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    Mathieu Mercier déraisonne – Fondation d’entreprise Ricard

    27 novembre 2012
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    Fondation d'entreprise Ricard

    L’espace de la Fondation d’entreprise Ricard accueille cet artiste français dans un lieu répondant visiblement assez bien au statisme et au minimalisme inhérents à l’ensemble de ses œuvres. Sobres, confondus, le lieu et les œuvres semblent se chuchoter sans interrompre les pensées du visiteur ; l’empreinte de l’espace d’exposition se réduit au maximum.

    C’est tout d’abord la sobriété qui est établie dans la première salle. Last Day Bed évoque une pierre tombale épurée sur lequel un traversin est couché. Ce lit de repos éternel n’inquiète pas tant son austérité impressionne, que son immobilité se condense. Puis le regard se porte sur des colonnes grises, verticales, accompagnant la colonne centrale de l’espace de la Fondation d’entreprise Ricard. Des tuyaux basiques, de différentes circonférences. Loin du chantier, elles ne troublent que l’espace et laissent les visiteurs s’articuler autour d’elles.
     
    Vient ensuite l’environnement le plus travaillé dans la seconde salle. Mathieu Mercier semble avoir donné l’accent sur la matière (bois, plastique, cuir, coton, métal) comme dénominateur commun à ses œuvres. Ces architextures développent une matière sur un volume et exploitent leur potentiel prosaïque. Qu’il s’agisse d’une structure en polystyrène vêtue d’une chemise, des mailles d’un textile en acier accrochées à un mur, ou des jambes de bois hébétées devant un moule en plâtre d’un sac plastique, Mathieu Mercier emprunte au Constructivisme un réalisme et un dynamisme déséquilibrant notre réel. Pour preuve, l’anamorphose impuissante et affublée d’un réveil évoquant à eux seuls cette impression d’un rêve éveillé.

    Cette exposition brève par son contenu mérite que l’on s’y arrête longuement pour se défaire de sa réalité. « Dans la façon de manifester les légers tremblements de la réalité, ou dans celle de se saisir des chefs d’œuvres du modernisme pour les faire parler, Mathieu Mercier aura rarement été si proche de l’esprit surréaliste » – Patrick Javault.

    Jules Le Fèvre

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=TM-dc2R-FEg[/embedyt]

    Mathieu Mercier déraisonne

    Du 27 novembre au 12 janvier 2013
    Du mardi au samedi de 11h à 19h

    Vernissage lundi 26 novembre à partir de 18h30

    Entrée libre

    Fondation d’entreprise Ricard
    12, rue Boissy d’Anglas
    75008 Paris
    M° Concorde

    www.fondation-entreprise-ricard.com

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