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La Nuit Miyazaki avec en avant-première “Le Garçon et le Héron” de Hayao Miyazaki

Elisa Vallon 30 octobre 2023
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"Le Garçon et le Héron" © Le Studio Ghibli

La Nuit Miyazaki, c’est le nom adopté pour la soirée du 28 octobre 2023 au Grand Rex où était programmée l’avant-première du Garçon et du Héron, ainsi que 3 autres célèbres Ghibli, à savoir Le Voyage de Chihiro, Le Château Ambulant et Princesse Mononoké.

Pour ce dernier Ghibli, Hayao Miyazaki nous livre Le Garçon et le Héron. 

L’histoire se déroule dans un Japon déchiré par la guerre où le jeune Mahito vit avec ses parents, et assiste un soir à la mort de sa mère dans un incendie. Après cela, le jeune garçon et son père déménagent dans les terres japonaises et s’installent dans le manoir de la nouvelle femme de son père, sa “nouvelle mère”, sa tante.

Mais il ne s’agit pas là d’un manoir comme les autres, dans celui-ci des choses étranges s’y produisent. Dès son arrivée Mahito pique la curiosité d’un héron cendré vivant ici, qui l’attire vers une tour abandonnée au fond du jardin du manoir. Cette tour était jadis le sanctuaire du grand oncle de Mahito.

Celui-ci se retrouve intrigué par le héron qui lui scande de venir à sa rencontre pour sauver sa mère. La perte étant encore récente, le coeur du jeune garçon le pousse à le suivre dans la forêt et y découvre un monde parallèle, magique et différent du sien, après être entré dans cette mystérieuse tour.

On reconnait bien dans ce Ghibli la patte de Miyazaki notamment avec les thèmes de la guerre, de rapports familiaux et de contact avec la nature. 

Toutefois, en comparaison avec d’autres de ses œuvres, ce long-métrage a un aspect plutôt sombre et peu joyeux, du moins pendant la majorité du film. On y voit l’ascension du personnage principal dans un monde parallèle où il cherche les réponses à ses questions, et le chemin vers son cœur, vers l’acceptation.

Même la musique de Joe Hisaishi se fait discrète voire inquiétante par moment, pour appuyer cet aspect du film, couplée à une palette de couleurs moins vive et gaie que d’habitude, ainsi qu’un univers de fantaisie réfléchi.

Mahito se retrouve à explorer ce monde afin d’y retrouver Natsuko, sa tante et la ramener. Il y fait la rencontre de plusieurs compagnons de route qui l’aideront dans sa quête.

On voit à travers ce Ghibli le chemin du cœur de Mahito dans l’acceptation de la mort de sa mère et de l’arrivée de Natsuko qui semble la remplacer. D’un garçon solitaire et en deuil, nous assistons à l’attendrissement du personnage et sa résilience.

Cette projection tant attendue s’est clôturée par une foule d’applaudissements et la naissance de multiples conversations, le tout couronné d’un sentiment général de satisfaction et de bienveillance. Rien de tel pour poursuivre sur cette lancée et profiter de la projection des films suivants se terminant, pour les plus courageux, à 5h du matin.

Encore un succès de Miyazaki qui nous tire sa révérence, au plus grand regret de son public.

Elisa Vallon

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