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Giulia Perlesca : “Je me sens à l’aise dans le domaine de l’art, je m’y reconnais”

4 juillet 2020
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Rencontre avec une passionnée d’art, Giulia Perlesca, chargée de projet chez Manifesto expo. Elle nous parle de son métier.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours professionnel ?

Je suis italienne, diplômée en Histoire de l’art. J’ai fait trois ans, puis un M1 à Padoue à côté de Venise, et ensuite j’ai fait mon M2 entre Padoue et la Belgique, toujours en histoire de l’art avec un mémoire sur la photographe contemporaine, Nan Goldin. J’ai un peu switché de l’art classique que l’on étudiait en M1, à l’art contemporain. Puis en 2018/2019, j’ai repris les études à Icart en ingénierie culturelle.

En quoi consiste votre poste actuel ?

Je suis assistante chef de projet chez Manifesto pour la partie exposition, qui est une agence d’ingénierie culturelle et de conseil dans la culture, fondée il y a 5 ans et environ deux ans pour Manifesto Expo. Il y a deux branches : urbanisme et stratégie et organisation d’expositions.

Je suis arrivée en stage puis j’ai été embauché comme Project Coordinator, donc je suis entre assistante chef de projet et chef de projet. Nous ne sommes que trois sur cette branche, une assez petite équipe qui s’occupe des expositions. Mon rôle est assez varié, allant de la création de projet d’exposition à garder contact avec le curateur qui l’a créé pour ensuite créer avec le curateur ou le musée la check liste, la liste des œuvres, les visuels etc. Il y a la mise en forme de la présentation, puis la partie commerciale de vente d’exposition et ensuite le suivi, qui peut être la partie plus contractuelle. Il faut également suivre les rapports entre le musée, les régisseurs et tous les différents intermédiaires qu’il peut y avoir dans la réalisation d’un évènement.

 

Quelle compétence essentielle faut-il avoir pour faire cela ?

Ça va de la chose la plus simple comme avoir une sensibilitée artistique, avoir des bases d’histoire de l’art, avoir l’œil pour ce qui marche mais aussi parler des langues étrangères, on travaille la plupart du temps en anglais. Je fais beaucoup de prospection en français, italien et espagnol. Ensuite avoir des connaissances internationales, s’informer de ce qui se passe dans le monde pour pouvoir ajuster la prospection en fonction. Après pour ceux qui s’intéressent vraiment à ce poste précis, c’est savoir gérer des projets, travailler vite, être organisé, savoir utiliser les logiciels comme Indesign, Photoshop, et savoir établir ses priorités.

Pourquoi avoir choisi ce domaine ?

J’ai toujours été intéressé par l’art et histoire de l’art depuis toute petite, venant d’Italie et d’une génération un peu moins débrouillarde que la tienne, pour moi l’art c’était : je vais être curatrice, travailler dans un musée, mais je n’avais pas vraiment d’idées claires sur ce que je voulais faire.  Et ensuite j’ai fait des stages, j’ai travaillé en agence et ça m’a permis de voir quels étaient les différents postes qui existent dans le monde de l’art et allez vers une direction plus qu’une autre, j’avais fait de la prod, des expériences en galerie.  Et ce qui m’a manquait c’était la production d’exposition à plus grande échelle et c’est vers ça que je me suis orientée.

Mais sinon mon intérêt pour le domaine de l’art me vient du fait que je me sente à l’aise dans ce domaine, je m’y reconnais, j’ai plein de repères, c’était assez naturel.

Quel projet avez-vous préféré monter ?

Les projets que l’on organise dans l’agence ont un peu moins de deux ans, on a fait deux projets mais je n’étais pas encore arrivée. Ensuite on avait un projet qui a été malheureusement bloqué par le coronavirus et qui devrait probablement reprendre en automne. C’était une exposition plus petite qui devait se faire en France, j’ai beaucoup aimé travaillé dessus. C’était vraiment très intéressant, le montage d’une exposition dans un lieu atypique, ça m’a conforté sur le fait que mon travail est exactement ce que je veux faire. On a choisi avec les photographes les œuvres à exposer, on a monté l’expo, montré aux clients ce que ça allait donner, je parlais avec les scénographes, la graphiste… C’était vraiment de la production pure et dure d’exposition mais à une échelle plus petite que si elle était dans un musée, une échelle que l’on peut mieux contrôler du moins, avec mon expérience je pouvais mieux la contrôler. Ça m’a vraiment plu.

© Abdessamad El Montassir

Quel a été les répercussions de la crise du coronavirus sur votre travail ?

Les répercussions étaient assez moyennes, comme l’agence avec laquelle je travaille a pas mal de projets des deux côtés : urbanisme et expositions qui sont sur le long terme, on parle de projet sur les prochains 5 ans, 6 ans ou encore plus. Ce type de projet nous les avons gardé et heureusement, ils ne sont pas trop impactés par ce qu’il se passe dans l’actualité et ça a été notre chance. Le problème était plus dans la partie exposition, pour les projets sur le cours terme, celle dont j’ai parlé et dont je me suis occupée devait être inauguré le 18 mars, ou encore des projets d’expositions qui devaient partir en automne 2020. Mais travaillant surtout à l’international, dans un secteur fortement touché (les musées) on a vu un stop.

Par contre ce qui était réconfortant, j’ai continué à faire de la prospection et tous les musées que j’ai pu contacter m’ont répondu, chose assez inédite quand tu fais de la prospection car la plupart des mails que tu envoies tombent à l’eau, alors que là, nous étions tous dans la même situation, on répondait tous à nos mails, ce qui a permis de créer un minimum d’échange et de savoir comme ça se passait en Europe et aux États-Unis. Et tout ça nous a permis de garder contact avec de potentiels contacts, avec qui nous sommes en train de négocier pour des expositions au-delà de 2021.

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui souhaiterait faire le même métier ?

Moi ce que je conseille, c’est quelque chose que j’aurais bien aimé que l’on me dise quand j’avais ton âge, c’est de vraiment faire le plus de stage possible, sans se soucier du salaire, même si c’est quelque chose de très important. J’entends par-là avoir des expériences de quelques semaines qui peuvent ne pas forcément être payés. On peut comprendre un domaine où l’on souhaiterait peut-être travailler que quand on est dedans. Donc vraiment essayer de faire le plus de stage dans des domaines variés, pour voir ce qui est fait pour nous. Discuter avec le plus de personnes possible, profiter du fait que lorsque l’on est étudiant, les personnes t’écoutent plus que si tu étais en recherche de travail, parce que tu n’es pas une menace et tu peux poser des questions sans que les gens pense “ça tu devrais déjà le savoir”. Ne pas hésiter à contacter les personnes qui font le travail que vous voudriez faire et leur demander des conseils. Et aussi essayer de s’impliquer au maximum, de profiter de ce moment où l’on n’a pas trop de responsabilité, où l’on peut faire des choses différentes, se créer un parcours qui va dans tous les sens. Selon moi, ça peut être plus intéressant que de faire une chose, se fixer dans une direction qui n’est peut-être pas la bonne.

C’est vraiment quelque chose que j’aurais aimé que l’on me dise.
Ensuite je conseille toujours de voyager, de faire un Erasmus, un stage à l’étranger, de partir, de ne pas toujours rester en France, ça aide énormément de voir des choses ailleurs, et ensuite de revenir avec une expérience et une ouverture d’esprit que tu n’as pas si tu as passé toute ta vie au même endroit. Et une dernière chose, être toujours à l’écoute et toujours poser plein de questions surtout quand tu es en stage, être attentif, se demander comment mon travail pourrait être proactif, qu’est-ce que je pourrais faire en plus pour être un atout plutôt qu’être un simple stagiaire par exemple, se pousser à sortir du lot.

Plus d’informations sur le site de Manifesto Expo

Propos recueillis par Apolline Madaschi

 

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