De Alice et le maire à Braquer Poitiers : 4 films à voir en octobre 2019
Chaque mois, la rédaction d’Artistik Rezo choisit pour vous les 4 films qu’il faut absolument aller découvrir en salles. Une sélection éclectique, composée d’œuvres faisant l’événement et de perles plus méconnues.
1) Alice et le maire, de Nicolas Pariser (2 octobre)
On devrait parler très longtemps de Nicolas Pariser, qui fit des débuts remarqués avec un Grand Jeu récompensé par le Prix Louis-Delluc du premier film. Ce thriller politico-littéraire semblait l’imposer comme un héritier d’Arnaud Desplechin, mais Alice et le maire fait mieux : il l’installe comme un cinéaste français avec lequel il va falloir compter, et qui n’a besoin d’aucune référence pour s’épanouir. Le duo formé par Fabrice Luchini (en simili Gérard Collomb) et Anaïs Demoustier (en jeune philosophe inspirante) est une absolue merveille et fait de cette comédie politique ciselée un bijou miraculeux. Et l’un des meilleurs films français de 2019.
2) La Bonne réputation, d’Alejandra Marquez Abella (16 octobre)
Vivre dans un monde fait de luxe et d’apparat puis se retrouver soudain sans le sou : c’est ce qui arrive à Sofia, épouse d’un rentier, qui doit alors tenter de continuer à donner le change pour ne pas perdre la face. Cette plongée chabrolienne dans la grande bourgeoisie mexicaine touche au but : on y décrit avec une grande vigueur l’hypocrisie absolue d’une société du paraître dans laquelle on ne prête qu’aux riches. Sous le classicisme apparent de la mise en scène d’Alejandra Marquez Abella, le vernis craque peu à peu, jusqu’à un final absolument pas décevant tant il est gorgé de cynisme.
3) Je ne sais pas si c’est tout le monde, de Vincent Delerm (23 octobre)
Un film signé Vincent Delerm : on sent les sceptiques se dresser pour râler contre le fait que, décidément, on confie vraiment une caméra à n’importe qui. Sauf que Vincent Delerm réussit un petit miracle d’œuvre poético-documentaire, succession de portraits de personnalités plus ou moins connues et de moments du quotidien auxquels Vincent Delerm sait donner une saveur absolument singulière, comme il le fait depuis de nombreux albums. Les sceptiques cités plus haut feraient bien d’y jeter un œil (et même plus) : Je ne sais pas si c’est tout le monde est truffé de moments incroyables, somptueusement filmés et éclairés, qui nous poussent à regarder le monde autrement et à l’aimer toujours plus fort.
4) Braquer Poitiers, de Claude Schmitz (23 octobre)
Cela se passe à Poitiers, mais c’est pourtant bien d’un film belge qu’il s’agit. Une œuvre étrange mais diablement attachante, dans laquelle deux branques décident de kidnapper Wilfrid, le patron d’une station de lavage auto. Celui-ci redéfinit les contours du syndrome de Stockholm : il décide d’accepter sa séquestration en toute tranquillité, accueillant ses agresseurs chez lui en échange de leur amitié. Tout le film est ainsi : il puise dans l’improbable pour en tirer un résultat moins loufoque que poétique, où le réalisateur se joue des archétypes (les gros durs, les filles d’apparence légère…) pour mieux montrer que les relations les plus belles sont les plus inattendues.
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