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“L’homme à la fenêtre” de Sylvain Dubrunfaut, une exposition baignée de lumière

Anaïs Pedro 28 octobre 2025
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Sylvain Dubrunfaut, "Luka fumant" © Galerie Hoang Beli

Sylvain Dubrunfaut, "Luka fumant" © Galerie Hoang Beli

La galerie Hoang Beli présente “L’homme à la fenêtre”, une exposition à la fois douce et intense, traversée par la lumière. Sylvain Dubrunfaut y convie le visiteur à un voyage serein, hors du temps, où se frôlent le dévoilement et l’indicible.

Les lueurs de l’instant

Sylvain Dubrunfaut, né en 1979 à Lille, développe une pratique picturale centrée sur la présence. La lumière y joue un rôle essentiel, devenant un véritable acteur de son œuvre. L’artiste ne se contente pas de représenter : la couleur et le traitement de la lumière expriment l’aura de ses modèles. Chaque portrait ouvre une fenêtre sur des mondes intérieurs façonnés par l’éclat qui les anime. Cette clarté se déploie sur les visages comme une caresse et enveloppe notre regard. La peinture de Sylvain Dubrunfaut ne raconte rien : elle fait vibrer nos sensibilités dans l’instant.

Sylvain Dubrunfaut, Norma sur le rebord de la fenêtre © Galerie Hoang Beli

Le spectre à la fenêtre

L’homme à la fenêtre émerge à l’été 2025, lors de sa résidence au Cube du Ferret à l’orée du bassin d’Arcachon. Imprégné de lumière naturelle, l’artiste la transforme en matière picturale à part entière. Elle dessine une vérité sensible qui nous échappe. Le titre de l’exposition évoque une expérience vécue lors de sa résidence : chaque jour, Sylvain ressent le poids d’un regard qui l’épie.

Les habitants d’une maison voisine l’observaient. L’artiste devint alors une apparition spectrale.
Ce jeu de transparence entre les deux fenêtres instaure un échange silencieux entre plusieurs intériorités.
On y perçoit des signes, des affects, sans jamais en saisir pleinement la substance. Le regardeur appréhende l’autre à travers un voile — à la fois proche et inaccessible.

Sylvain Dubrunfaut, Garçon en contre jour © Galerie Hoang Beli

Entre présence et distance

Le visiteur est au seuil de ces paysages intimes : les figures nous apparaissent comme à travers une vitre. L’artiste choisit de laisser affleurer l’essence de ses personnages, sans jamais la saisir tout à fait. Les figures flottent d’un visiteur à l’autre. Ses œuvres nous immergent dans des scènes en latence, où le temps est suspendu. Ainsi, chaque modèle se trouve en apesanteur hors des bruits du monde. Contempler ses toiles, c’est réapprendre à rencontrer l’autre dans tout ce qu’il a de familier et de différent. Nos subjectivités convergent vers un seul axe, où le “je” se fond dans le “nous”.

Sylvain Dubrunfaut, Smith © Galerie Hoang Beli

Souvenirs et fragrances de lumière

Ces peintures nous entraînent dans un voyage introspectif : chacun y reconnaît un détail, un moment. Sylvain nous tend une madeleine de Proust qui éveille des sensations et réminiscences fragiles. Sous cette lumière irradiante et ces teintes pastel, nous sommes bercés dans la moiteur de l’été où l’agitation se ralentit. On se laisse happer par ses bulles de bonheur, douces et paisibles.

Ces figures offertes à notre regard demeurent pourtant épurées, presque en retrait. Elles nous accueillent dans un havre de quiétude, nous invitant à prendre soin de nous et à nourrir nos liens avec les autres.

Sylvain Dubrunfaut, Mercedes © Galerie Hoang Beli

Anaïs Pedro

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