scène artistique s’éteindre à partir des années 1980, au fil des conflits et des crises économiques. Quatre décennies d’une agonie à laquelle les djihadistes, qui s’emparent de la ville en 2014, viennent porter le coup de grâce : l’art est banni et ses défenseurs jetés en prison, torturés ou exécutés. Beaucoup d’artistes décident alors de fuir la ville. Les autres passeront près de quatre ans dans la clandestinité, leurs toiles cachées dans des sous-sols, leurs instruments enterrés dans des jardins. À l’été 2017, Mossoul est finalement libérée, après 9 mois de bataille. Tout est à reconstruire.
    Si les bombes américaines ont chassé les djihadistes, les artistes œuvrent désormais à libérer les âmes de leur empreinte. Au cœur de l’université largement détruite par la guerre, l’artiste Zdey, soutenu par l’association française Artivista, vient d’achever une fresque de 200m2 avec l’aide de 14 étudiants irakiens des Beaux-arts. Un acte de résistance marqué d’un message d’espoir : demain sera plus beau qu’hier ,” ترجع احلى“.

    Le projet
    Au milieu des gravats et des chantiers de reconstruction, un petit groupe d’artistes, pinceaux en mains, escaladent un échafaudage d’une dizaine de mètres. À l’œuvre, 9 femmes et 5 hommes, d’âges, de religions et d’origines différents et un street-artiste français, unis par un projet commun : réaliser une fresque sur le mur du centre des étudiants, en plein cœur de l’Université de Mossoul. Les couleurs vives de l’œuvre murale tranchent avec le gris des murs alentours encore criblés de balles.
    L’œuvre, fruit de l’imagination du muraliste Zdey, se veut universelle, rencontre de techniques picturales orientales et européennes. Arrivé depuis Paris avec une ébauche à laquelle chaque étudiant a apporté sa pierre, il se réjouit de la facilité avec laquelle les jeunes mossouliottes s’approprient le projet. Habitué à peindre aux quatre coins du monde, il découvre l’Irak pour la première fois. « Je mentirais si je disais que je n’avais pas eu une certaine appréhension avant de venir ici, admet-il. Mais la réalité, c’est que les vraies personnes courageuses sont celles qui ont traversé la guerre et qui trouvent encore la force de peindre, d’aller de l’avant.» Pour lui, cette rencontre artistique est avant tout un moyen de montrer un autre visage de l’Irak, « celui d’un pays où les habitants continuent de vivre et de créer.»
    Formés à l’art avec un approche très académique, les étudiants sont heureux de découvrir avec lui, une autre démarche artistique. « Grâce à Zdey, nous apprenons des nouvelles techniques de peinture, se réjouit Tamara Muntazar, une étudiante de 23 ans. Il nous apporte une vision plus contemporaine de ce que peut être la création. Cela élargit notre champ des possibles et nous permet de nous dépasser.»

    Objectifs du projet :
    – Redonner une dynamique à la vie culturelle de l’université de Mossoul en permettant aux étudiants de se réapproprier l’espace à travers une fresque monumentale de 200m2.
    – Permettre aux étudiants, dont les échanges avec l’étranger sont aujourd’hui inexistants, de renouer avec l’extérieur. La volonté de l’université à long terme est de rouvrir ses portes à l’international et de relancer les échanges universitaires.
    – Documenter la réalisation de cette fresque pour raconter la renaissance de cette ville associée presque uniquement au terrorisme et à la guerre.
    – Partager pendant une semaine le quotidien des étudiants, les accompagner dans leur processus créatif, associer nos idées et composer ensemble une œuvre pérenne, preuve de notre amitié franco-irakienne.
    – Embellir le lieu de vie des 50 000 étudiants de l’université, en donnant des couleurs à leurs murs.

    [Source : communiqué de presse, Visuels : © Thibault Lefébure]

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