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    Marc Fourquet : “Chaque personne a sa vision des choses et sa liberté de jugement”

    Joana Fourquet 5 février 2022
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    © Jacques Lahousse

    Rencontre avec Marc Fourquet, artiste peintre roussillonnais né en 1953. Après l’école des Beaux-Arts, il décide de faire de la peinture son hobby. La figure, qu’elle soit animale ou humaine, tient une place centrale dans son travail. De tous ces corps fusinés issus de reconstructions se dégage une certaine spiritualité, mettant en exergue une féminité démystifiée.

    Comment définiriez-vous votre peinture ?

    C’est une peinture dite figurative, libre, sans entraves, tirée de médiums divers et variés, avec des formats allant du grand au petit. C’est une idée très générale de ce que je fais, mais il faudra s’en contenter car je suis toujours enclin à penser que chaque personne a sa vision des choses et sa liberté de jugement. 

    Avez-vous le sentiment de vous insérer dans une “Histoire de l’art” ?

    Cela serait un peu trop prétentieux à bien des égards, et puis ce sont des jugements institutionnalisés, c’est toute une machinerie collective qui se trouve là-dessous. L’Histoire reste un regard et un éclairage qui se construit comme un roman, il y a une réalité et une fiction qui s’y mélangent. Mon action est individuelle, tout ceci me concerne très peu. 

    © Joana Fourquet

    Que pensez-vous des différents courants artistiques contemporains ? 

    Cette question éclaire la précédente. Les fameux courants ne sont reconnus en tant que tels qu’à partir du moment où ils rentrent et participent au marché de l’art qui est un vaste monde, avec ses lois d’offre et de demande et tous ses acteurs (galeristes, critiques, etc). L’Histoire de l’art est évidemment couplée avec le marché de l’art : ce qui est invendable aujourd’hui peut-être reconnu et inestimable plus tard. Les exemples foisonnent. Il y a beaucoup de ces fameux “courants” qui ne sont plus que des phénomènes de mode. Je les regarde très peu, cela n’a pas un grand intérêt pour ma production. 

    © Joana Fourquet

    Quels sont les styles et les références qui vous inspirent le plus ? 

    Encore une fois, on va reparler de l’Histoire de l’art. Cela commence avec les arts premiers et l’art pariétal, auxquels je suis très sensible. Il y a selon moi une véritable parenté avec ma production, ainsi qu’avec beaucoup de choses dans toute l’Histoire de l’Art, à travers les siècles et jusqu’à nos jours. La différence se trouve pour moi dans le détail, l’éclairage, le style… Personnellement, je suis très admiratif de cette époque pariétale et de tout ce qui a été fait jusqu’à la Renaissance. Je pense en particulier à l’art roman, et ultra localement à l’art roman catalan. La Renaissance reste malgré tout un moment-clé où les êtres humains arrivent à la conclusion qu’ils ne sont peut-être pas tout à fait les fils de Dieu. L’introduction de la perspective dans l’image et l’invention du portrait sont des changements importants. Ce qui était jusqu’alors une lecture évidente devient un plaisir de voir et de regarder. L’esthétisme pur. Mais c’est un débat trop important pour le raccourcir à des questions/réponses. Pour faire court, je serais plus sensible à cette période post-Renaissance, où le geste artistique révèle aussi ce que l’on appelle maintenant l’artisanat.  

    Pensez-vous que la pratique de l’art soit obligatoirement solitaire ?

    Solitaire elle l’est car seul dans l’atelier, seul pour tracer la ligne sur la feuille blanche, cela dépend finalement de l’artiste. D’autres vont trouver dans un collectif une émulation qu’ils ne pourraient peut-être pas avoir seuls. Mais la solitude n’est pas du tout une malédiction, c’est d’ailleurs souvent une source de plaisir. 

    La spiritualité joue-t-elle un rôle important dans votre travail ? 

    Je regrette parfois de ne pas avoir la foi. Et j’ai parfois la foi, c’est une dimension inhérente à l’être. Plus sérieusement, l’inspiration est déjà un terme plein de spiritualité, donc oui, cela joue un rôle important. 

    Propos recueillis par Joana Fourquet

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