Mes 5 films préférés avec Anaïs Demoustier
À l’occasion de la sortie de Alice et le maire, dont elle partage l’affiche avec Fabrice Luchini, Lucile Bellan se mouille et détermine, dans l’ordre, son top 5 des meilleurs films interprétés par Anaïs Demoustier.
Numéro 5 : À trois on y va ! de Jérôme Bonnell
C’est l’histoire d’un triangle amoureux, ou peut-être d’un trouple, c’est à voir. Un couple hétérosexuel, une femme qui apparaît, un trouble manifeste qui s’empare de chacun et de chacune. Jérôme Bonnell n’explore pas à fond la question du polyamour, préférant conserver un peu de légèreté et jouer la carte du marivaudage. À trois on y va ! est pourtant d’une grâce folle, nous faisant rapidement comprendre que cette relation multiple est vouée à l’échec, et qu’il faudra que l’un ou l’autre des tiers se sacrifie. Et c’est aussi tragique que beau.
Numéro 4 : Marguerite et Julien de Valérie Donzelli
Là encore, il s’agit d’un amour impossible. Reprenant un scénario écrit au départ pour François Truffaut, Valérie Donzelli signe un film dont la gravité n’empêche pas la fantaisie (les anachronismes sont nombreux et volontaires). L’histoire tragique de l’amour d’un frère et d’une sœur, prêts à partir au bout du monde pour pouvoir s’aimer sans être jugés, donne lieu à un film d’une tristesse infinie, où la nuit semble quasi permanente. Face à Jérémie Elkaïm, Anaïs Demoustier signe une prestation enivrante et pleine de complexité.
Numéro 3 : Sois sage de Juliette Garcias
Alors âgée de 22 ans, la jeune Demoustier incarnait ici le rôle archétypal du chien dans un jeu de quilles. Délaissée par un homme plus vieux qu’elle (Bruno Todeschini), elle vient semer la zizanie dans le village où il pensait mener une vie de tranquillité. Le tout forme un drame mâtiné de thriller dans lequel l’actrice déploie tout son potentiel, balayant un large spectre entre douceur et dureté.
Numéro 2 : Belle Épine de Rebecca Zlotowski
Le premier film de Rebecca Zlotowski est un hommage plutôt assumé au giallo italien, même si l’argument n’a rien à voir avec ce genre souvent représenté par Dario Argento. Autour d’un circuit sauvage permettant aux motards et motardes de se faire voir, la cinéaste (qui vient de sortir le film Une fille facile et la saison 1 de la série Les Sauvages) signe le manifeste d’une génération livrée à elle-même, et avide à la fois de sensations et de maturité.
Numéro 1 : Au poste ! de Quentin Dupieux
Elle n’a certes pas le plus grand rôle du film, mais Anaïs Demoustier est mémorable dans l’un des meilleurs films de Quentin Dupieux, hommage à Bertrand Blier et à Garde à vue dans lequel chaque interprète a au moins un moment de gloire (mention spéciale à Marc Fraize). Dans ce huis-clos qui se permet quelques respirations (avant que la fin ne vienne remettre pas mal de choses en question), Dupieux s’adonne à ses hobbies favoris : ciseler des dialogues, installer des ambiances visuelles différentes, favoriser le télescopage entre des acteurs et des actrices n’appartenant pas forcément aux mêmes cercles. Réussite totale.
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