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De “Au poste !” à “Come as you are” : 4 films à voir en juillet 2018

Lucile Bellan 1 juillet 2018
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Chaque mois, la rédaction d’Artistik Rezo choisit pour vous les 4 films qu’il faut absolument aller découvrir en salles. Une sélection éclectique, composée d’œuvres faisant l’événement et de perles plus méconnues.

 

1) Au poste !, de Quentin Dupieux (4 juillet)
Quentin Dupieux semble éprouver un plaisir croissant à multiplier les grands écarts entre France et USA, comédie bonhomme et film arty. De Rubber en Réalité, de Steak en Wrong Cops, le créateur de Mr. Oizo n’a cessé de démonter le rêve américain, de tordre la poilade à la française, de triturer les codes et de permettre aux acteurs de s’exprimer autrement. Au poste ! n’échappe pas à la règle, ressemblant à s’y méprendre à ce qu’aurait donné le Garde à vue de Claude Miller s’il avait été tourné dans une dimension parallèle. L’affiche donne le ton : le film donne dans le pastiche tendre et fidèle… mais est loin de se cantonner à son statut d’oeuvre-hommage. Porté par des interprètes d’exception (Poelvoorde, Ludig, mais aussi Marc Fraize et Anaïs Demoustier), ce sera à coup sûr l’événement de ce début d’été.

 

2) Dogman, de Matteo Garrone (11 juillet)
Matteo Garrone n’a jamais déçu, malgré une volonté affirmée de changer de style et de ton d’un film à l’autre. Ses trois derniers longs, tous passés par Cannes, n’ont pourtant pas laissé les mêmes traces. On se souvient de Gomorra, Grand Prix en 2008, un peu moins du pourtant fascinant Reality, qui reçut la même distinction en 2012, encore moins du stimulant Tale of tales, étrangeté fantastico-médiévale dotée d’un casting international. Auréolé du prix d’interprétation masculine pour le malingre et magnifique Marcello Fonte, Dogman devrait davantage rester dans les annales : sa façon de relater une affaire sordide en l’extrayant du dossier “faits divers” témoigne du brio de son metteur en scène.

 

3) Zama, de Lucrecia Martel (11 juillet)
Après des débuts tonitruants (le chef-d’œuvre La Ciénaga pour commencer, la troublante Niña Santa, puis la casse-tête Femme sans tête), Lucrecia Martel a disparu des écrans pendant une douzaine d’années. Projets avortés, difficultés à boucler certains scénarios, relations compliquées avec certains producteurs : la brillante réalisatrice argentine a connu plus d’un déboire. Elle est enfin de retour avec un film résolument différent des précédents, une fresque historique adaptée d’un roman datant de 1956 et racontant les pérégrinations d’un fonctionnaire du roi d’Espagne à la fin du XVIIIsiècle… Un film picaresque et contemplatif à la fois, qui rappelle le cinéma de l’Espagnol Albert Serra. En plus engagé et en bien moins pénible.

 

 

4) Come as you are, de Desiree Akhavan (18 juillet)
Après Love, Simon fin juin, un autre film indépendant américain vient célébrer la difficulté de vivre son homosexualité lorsqu’on se trouve en pleine adolescence. Ici, c’est une jeune femme, Cameron, qui vit un calvaire absolu au sein d’un centre de redressement dans lequel on tente de “soigner” les ados qui, comme elle, ont osé affirmer leur attirance pour les personnes de même sexe. Porté notamment par Chloë Grace Moretz, le premier film de la réalisatrice irano-américaine Desiree Akhavan (vue entre autres dans la série Girls) se déroule en 1993, mais il reste hélas tristement d’actualité.

 

Lucile Bellan

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