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    Philippe de Boucaud en 3 œuvres d’art – Jury du Prix ICART Artistik Rezo

    Baudouin Vermeulen 2 mars 2022
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    © Charlyho Photographie

    Philippe de Boucaud, CEO de BeCLAM! Influence & Culture, se porte en étendard de la culture française. Armé d’un combiné culture, business et voyage dont 6 ans de tour du monde à la voile, il intègre simultanément le marché de l’art à New York et l’événementiel à Paris. Courtage d’œuvres d’art, montage de fondations patrimoniales et culturelles, ventes aux enchères, commissariat d’expositions, conseils et stratégies pour les collectivités territoriales font son quotidien, parmi lesquelles Artgenteuil 2022, urban contemporary, la nouvelle foire des franciliens.

    Homme de réseaux, il crée BeCLAM ! Influence & Culture, cabinet qui accompagne les entreprises privées et publiques en ingénierie culturelle, affaires publiques et communication institutionnelle. Wine merchant, il se lance dans l’art de la dégustation œnologique, jetant des ponts entre le vin, les artistes, les musées et les galeries. Fondateur du Tendress Business Club, il intervient également dans différents établissements d’enseignement supérieur en France, au Portugal, en Italie et aux États-Unis. Aujourd’hui, en tant que membre du jury du Prix ICART Artistik Rezo, il se prête au jeu du portrait chinois Artistik.

    Philippe, pouvez-vous vous décrire en deux œuvres d’art ?

    Plutôt en deux artistes ! Le premier est le peintre français Odilon Redon. Si Brancusi ouvre l’ère du contemporain au niveau universel, c’est chez Odilon Redon que je retrouve personnellement les premiers stigmates de l’art contemporain dans son œuvre, à l’occasion de l’exposition Odilon Redon, 1840-1916 à la galerie des Beaux-Arts de Bordeaux en 1985. J’ai alors 19 ans.

    Le Sermon, Odilon Redon, huile non datée © Christie’s images – Bridgeman images / Le Char d’Apollon, Odilon Redon, huile de 1905 © Musée des Beaux-Arts, Ville de Bordeaux

    Le maître du symbolisme va réveiller le XIXe siècle profane pour redonner le sens du sacré au nouveau siècle, qui plus est siècle le plus meurtrier de notre ère. Il secoue dans un sac du Delacroix, du Turner, pour en sortir du Bacon, du Kiefer, du Haring et du Stella !

    En second, je choisirais l’artiste photographe Anton Solomoukha, né à Kiev en 1945 et mort à Paris en 2015. Il fut le premier artiste que je vendis en salle des ventes et en courtage auprès de collectionneurs particuliers aux États-Unis, à New York, en 1986, avec mon cabinet Boucaud Fine Arts Management & Consulting. L’ambassadeur Juliette Salzmann, alors en charge du Visual Art Department au Consulat général de France à New York m’avait légué l’ensemble des contacts des artistes français à New York et américains à Paris. Pour revenir à Anton, nous avons fait physiquement connaissance en 2012, à l’occasion d’une séance du Tendress Business Club sur l’Ukraine, en duo avec Vladimir Fédorovski. La discussion avait été âpre mais les deux protagonistes allaient devenir des membres inconditionnels de notre trendsetter de la bienveillance et du softpower.

    Anton Solomoukha, 2011 © Festival Européen de la Photo de Nu

    Je ne possède plus de visuels, j’ai donc choisi celui-ci en hommage au point de fuite Léonardien et à la liberté – de penser donc de créer – qu’il incarnait si bien.

    À vos yeux, quelle œuvre illustre au mieux la thématique “Lien.s” retenue pour cette 14e édition du Prix ICART Artistik Rezo ?

    Le stuka de Joseph Beuys, alors sous-officier dans la Wehrmacht est abattu par l’Armée rouge en plein Caucase. Les tribus tatares retrouvent l’aviateur en état d’hibernation totale. Ils vont l’enrouler dans la graisse et des couvertures et lui faire recouvrer la vie au bout de 9 jours. Ainsi plus tard, le maître travaillera en permanence avec l’huile, la graisse, le feutre et bien d’autres matériaux non nobles.

    Cabinet avec objets personnels de Beuys dont pressoir à huile © Collection Durini

    Ici, on retrouve des effets personnels du Maître et l’un des pressoirs à huile d’olive qu’il emmenait lors de ses performances dans le monde entier. Après avoir obtenu la reconnaissance internationale grâce à l’exposition d’Harald Szeemann, Quand les attitudes deviennent forme, au Kunsthalle de Berne en 1969, Beuys pense que l’artiste chamane conduit les esprits au-delà du temps avec les morts et les vivants, dans les mythes allemands. Selon lui, le corps social peut être considéré comme une terre à modeler, à qui l’on peut donner forme pour créer une nouvelle relation de l’homme à la nature qu’illustreront cette année certains des exposants du Prix ICART Artistik Rezo sur le thème “Lien.s”. Avec son grand projet Difesa Della Natura, Beuys est le premier artiste contemporain véritablement écolo.

    Propos recueillis par Baudouin Vermeulen

    Retrouvez l’exposition du Prix ICART Artistik Rezo du 26 au 27 mars 2022 sur Fluctuart.

    À découvrir sur Artistik Rezo : Romina De Novellis en 3 œuvres d’art – Jury du Prix ICART Artistik Rezo 2022

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