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4 raisons d’écouter “Atlas”, l’album de Twinsmatic

Briac Montet 13 mai 2020
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Panamaera

Après s’être fait connaitre et identifier comme étant le duo derrière les instrumentales de Drapeau noir de Booba ou encore du morceau Autotune de Damso, le compositeur, maintenant seul, a présenté Atlas son premier album studio le 3 avril dernier. Voici 4 raisons de l’écouter.

1. Un album de producteur avant tout

Cette œuvre met l’instrumentalisation au premier plan, aspect qui à tendance à être souvent dénigré au profit des rappeurs. Et cela, malgré leur importance primordiale dans la production d’un morceau de rap.

Dans Atlas, twinsmatic ne s’est pas limité qu’à ce style, ce qui donne une autre atmosphère à l’album. On retrouve par exemple des sonorités électro dans Mystro, ou rock avec la guitare du compositeur Waxx sur le très bon ICE interprété par Ash Kidd (seule co-production de l’album). De plus, les changements d’instrumentales sont fréquents, parfois au sein même d’un morceau. Cependant, le travail autour de la ligne directrice de l’album ne nous fait ressentir aucune rupture brutale, ce qui transforme cette prise de risque en réel atout. De part cela et le travail de grande qualité de manière général, les productions semblent assez intemporelles. En bref, un “vrai” album de producteur.

2. Un album cohérent et ambitieux

Dès l’intro, interprétée par l’artiste MarJ jusqu’à l’outro Mystro, Atlas donne l’impression de voyager dans un monde complet, riche et cohérent.

D’abord cohérent, grâce aux transitions travaillées entre toutes les pistes. En effet, chaque instru démarre au track d’avant, et se fond à l’instrumentale de celui-ci. Encore une fois, aucune rupture n’est ressentie tout au long des 43 minutes de l’album, comme si ce dernier ne comportait qu’une seule et même production musicale.

Complet ensuite, par la grande palette d’ambiances différentes. Les moments plus puissants et énergiques de l’album avec des titres comme X2, ENCAISSER, ou TRAP ; sont contrebalancés avec des passages plus calmes, introspectifs voir apaisant de ICE, ZOMBIES, ou RAISON. En outre, l’album est assez court avec 13 titres, il n’y a donc pas de temps pour s’ennuyer en se dispersant.

La référence via le titre et la cover au titan Atlas de la mythologie grecque, condamné à soutenir la voûte céleste de notre monde pour l’éternité n’est donc sûrement pas le fruit du hasard. L’esthétisme élaboré et marqué autour du projet, malgré une promotion assez discrète, tourne beaucoup autour de cette dimension. La cover très détaillée de Panamaera en est un bon exemple.

3. Des choix d’invité(e)s réfléchis 

Dans le rap, twinsmatic est souvent, et à juste titre, associé à Booba ou Damso, grâce à leur nombreux succès communs. La logique ou facilité aurait sûrement été de les retrouver dans l’album. Mais force est de constater qu’ils ne sont pas présent, et qu’ils ne manquent pas. Atlas et ces 13 titres nous permet de retrouver les interprétations de MarJ, Ash Kidd, Dinos, SCH, Box, Slimka, Mister V, 13 Block, Koba La D ainsi que Dosseh.

Chaque artiste semble être invité pour ses qualités artistiques personnelles :  SCH ramène sa voix atypique et sa qualité hors-norme d’interprétation quand Ash Kidd ramène ses mélodies nocturnes, ou que Dosseh nous rappelle ses qualités pour les morceaux de club, sur l’instru quasiment éléctro de TRAP. L’instrumentalisation et le travail de mix des morceaux optimisent donc au maximum le talent des artistes présents pour la réalisation d’un album de qualité.

4. Qui nous offrent de belles découvertes

Avec les artistes présent sur l’album, une grande partie de la carte du “rap game” est représentée. Se côtoient têtes d’affiches comme SCH ou Dosseh, aux côtés d’artistes quasiment inconnus comme Box ou MarJ, mais aussi de belles surprises comme Slimka ou Mister V.

Cet aspect que certains pourraient qualifier d’hétéroclite au premier abord, ne devient pas un point faible du projet, au contraire. MarJ nous apporte une douceur apaisante sur RAISON et introduit avec justesse l’album sur IBTU en mélangeant cette douceur avec la puissance de l’instrumentale. Box, lui, est une découverte qui va sûrement en traumatiser plus d’un. À la suite du banger GROSLOT de la surprenante collaboration 13 Block x Koba La D, Box débarque énervé avec son flow énergique sur la production trap de twinsmatic. Pur kickeur débitant punchlines comme des crochets bien placés, il y a de grandes chances qu’on ai à compter sur lui dans les mois et années à venir.

Plus qu’une playlist, Atlas est un album cohérent et de qualité, qui confirme encore une fois la place majeure de Twinsmatic dans le paysage des producteurs français. Avec la sortie récente de Brutal 2 du compositeur Ikaz Boi, et celle de Bisous mortels de Myth Syzer, les compositeurs français commencent – doucement mais sûrement – à s’affirmer comme des artistes majeurs et influents, à l’image des plus grands producteurs américains. À noter également la sortie de Atlas deluxe deux semaines plus tard, réunissant toutes les productions de l’album.

 

 

 

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