Castor et Pollux – Rameau version Schiaretti entre paradis et enfer
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Castor et Pollux De Jean-Philippe Rameau Mise en scène de Christian Schiaretti Avec John Tessier, Edwin Crossley-Mercer, Omo Bello, Michèle Losier, Jean Teitgen, Reinoud van Mechelen, Hasnaa Bennani et Marc Labournette Du 13 au 21 octobre 2014 Tarifs : 5 à 140 € Réservation au Durée : 2h30 Théâtre des Champs-Élysées M° Alma-Marceau |
Du 13 au 21 octobre 2014
La mythologie adore les histoires d’amour quand elles sont déjouées par les dieux. Pour Castor et Pollux, les deux faux jumeaux amoureux de la même beauté, le compositeur Rameau fait flamboyer son opéra d’une musicalité royale dans une mise en scène trop lourdement chorégraphiée. L’un est immortel, Pollux, mais Castor, son frère, ne l’est pas. Pourtant, c’est bien de ce dernier dont sont tombées amoureuses Télaïre et sa sœur la magicienne Phoebé. Du coup, Pollux renonce à sa promise Télaïre mais Castor est tué. Pour faire revenir son frère aimé à la vie, Pollux doit descendre aux enfers : c’est sa mort contre la renaissance de son frère. Pollux, courageusement, se sacrifie pour son jumeau, qui refuse ce geste. C’est Jupiter qui finalement, ému par cette fraternelle compassion, accorde à tous deux l’immortalité. Pour conserver l’aspect antique et athénien, Christian Schiaretti a choisi une scénographie en miroir du théâtre des Champs-Élysées, avec colonnades en or et décor olympien à l’identique, dans lequel les chanteurs et le chœur des Spartiates, drapés dans de longues toges, jupes pantalons avec armure pour les hommes, défilent de manière assez statique. Mais surtout, les intermèdes dansés, chorégraphiés par Andonis Foniadakis, sont d’une lourdeur et d’une balourdise qui contrastent avec le raffinement de la musique. Pourquoi ces corps à corps échevelés, qui projettent hommes et femmes les uns contre les autres à la manière d’un show télévisé ? Hélène Kuttner [Photos : Castor et Pollux © Vincent Pontet-WikiSpectacle] |
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L’enfer, dans la deuxième partie, est mieux rendu, avec cornes et griffes géantes dans une lumière de feu. Côté chanteurs, Michèle Losier dans Phoebé possède une belle présence tragique, mais John Tessier dans Castor, trop faible, ne convainc pas contrairement à son frère Pollux, Edwin Crossley-Mercer. Le Jupiter de Jean Teitgen, basse précise, emporte les suffrages sous la direction orchestrale d’Hervé Niquet avec son Concert Spirituel. 



