0 Shares 4416 Views

Omar Victor Diop, un photographe engagé

Soraya Assae Evezo'o 20 mai 2020
4416 Vues

© Omar Victor Diop

Omar Victor Diop est un photographe et portraitiste. Avec un ton qu’il qualifie lui-même de positif et optimiste, le photographe s’engage pour la reconnaissance et l’avenir de l’Afrique, de son savoir, et de ses personnages.

Omar est issu d’une famille plutôt conventionnelle : son père est expert comptable, sa mère, juriste de formation. Lui, de manière assez classique, débute une carrière dans la finance puis dans les relations publiques. Mais le jeune homme est depuis toujours fasciné par la photographie, admirant la discipline de loin. À l’époque, il pense que ce monde est fermé, réservé à une certaine élite.

C’est en 2011, après l’achat de son premier appareil semi-professionnel que Omar débute en autodidacte, avec des images de paysages urbains, il partage celles-ci sur les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’il se fait remarquer, il soumet alors son premier projet aux Rencontres de Bamako. Il est sélectionné, depuis, tout s’enchaîne. Cette première série Futur du Beau questionne les standards de beauté ainsi que la société de consommation. La seconde série Studio des vanités expose de manière contemporaine les portraits de toutes ces générations de professionnels de l’esthétique en Afrique, de Mama Casset à Seydou Keita en passant par Jean-Paul Goude.

© Omar Victor Diop, Studio des Vanités

En 2014, sa série d’autoportraits Diaspora met en scène le photographe incarnant dix-huit personnages oubliés de la diaspora africaine du XVe au XIXe siècle. Divers mathématiciens, artistes, poètes, ou conseillers à l’époque très respectés. Et pourtant, mis de côté par l’histoire que l’on connaît ; le photographe confie par exemple, n’avoir jamais entendu parler de Jean-Baptiste Belley – un esclave sénégalais ayant acheté sa liberté avec ses économies pour rejoindre les rangs de la Révolution française – et ce, malgré le fait qu’il ai effectué ses études au Sénégal. Dans cette série, Omar Victor Diop s’intéresse aussi au phénomène d’idoles du football issues de la diaspora africaine, des hommes “toujours relégués à leur statut d’étrangers” alors qu’ils travaillent pour la France.

© Omar Victor Diop, Diaspora

Omar Victor Diop a la chance d’être exposé en 2016 à Paris Photo, et en 2017 à la Fondation Louis VuittonLa dernière série du photographe s’intitule Liberty. Il s’agit d’un travail inspiré par des évènements, des moments de résistance, ayant eu un impact sur l’Afrique et le monde “pour me rappeler que je suis eux”.

© Omar Victor Diop, Liberty

Soraya Assae Evezo’o

En ce moment

Articles liés

“On purge bébé” : un jeu de massacre conjugal et un fabuleux moment de théâtre
Spectacle
204 vues

“On purge bébé” : un jeu de massacre conjugal et un fabuleux moment de théâtre

Au Théâtre Hébertot, la comédienne et chanteuse Emeline Bayart reprend cette pièce en un acte de Feydeau qu’elle entremêle de chansons grivoises de l’époque du début du 20° siècle. Avec Marc Choupart, Corinne Martin et Manuel Lelièvre, accompagnés du...

“Chiens” ou la liturgie du porno par Lorraine de Sagazan
Spectacle
2029 vues

“Chiens” ou la liturgie du porno par Lorraine de Sagazan

Dans une création chorale, où les cantates de Bach sont magnifiées par des superbes interprètes, Lorraine de Sagazan s’empare de la question de l’exploitation du corps féminin dans l’industrie pornographique, à la lumière d’un procès où seront jugés une...

“T.I.N.A. – There Is No Alternative” : une remise en question de la société au Théâtre Lepic
Agenda
370 vues

“T.I.N.A. – There Is No Alternative” : une remise en question de la société au Théâtre Lepic

L’échec n’est jamais qu’une réussite qui se voile la face (et inversement). Ce spectacle en est la preuve. Dans un souci de communication efficace, il m’a été demandé de résumer mon spectacle. Mais j’en suis incapable. Je suis incapable...