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    Charlotte Gainsbourg – concert à la Cigale

    12 juin 2010
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    Cover_Charlotte_Gainsbourg_IRM

    « L’album de Charlotte Gainsbourg » : pas facile à dire, tant l’influence de l’arrangeur de génie Beck Hansen est évidente. Mais ce mélange des genres entre sensualité et musicalité permet une énergie vibratoire remarquable. Heaven can wait, titre multi-diffusé, illustre l’appui effacé de Beck, dont la voix assourdie porte le souffle chatoyant de la chanteuse-actrice-égérie.

    Admirateur de Serge Gainsbourg, l’auteur-compositeur américain s’en approche dans la conceptualisation de « IRM » ; par l’expérimentation, la créativité musicale, mais aussi les emprunts littéraires : « Vienne la nuit sonne l’heure, les jours s’en vont je demeure » (Guillaume Apollinaire dans La Collectionneuse). Complétant l’héritage artistique, la fille de « l’homme à tête de choux » séduit par ses intonations maternelles. Et reproduit l’agilité haletante de Jane Birkin, un octave plus haut, sur In the end.

    Surprise électro-rock

    L’apport virtuose des percussions quadrille immédiatement l’écriture mélodique de « IRM » ; évitant l’écueil monotone du disque précédent « 5 : 55 ». Les cadences chaloupées de Me and Jane Doe s’enrichissent ainsi de la chaleur du marimba. Alors que le titre qui donne son nom à l’album arrive presque à saturation à force d’abondance rythmique. Des sonorités plus claires – obtenues grâce au celeste, l’un des nombreux instruments utilisés – ponctuent ensuite In the end et Greenwich mean time.

    Dans une complémentarité idéale, le timbre langoureux de Charlotte Gainsbourg cajole cette profusion instrumentale. Autant en anglais qu’en français (Le chat du café des artistes, le célinien Voyage, La collectionneuse).

    Mais l’éclatante surprise ne se révèle qu’à la fin de l’album. Lorsque l’audace de Beck pousse jusqu’aux accents électro-rock. Trick Pony et sa basse omniprésente, suivi de Greenwich mean time, cassent complètement le rythme. Charlotte Gainsbourg suit vocalement et semble prendre son envol, comme libérée, presque en transe.

    Entre ballades indolentes et arrangements survoltés, « IRM » crée une tension très pop, loin de l’univers glacé qui caractérisait jusqu’à présent Charlotte Gainsbourg.

    Cyril Masurel

    Lire aussi sur Artistik Rezo :
    IRM ne convainc pas

    Les 16 juin, 8 et 9 juillet 2010 à la Cigale

    La Cigale
    120, boulevard de Rochechouart
    75018 Paris

    www.lacigale.fr
    www.charlottegainsbourg.com


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