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Léo Maigret : “Je suis dépendant de mon environnement”

Rencontre avec un jeune réalisateur basque qui nous fait découvrir les sports de glisse sous un nouveau jour.

D’où viens-tu et d’où vient cette passion ?

J’ai eu un parcours un peu atypique parce que je n’ai pas fait spécialement d’études dans le cinéma ou l’audiovisuel, j’ai tout appris par moi-même. C’est au rythme des circonstances et des opportunités qui se sont présentées que j’ai avancé dans un domaine qui me plaît et qui est aujourd’hui ma passion. Je suis né et j’ai grandi sur la côte basque et j’y fait du surf depuis tout petit. Je suis très accroché et lié à ces sports de glisse, c’est pourquoi je réalise régulièrement des documentaires sur le surf, le skate, ou bien des films de ski, toujours en étant lié à cet environnement naturel dont on peut se servir.

En quoi est-ce différent de filmer dans l’eau ?

Filmer dans l’eau, c’est pas le plus simple. Contrairement aux situations sur terre, l’environnement est constamment en mouvement, c’est ce qui apporte le côté assez original et instantané aux situations que l’on veut filmer. Quand je filme dans l’eau, il y a les vagues, le courant, il faut bien se placer, je subis l’environnement et j’en suis dépendant.

Dans un skatepark par exemple, si je veux aller à tel endroit dans dix minutes, j’irai dans dix minutes, dans l’eau, c’est bien plus complexe. On ne pourra jamais reproduire une image à la perfection. On pourra bien évidemment s’en rapprocher avec des demandes précises, par exemple un plan qui visera le visage d’une personne qui passe sous l’eau, bien sûr ça peut se faire. Mais les plans ne pourront jamais se reproduire à l’identique contrairement à un plan portrait dans l’air. Et c’est ça qui me plaît, ce côté unique de l’image qu’on est en train de capturer. Ce qui change aussi, c’est que tu as ton caisson de résine, ou de carbone, autour de ta caméra pour qu’elle puisse aller dans l’eau. Ça rajoute du poids, ça rajoute du volume. Si tu es dans un lac, où l’eau n’est pas en mouvement, le caisson flottera grâce à l’air qu’il y a à l’intérieur, mais dans l’océan avec tous les remous, c’est plutôt un gros poids au bout du bras.

 

Penses-tu qu’il soit nécéssaire d’être surfeur pour maîtriser ce travail ?

Être surfeur, pas forcément, mais avoir un sens marin, oui. Il y a toutes sortes de contraintes qui peuvent intervenir quand tu vas filmer dans l’eau ou dans l’océan, et tu peux vite te retrouver déporté ou en difficulté. En plus, tu as ton matos avec toi qui pèse son poids, donc si tu plonges, il te faudra beaucoup plus de force pour remonter. De ce côté là, il faut être un minimum sportif.

Il faut aussi avoir un minimum de sens marin pour pouvoir observer la manière dont tu vas pouvoir filmer et dont tu va pouvoir te rapprocher du sujet. Mais être surfeur pour filmer du surf, pas nécessairement. C’est un plus parce que ça te donne une approche et un vision plus technique sur ce que tu vas filmer et tu sauras plus facilement comment te positionner par rapport au surfeur. Tout dépend de l’environnement. Pour filmer sous l’eau dans un lac par exemple, il suffit d’avoir la condition physique pour pouvoir rester des secondes sous l’eau, avancer avec le matériel etc. Mais dans l’océan, il faut quand même avoir un bon sens marin pour pouvoir y aller.

Comment es-tu arrivé dans ce milieu ? Tu as de nombreuses commandes pour des publicités par exemple, comment gères-tu tes projets à côté?

J’ai vraiment sauté dans le monde professionnel avec le ski. Avec des amis nous avions créé une association de ski pendant mes années de licence. Ils skiaient, je les filmais, et ça a été super bien reçu, à tel point qu’à le fin de la première année, on a eu un partenariat avec la station de ski. J’ai commencé à travailler pour cette station et à faire des vidéos promotionnelles pour d’autres, au fur et à mesure je me suis retrouvé sur des étapes de coupe du monde de freestyle, etc. Tout est parti de là.

Aujourd’hui, certes je reçois des commandes, mais je garde toujours du temps dans l’année pour mes projets personnels. Par exemple mon plus gros projet, en terme de temps, c’est mon documentaire de 12 minutes sur un surfeur qui est parti à Hawaii se qualifier pour le championnat du monde. Ce projet là, j’ai bossé dessus pendant 6 mois. C’était très costaud mais je suis très content du résultat. Je ne pourrais pas m’épanouir si je n’en faisais pas. En fait, quand un client me contacte il me présente un brief et des idées avec lesquelles je peux avoir plus ou moins d’affinité, et le résultat final attendu par le client n’est pas vraiment fini par rapport à mon univers et mon imagination, qui me sont personnels. C’est pour ça que je m’organise toujours pour pouvoir faire mes projets perso. Si j’arrêtais, ça reviendrait juste à perdre cette passion pour ce domaine et ne plus pouvoir faire ce que j’ai réellement envie de faire. Je veux continuer à faire des films avec des amis, avec d’autres artistes, et j’essaie donc d’écrire au maximum. C’est souvent aussi mes projets perso que je mets le plus en avant sur mon site ou sur ma galerie parce que c’est ceux qui sont les plus aboutis, en tout cas vis à vis de l’image que je cherche à montrer.

Pour en savoir plus sur l’artiste, rendez-vous sur son site ou son Instagram.

Propos recueillis par Alix Plancade

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